Ontologie (définition)

Le mot ontologie vient du grec ontos qui signifie étant, et logos qui signifie discours. Il s'agit donc d'un discours sur ce qui est, ce qui existe, en général. Selon Willard Van Orman Quine, l'ontologie répond à la question : Qu'est-ce qui existe ? Nous nous en tiendrons à cette définition par opposition à d'autres très différentes ; mais nous l'assortirons d'un complément indispensable : la réponse demande de la prudence, car on quitte tout appui empirique pour entrer dans une pensée spéculative qui peut facilement dériver.

Il est possible de penser de manière rationnelle et vraisemblable les fondements. Pour désigner ce projet, en le différenciant des fictions métaphysiques, les termes possibles sont peu nombreux. Il y a celui d'ontologie que nous adoptons. La distinction entre les deux porte sur la manière de penser, considèrant que la métaphysique ne se dote pas des garanties suffisantes pour être crédible.

L'ontologie concerne ce qui existe, mais on peut distinguer deux modes d'existence :

  1. La réalité factuelle (phénoménale), celle des faits empiriques produits par notre expérience.
  2. Ce qui existe en dehors de nous (en soi) et dont les faits sont la manifestation.

L'ontologie et la métaphysique visent principalement ce second aspect, car la réalité est connue par l'expérience.

Dans une optique réaliste, l'existence en soi est nommée le réel pour noter qu'elle existe vraiment (réellement). Si le premier mode d’existence (empirique) est relatif à notre expérience, le second mode d’existence (ontologique) est supposé par une conceptualisation à partir du premier.

On ne peut légitimement se prononcer directement sur le réel en soi, car il ne nous apparaît que selon le mode d’existence factuel et empirique. Il faut donc nécessairement passer par l’intermédiaire des savoirs empiriques solides et vérifiés, c'est-à-dire scientifiques, pour connaître de manière pertinente ce qui existe indépendamment. Pour cette raison, on doit distinguer l'ontologie limitée et prudente, qui vient a posteriori, de la métaphysique qui est a priori.

Si on en arrive à se forger une idée du réel, on ne peut affirmer que le réel soit comme cette idée l'indique. On peut seulement dire qu'il est intéressant et heuristique de penser le réel ainsi, mais absolument pas affirmer qu'il soit ainsi. La démarche ontologique n'aboutit pas à un savoir apodictique.

Une ontologie est toujours hypothétique et ne peut prétendre à la vérité, mais seulement à la vraisemblance. Elle se justifie par ses effets sur les connaissances auxquelles elle apporte un fondement explicite. Toute conception du réel est sujette à révisions avec l'avancée des connaissances empiriques.

Par opposition, nous définirons la métaphysique comme une ontologie imprudente : elle est formée par des jugements a priori sur le réel qui ne peuvent être vérifiés. Généralement, elle ne reconnaît pas son caractère conjectural et prétend à la vérité sans discussion. La métaphysique répond à des préoccupations philosophiques, mais surtout à des demandes religieuses.

Pour en savoir plus, voir l'article : Une ontologie pluraliste est-elle envisageable ?

 


© 2015 PHILOSOPHIE, SCIENCE ET SOCIETE
Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la licence  Creative Commons - Attribution - Pas d'utilisation commerciale - Pas de modification.

Abonnement à Philosophie, science et société

Cet abonnement sert uniquement à être informé de la parution d'un nouvel article dans Philosophie, science et société.