Actualité des idées

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L'article "Quel rôle pour l'entreprise au XXIe siècle ?" a l'intérêt de rappeler les évolutions idéologiques concernant l'économie. Il passe sous silence le durcissement néolibéral qui a eu lieu à partir des années 1980. On peut se demander pourquoi. Considérer que "le but de l’entreprise est de créer des richesses et de contribuer au bien commun en renforçant le tissu social de manière durable et respectueuse de la dignité humaine et de la nature" est un idéal digne d'être poursuivi. Il y a une naïveté, et peut-être même une escroquerie involontaire, à relier cet idéal à la nouvelle technique de méditation à la mode, le "Mindfullness". Ce procédé, qui vient après de nombreuses autres "techniques de développement personnel", déporte l'attention vers l'attitude individuelle, au lieu de considérer en face la réalité socio-économique. Il existe malheureusement un conflit structurel causé par la répartition inéquitable des avantages selon la position occupée dans le système économique et une idéologie de rentabilisation du "capital humain" (sic) qui va avec.

Voir l'article : Quel rôle pour l'entreprise au XXIe siècle ?

 

Les chiffres qui viennent d'être donnés, en ce début d'année 2018 par l'Oxfam, montrent une accélération du processus de concentration du capital. En 2017, la fortune des milliardaires s’est accrue de 721 milliards de dollars. 82 % de la croissance mondiale créée l’an dernier a profité au 1 % des plus riches et le nombre de milliardaires a connu sa plus forte hausse de l’histoire. Ce qui pose un grave problème, n'est pas tant la richesse de quelques uns, que le pouvoir qu'ils détiennent. À partir d'une certaine somme, quelques millions d'Euros ou de Dollars, il ne s'agit plus d'une fortune personnelle, mais d'un capital qui est investi dans l'économie. Les enjeux ne sont pas du tout les mêmes. Le capital personnel sert à vivre, le capital productif se déplace dans les structures économiques à des fins de contrôle et de profit. Ces différences d'usages supposeraient des législations différentes et, pour le capital productif, une régulation politique, afin d'éviter que le pouvoir économique mondial ne se concentre dans les mains de quelques personnes, échappant ainsi aux États et à toute influence démocratique.

Voir l'article : Capital et capitalisme

ErreurDepuis quelques années, il est fait grand bruit autour de l'intelligence artificielle. Même nos gouvernants s'intéressent au problème. L’écho grandissant que reçoivent les masses de données (Big Data en anglais) et l’apprentissage qualifié bizarrement de "profond" (Deep Learning en anglais), masque leurs limitations. On les pare de vertus imaginaires, au point de laisser entendre qu’elles transformeront l’humanité pour la rendre plus juste et surtout plus parfaite, au point, peut-être, de l’aider à conquérir si ce n’est l’immortalité, tout au moins une plus grande longévité.

Ces techniques reposent sur l’induction, c’est-à-dire sur le raisonnement qui va du particulier au général. En conséquence, elles sont soumises aux limitations logiques de toute induction. Elles permettent de détecter des corrélations qui ne correspondent pas toutes à des relations de causalité, et qui s’avèrent parfois trompeuses. Elles ont donc des limites assez précises annonce Jean-Gabriel Ganascia.

 

L’occasion d'évoquer l'humanisme dans la vie sociale a été donnée par le suicide d'un soignant au CHU de Grenoble. Le médiateur national missionné au lendemain du suicide d'un neurochirurgien a remis un rapport le 8 janvier 2018. Il pointe que :

« Le style de management qui maintient de manière permanente une certaine pression sur les équipes et qui priorise le résultat […] doit s'infléchir ».

 Son enquête fait écho aux très nombreux témoignages sur la souffrance au travail. Le manque d’humanisme coûte cher aux services de santé ! Le montant, évalué entre 10 000 et 30 000 euros de coûts cachés par an et par personne salariée, correspond à des coûts liés à l’absentéisme, aux accidents du travail, au turn-over du personnel, mais également à la sous-productivité et aux défauts de qualité. Cela a naturellement des conséquences sur la qualité de la prise en charge des patients. L'humanisme n'est pas un luxe de philosophe, c'est un important enjeu de société ! Il est de nos jours supplanté par l'obsession maladive de la rentabilité à court terme.

> Pour un management humaniste à l'hôpital et dans les services de santé

TroubleSelon certains, il y aurait une incompatibilité entre humanisme et psychopathologie. Je cite cette opinion formulée par un lecteur de Philosophie, science et société :

« il y a incompatibilité dans la mesure où l’humanisme fait référence à un principe idéologique et la psychopathologie à une démarche scientifique. Un scientifique peut être humaniste mais une science, par définition, est a-idéologique et se contente de décrire et tenter d’expliquer selon la méthode expérimentale les phénomènes qu’elle observe, et de prévoir à l’aide des statistiques les phénomènes observés et non encore observés qui découlent logiquement de sa théorie explicative ».

