Chose en soi (définition)

 

Le terme vient d’Emmanuel Kant qui parle de chose en soi (Ding an sich) pour désigner la chose par elle-même, sans référence à la conscience ou à la connaissance empirique que nous en avons.

Il s’ensuit une limite, car « quand même nous pourrions porter notre intuition à son plus haut degré de clarté, nous n'en ferions point un pas de plus vers la connaissance de la nature même des objets. Car en tous cas nous ne connaîtrions parfaitement que notre mode d'intuition, c'est-à-dire notre sensibilité, toujours soumise aux conditions d'espace et de temps originairement inhérentes au sujet ; quant à savoir ce que sont les objets en soi, c'est ce qui nous est impossible même avec la connaissance la plus claire de leurs phénomènes, seule chose qui nous soit donnée » (Kant E., Esthétique transcendantale).

La question ne concerne pas légitimement la perception immédiate du concret, celle des objets usuels, des végétaux ou des personnes, car n'y a pas d'intuition possible de l'en soi de ces choses. De tels propos, souvent qualifiés de phénoménologiques, n'aboutissent qu'à des spéculations obscures et sans fondement.

Par contre, le problème concerne le monde en général. Dans le domaine ontologique, la question se pose de savoir si ce qui existe en dehors de nous (en soi), sans référence à la conscience ou à la connaissance empirique que nous en avons, peut être connu. Si on adopte une ontologie réaliste, on admettra qu’il existe un réel indépendant (en soi), auquel nous avons un accès indirect et incertain grâce aux faits empiriques et que nous concevons théoriquement de manière partielle grâce aux sciences fondamentales.

 


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