L’intelligence artificielle prend une très grande ampleur dans la décennie en cours (2020). On peut acheter des services d’IA et les utiliser. Elle concerne tous les domaines et ses applications sont infinies. L'utilisation de l'intelligence artificielle ne fera qu’augmenter, car elle concerne tous les domaines techniques et du savoir. Il serait important pour la communauté savante de comprendre comment marchent les systèmes utilisés et de pouvoir en disposer librement.

 Ce n’est pas le cas actuellement par manque d'information et parce que de nombreux systèmes appartiennent aux GAFAM ou sont chinois, et sont opaques. Le 17 novembre 2023 a été annoncé le lancement officiel du laboratoire de recherche nommé « Kyutai » qui doit travailler sur l'intelligence artificielle en France. C'est le « premier laboratoire de recherche européen indépendant dédié à l’open science en IA ». L’entreprise est juridiquement « non-profit » (à but non lucratif). Ce laboratoire de recherche a pour « principale mission de contribuer à la construction et la démocratisation d’une intelligence artificielle générale ».

Il s’agit notamment de faire profiter tout l’écosystème IA (organismes publics et privés, entreprises et institutions non-lucratives) d’avancées dans le développement et l’optimisation de modèles d’IA. Il formera des chercheurs, grâce à l’accueil d’étudiants en thèse grâce au dispositif des Conventions industrielles de formation par la recherche. Ce laboratoire doit également apporter plus de la transparence quant à la compréhension des technologies d’IA par les institutions, les entreprises et le grand public.

Concernant l'intelligence artificielle génératrice, la collecte et l’utilisation des données pose des problèmes importants. L’IA peut uniformiser et appauvrir les œuvres, et en ignorer la portée historique. Les systèmes de compilation utilisent des corpus hétérogènes et mal supervisés, mélangeant sources fiables et contenus douteux. Il est essentiel de développer l'IA mais, sur le plan culturel, il serait tout aussi essentiel que son utilisation soit sérieuse et non biaisée. Une législation européenne serrait utile, car il n'en est pas question dans les autres pays producteurs d'IA.

Le règlement sur l’intelligence artificielle ou AI Act de 2024, promeut la qualité et l’intégrité des données impliquées dans le fonctionnement des systèmes d’IA. À cet égard, le AI Act est étroitement lié au  Digital Governance Act (DGA) qui détaille les processus et les structures prévus pour faciliter le partage de données. Les espaces communs des données sont censés garantir un accès fiable à des données de qualité pour entraîner les systèmes d’IA.

En France, le plan des infrastructures, il est question de construire des dizaines de data centers, dans le cadre de la troisième phase de la stratégie nationale dédiée à l'IA qui débute en 2025. Nous avons une IA générative qu'il est intéressant d'utiliser, car le corpus de données est différent du corpus des IA généralistes fabriquées en Chine ou aux USA. Ses performances sont pour l'instant limitées. Avec malice, elle a été nommée Le Chat. Cette application dépend de la Société par actions simplifiée Mistral, crée le 28 avril 2023. Il existe un service gratuit et deux services payants.

Sur un plan général qui dépasse le cadre de l'Europe, il en est de l'IA comme de toutes les technologies. Tout dépend de l'usage qui en est fait : par qui, à quelles fins, pour quelle société ? Les usages propagandistes et complotistes, voire crapuleux, utilisant l'IA existent. Ils sont de même nature que ceux déjà largement à l'œuvre sur le web. La propagande et les arnaques en ligne sont légion. Dans le domaine de la santé, les I'IA utilisée dans la détection de cancers, ou en histologie dans la reconnaissance des cellules, sont d'une aide précieuse. Elles peuvent exécuter des tâches répétitives très nombreuses sans fatigue et à une vitesse inaccessible à un humain. Dans le domaine de la culture l'utilisation de l'IA suscite une crainte de désappropriation des œuvres. 

L'avantage des IA génératives, généralistes ou spécialisées, est de donner accès à des informations et à des sources inconnues de l'utilisateur. Ce qui permet, éventuellement de corriger des données humaines erronées. Muni des informations générées par IA, il reste à vérifier par soi-même leur validité (comme pour toutes les autres données). Les diverses intelligences artificielles génératives ne prétendent pas faire autorité et elles citent leurs sources, si on le leur demande. Il existe des IA génératives spécialisées : Harvey est destiné aux professionnels du droit, Arbridge à ceux de la santé. Ces applications offrent l’avantage d'être plus précises que l'IA généraliste et d'être mises à jour plus régulièrement.

La nuance pessimiste à apporter est que l'IA participe de la mégamachine industrielle qui crée des inégalités et modifie l'écosystème terrestre.

Bibliographie :

Feriel Louis. Comment l’Union européenne protège-t-elle son marché des données ? The Conversation. 2025. https://theconversation.com/comment-lunion-europeenne-protege-t-elle-son-marche-des-donnees.
Maurel Raphaël. Démystifier l’IA et en dessiner une éthique pour sortir de la confusion ambiante. The Conversation. 2025 https://theconversation.com/demystifier-lia-et-en-dessiner-une-ethique-pour-sortir-de-la-confusion-ambiante.
Kyutai, l’innovation en IA à la française. Gouvernement Actualités. 2025. https://www.info.gouv.fr/actualite/kyutai-linnovation-en-ia-a-la-francaise

 

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