Actualité des idées

Au fil de l'actualité philosophique, scientifique et sociétale.

 

On parle de terrorisme concernant le meurtre de Samuel Paty. C'est oublier le terreau social constitué par l'idéologie islamique et la complaisance qui a permis son développement.

Samuel Paty, en tant que professeur d’histoire, se devait de donner un enseignement visant à respecter autrui, transmettre les valeurs de la République et construire une culture civique. Ces valeurs constituent une philosophie qui permet un certain type de vie en société. Ce n'est pas ce mode de vie que veut imposer l'idéologie islamique.

Le meurtre de cet enseignant est le résultat de 20 années de déni, de lâcheté, de complicité, face à l'affirmation insistante et grandissante de l'idéologie islamique au sein de notre culture laïque et républicaine. Ceux qui osent critiquer l'obscurantisme islamique se font traiter de racistes et d'islamophobes. Un comble !

La défense de la laïcité, de la liberté de mœurs et d'expression, de l'égalité entre les sexes, fait l'objet d'intimidations et de menaces, absurdement tolérées. Comment une telle soumission, pour reprendre le terme de Michel Houellebecq, s'est-elle instaurée ? Pourquoi est-elle soutenue par la "bien pensance" médiatique et la hiérarchie administrative, qui s'en tient à la doctrine du "pas de vague" ?

Nous le relierons à l'anomie ambiante. Forgée par le sociologue Émile Durkheim, cette notion désigne la situation qui survient lorsque les règles sociales sont contradictoires ou qu'elles sont minées par des changements économiques et idéologiques. Il en résulte un brouillage des repères et l'on voit alors les responsables politiques et administratifs rester dans le vague et la complaisance.

Pendant ce temps, l'anomie ouvre la porte aux idéologies simplistes, populistes et extrémistes. De fait, nous les voyons prendre de l'ampleur en ce début de XXIe siècle et l'islamisation en fait partie. L'idéologie n'est pas vaine, elle poursuit un but et a des effets pratiques. L'idéologie islamique vise à instituer un ordre social et politique théocratique.

Philosophie, Science et Société s'efforce de donner des repères pour distinguer les propositions philosophiques, appuyées sur une éthique explicite, des idéologies, qui servent une volonté de pouvoir politique ou économique.

Même s'il existe des arguments scientifiques sérieux pour réfuter l'efficacité de l'hydroxychloroquine comme traitement de la COVID-19 (Fiolet et al. 2020), la polémique est toujours vivante. Mais le principal problème est ailleurs ! Cette affaire nous ramène au problème de la post-vérité.

Le cas Raoult a transformé un débat scientifique banal en une controverse publique où les médias, les commentateurs publics et même les supporters de club de football (l'Olympic de Marseille) sont intervenus, comme s'ils avaient des compétences égales à celles des scientifiques spécialisés. Tout un chacun s'est considéré légitime à prendre des positions dans un débat scientifique, sans argument scientifique.

Ils y ont été encouragé par Raoult lui-même qui s'est autorisé à faire des déclarations péremptoires fondées sur des études très insuffisantes. Cela décrédibilise l'autorité de la science déjà bien mal en point. Par chance, la communauté scientifique a résisté et des études sérieuses ou pu être menées.

La science a vocation à donner des informations les plus justes possibles, c'est-à-dire adéquates à la réalité. Pour ce faire, elle applique une méthode qui a des exigences fortes.

En matière de médecine, ces informations sont ensuite utilisées pour mettre en œuvre les politiques de santé publique qui ne sont pas du ressort des scientifiques, mais des autorités administratives et politiques. Elles aussi ont été délégitimées par des déclarations contradictoires, mais, elles aussi, ont résisté et, après des hésitations, finalement mené une politique adaptée, tout au moins en Europe.

Aux USA, le point culminant a probablement été atteint avec cette phrase de Donald Trump : "j'ai appris que la Covid était contagieuse". Autrement dit, avant de l'avoir lui-même contractée, il ne croyait pas à la contagiosité (unanimement reconnue). Comment le citoyen moyen pourrait-il croire les autorités sérieuses et compétentes, si leur président en doute ?

La contestation-déconstruction post-moderne a ouvert le porte à la post-vérité et au populisme, façon dictature des tribuns du café du commerce, qui règne grâce au web.