On peut être d’accord avec cet interlocuteur concernant la nécessité de bien distinguer science et idéologie. Mais, le problème de la relation entre humanisme et psychopathologie ne se réduit pas à cet aspect, car la psychopathologie concerne des humains, pas des choses inertes. Et de plus c'est une connaissance appliquée, ce qui modifie le problème.

La traduction en français de Science et relativisme : Quelques controverses clefs en philosophie des sciences de Larry Laudan (Éditions Matériologiques, Traduction : Michel Dufour, Préface : Pascal Engel) donne l'occasion d'une réflexion sur la persistance du relativisme épistémologique. Dans son introduction, Larry Laudan, note que, pour la plupart des non-spécialistes, " le positivisme fut détrôné au début des années 1960 et remplacé par ce qui a été unanimement appelé « la philosophie des sciences post-positivistes »" qui rendrait problématiques des notions telles que progrès, objectivité et rationalité et même validerait un relativisme radical en matière de connaissance (relativisme épistémologique). Ce constat pose le problème des formes de pensées présentes à une époque donnée, de leur diffusion, de leur prévalence. Ainsi, le relativisme culturel et épistémologique a largement diffusé dans la "post-modernité" pour des causes diverses qui ne sont certainement pas de bonnes raisons. Face à cela, l'auteur propose une contre-argumentation.

Retour du religieux ? Le problème ne se pose que dans les sociétés occidentales au sein desquelles la foi a reculé et les institutions religieuses ont perdu en influence politique. Il ne se pose pas dans les autres sociétés où la religion a toujours été omniprésente et mêlée au politique.

Les derniers livres d'André Tosel (Du retour du religieux et Nous citoyens, laïques et fraternels ?), ainsi qu'un récent numéro de la revue ¿Interrogations? sur ce sujet sont l'occasion de s'interroger. À ce sujet, nous suivrons, de manière critique, l'article d'Édouard Delruelle : "De la laïcité comme dissensus communis". La laïcité a une double face, elle est à la fois civile et politique : civile, car une sorte de consensus s'est établi pour une neutralité publique, et politique par la séparation de l'État et du clergé. L’État garantit la liberté de conviction religieuse et le libre exercice des cultes et, corollairement, un consensus relègue les manifestations religieuses dans la sphère privée, afin d'éviter la réactivation d'une conflictualité permanente.

Le prix Nobel de physique 2017 a été attribué à Rainer Weiss, Kip Thorne et Barry Barish pour leurs travaux sur les ondes gravitationnelles qui ont abouti, en février 2016, à une confirmation expérimentale. C'est l'aboutissement d'un long processus de recherche initiée par l'hypothèse avancée par Albert Einstein en 1916. À la suite de Newton, la gravitation a été considérée comme une force d’attraction. Par contre, pour Albert Einstein, la gravitation est une déformation de l’espace-temps qui se produit autour des objets très massifs. Selon cette conception, la Terre est attirée par le Soleil parce que ce dernier courbe l’espace-temps autour de lui. En 1916, il s'interrogea sur les effets du mouvement accéléré d'un objet de très grande masse. Il en conclut que la déformation de l'espace-temps produite par cet objet se propagerait dans l’espace, en s’éloignant comme une onde circulant à la vitesse de la lumière, déformant l’espace sur son passage (elle l’étirerait selon un axe tandis qu’elle le contracterait selon un axe perpendiculaire au premier).

Une partie de notre patrimoine culturel nous vient de la philosophie des Lumières.

Cette fin d'année 2017 sera l'occasion de fêter le tricentenaire de la naissance de Jean le Rond d'Alembert. De nombreuses manifestations auront lieu en France. Jean Le Rond d’Alembert est né le 16 novembre 1717 à Paris et il y est mort le 29 octobre 1783. Son œuvre qui occupe la seconde moitié du XVIIIe siècle concerne les mathématiques, la physique, l'astronomie, la philosophie, la morale.

À partir de 1750, il s'occupa avec Diderot et Jaucourt de la publication en France de l'Encyclopédie (Encyclopédie, ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, par une société des gens de lettres, ouvrage qui a été publié entre 1751 et 1772). 

Voici quelques extraits de l'Éloge de d'Alembert fait par Condorcet qui nous dresse un portrait du philosophe (Discours prononcé par M. de Condorcet, à la séance publique de l'Académie des sciences, le 12 novembre 1783, in Œuvres de Condorcet, Paris, Firmin-Didot, 1847, t. II, p. 51-110).

 

 

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Émile Durkheim, dans son livre De la division du travail social, interroge la solidarité. Il oppose deux types de solidarités : - une solidarité fondée sur l'empathie permise par la similitude des individus entre eux, ce qui existe principalement dans les sociétés anciennes (il la nomme solidarité mécanique) . - une solidarité fondée sur la complémentarité fonctionnelle au sein de la société qui existe surtout dans les sociétés modernes (il la nomme solidarité organique). Durkheim pense que c'est principalement par l'organisation sociale du travail que les sociétés modernes peuvent se structurer et maintenir une solidarité. Il estime qu'il y a deux moyens d'organiser le travail - la réglementation juridique du contrat de travail - le fonctionnement du groupe professionnel.

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