Webographie :

Fiolet, T., Guihyr, A., Rebeaud, M. Mulot,M., Peiffer-Smadja, N. and Mahamat-Saleh, Y. 2020. “Effect of hydroxychloroquine with or without azithromycin on the mortality of COVID-19 patients: a systematic review and meta-analysis”, Clinical Microbiology and Infection, https://doi.org/10.1016/j.cmi.2020.08.022.

JUIGNET Patrick. La post-vérité n'est elle qu'une banale poussée de propagande idéologique ? In : Philosophie, science et société. 2020. URL : https://philosciences.com/philosophie-generale/philosophie-ideologie-recit-mythe/251-post-verite-propagande

Le prix Nobel de chimie a été décerné en 2020 à Emmanuelle Charpentier et Jennifer A. Doudnaa « pour le développement d’une méthode d’édition du génome ».

Le procédé nommé CRISPR-Cas endommage un chromosome à un endroit précis. Pour ce faire, on utilise des enzymes, des nucléases, capables de cibler et de couper des sites précis dans le génome. En coupant à un endroit précis, la réparation de la cassure se fera en modifiant l’information contenue par le gène qui se situe à cet endroit. Cela pourra aboutir à ce que le caractère qu’il encode s’exprime de façon différente.

Dans le cadre de thérapies géniques ou d’applications en génie génétique, on espère que la réparation soit favorable. On mise sur les mécanismes de reconstruction de la cellule pour le réparer de façon identique au gène normal.

Lorsqu’il y a une compétition entre entités politiques, les plus faibles sont absorbées par les plus puissantes. C’est ce qui s’est produit tout au long de la féodalité où les comtés, duchés, royaumes se sont opposés jusqu’à la création des États-Nations qui les ont absorbés. Mais la compétition a ensuite repris au niveau des États sur le plan mondial.

Le problème qui se pose aujourd’hui est de savoir quelle est la taille nécessaire pour une survie politique ? Quelle est la taille minimale pour perdurer dans un monde hostile. Est-ce celle des États-Nations ou de l’Europe entière ? Ce ne sont pas les États-Nations européens qui posent problème, mais leur taille insuffisante et leur faiblesse politique face à la puissance des géants mondiaux aux dents longues.

La question de savoir s’il est possible de survivre sans être inféodé et perdre son indépendance nationale n’est pas évoquée par les anti-européens, car elle montrerait que le nationalisme est en vérité une façade qui cache un abandon de souveraineté par incapacité à la maintenir. Face aux géants qui aspirent à dominer le monde, il faut avoir une taille suffisante pour résister. Le véritable enjeu de l’Union Européenne est d'avoir la puissance nécessaire pour exister politiquement et survivre à l'échelle de la globalisation en cours.

 

Drapeau EuropeEn Europe, un pas a été fait vers l'entraide plutôt que de poursuivre dans le voie de la concurrence et de l'indifférence. La Commission européenne s’est endettée au nom de tous les pays membres, pour 750 milliards d’Euros. 360 milliards seront prêtés aux États membres qui devront rembourser ces sommes et 390 milliards seront transférés sous forme de subventions qui, elles, seront remboursées collectivement par les Vingt-Sept.

La crise économique liée à la Covid-19 a révélé notre interdépendance. C'est la prise de conscience de cette interdépendance qui a permis de surmonter les égoïsmes nationaux et rendu possible un emprunt commun européen. C'est une évolution importante de l’Union. On s'est rendu compte que si une Nation plongeait dans une récession grave, cela allait rompre les chaînes d'approvisionnement et casser les marchés en ruinant la possibilité de consommer.

Si l’on compare avec la gestion de la crise grecque, survenue il y a quelques années, on est passé d’un jugement purement péjoratif et accusateur sur un état défaillant à l'idée d'une entraide profitable à tous. Faute d'une intention humaniste, c'est le pragmatisme qui a guidé les Pays Européens vers plus de coopération économique. En économie et en politique, dans l'état actuel de la civilisation, l'entraide ne vient que s'il y a un intérêt commun. Certains n'en comprennent toujours pas l'intérêt et attisent les égoïsmes nationaux au détriment de tous.

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