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MaisonLa maison est notre coin du monde. Elle est (…) notre premier univers. Elle est vraiment un cosmos. Un cosmos dans toute l'acception du terme. Vue intimement, la plus humble demeure n'est-elle pas belle ? Les écrivains de l'humble logis évoquent souvent cet élément de la poétique de l'espace. Mais cette évocation est bien trop succincte. Ayant peu à décrire dans l'humble logis, ils n'y séjournent guère. Ils caractérisent l'humble logis en son actualité, sans en vivre vraiment la primitivité, une primitivité qui appartient à tous, riches ou pauvres, s'ils acceptent de rêver. (…) Par les songes, les diverses demeures de notre vie se compénètrent et gardent les trésors des jours anciens. Quand, dans la nouvelle maison, reviennent les souvenirs des anciennes demeures, nous allons au pays de l'Enfance Immobile, immobile comme l'Immémorial. Nous vivons des fixations, des fixations de bonheur. Nous nous réconfortons en revivant des souvenirs de protection. Quelque chose de fermé doit garder les souvenirs en leur laissant leurs valeurs d'images. Les souvenirs du monde extérieur n'auront jamais la même tonalité que les souvenirs de la maison. En évoquant les souvenirs de la maison, nous additionnons des valeurs de songe ; nous ne sommes jamais de vrais historiens, nous sommes toujours un peu poètes et notre émotion ne traduit peut-être que de la poésie perdue. (Gaston Bachelard)

Historiquement, on peut se rendre compte que l’interprétation causale de la mécanique quantique a été motivée par le matérialisme de certains physiciens. En effet, aux alentours des années 1950, le groupe de physiciens impliqués dans le programme causal (autour de Jean-Pierre Vigier et Louis de Broglie à l’Institut Henri Poincaré) était majoritairement constitué de sympathisants communistes.

Leurs travaux sont influencés par les critiques soviétiques contre l’interprétation dominante de la mécanique quantique dite de « Copenhague ». Jean-Pierre Vigier, en particulier, déplore l’abandon du réalisme scientifique en faveur d’une attitude positiviste. Cela montre qu'il y a des interactions entre les recherches scientifiques et les présupposés philosophico-idéologiques que l'on peut situer comme un arrière-plan sur fond duquel se déroule les recherches.

Cet arrière-plan est formé de grands principes qui sont d'une part, les idées qui conditionnent la démarche de connaissance (réalisme ou positivisme) et d'autre part, l'ontologie utilisée (les présupposés concernant le réel, ici le matérialisme). Ces principes sont "premiers", au sens où ils influent sur l'ensemble de la recherche (ils l'orientent). Ils font partie de ce qui constitue le socle épistémique d'une science.

Ces principes sont souvent implicites et nécessitent alors d'être mis à jour. Par contre, dans le cas de la mécanique quantique des années 1950, ils ont été clairement exposés et débattus.

Bourdieu FoucaultChristian Laval, dans son ouvrage de 2018, Foucault, Bourdieu et la question néolibérale (Paris, Éditions de la Découverte, 2018), nous offre une comparaison entre les approches faites par Michel Foucault et Pierre Bourdieu de ce fait social global. Pierre Bourdieu et Michel Foucault partagent l’idée que la transformation néolibérale de la société qui est en train de s’opérer correspond à un moment historique. Elle comporte deux versants : la transformation de l’homme en homo œconomicus (humain voué et dévoué à l’économie) et la levée des règles, lois, freinant le marché, ainsi que la construction de nouvelles normes, de nouvelles institutions. Ils abandonnent l’idée marxiste d'un mouvement premier et autonome de l’économie, considérant que cette transformation néolibérale procède d'un levier politique et d'une action institutionnelle, normative et symbolique.

DiablewebSuite aux récentes révélations sur l'utilisation des données de facebook, et autres réseaux dits "sociaux" du même type, Philosophie, science et société a décidé de supprimer les liens vers toutes ces plateformes.

Comme on ne le sait pas forcément, les informations mises sur ces médias deviennent la propriété des opérateurs et servent de toile de fond aux publicités. De plus, les informations sur les utilisateurs y sont collectées en continu sur toutes les interfaces de navigation utilisées (ordinateurs, tablettes, téléphones mobiles).

Enfin, les données provenant de sites web reliés par un bouton « se connecter avec » contribuent au pistage des internautes. S'inscrivant dans la démarche du libre accès, Philosophie, science et société ne peut admettre de contribuer à nourrir le Big Brother et a décidé de supprimer ses liens vers les réseaux sociaux.

 

Lire l'article : Web et libre accès

La francophonie est enfin remise à l'honneur en France ! La francophonie est un merveilleux vecteur pour la culture, la science et la philosophie. Oui, vive la francophonie ! À titre d'exemple, Philosophie, science et société est lu, par ordre de fréquence, dans les pays francophones suivants : France, Canada, Maroc, Haïti, Belgique, Sénégal, Côte d’Ivoire, Algérie, Cameroun, Suisse, États-Unis, Congo, Madagascar, Gabon, Tunisie, Guinée, Burkina Faso.
Mais, si l'on veut que la langue française soit largement employée, il faudrait en rendre l'orthographe moins arbitraire, moins discriminante et un peu plus rationnelle. Le français écrit a été truffé de pièges. Connaître l'orthographe donne accès à l’écrit, qui est indispensable pour tous, alors que sa difficulté est en même temps un instrument de distinction sociale. Mais cet aspect de distinction et d'exclusion, on ne veut pas le reconnaître. Des académiciens aux amuseurs publics, en passant par les politiques, tout le monde est d'accord pour ne - surtout pas ! - améliorer les règles (il vaudrait mieux dire les non-règles en forme de chausse-trapes), d'écriture du français.

 

Lire l'article : L'ortografe, ça sert à koi ?

La compétition économique accroît la productivité ce qui est bénéficie aux hommes en donnant à la masse de la population plus de moyens pour vivre, mais, revers contradictoire, c'est un facteur défavorable à l’humain qui dégrade la sociabilité. La richesse globale augmente en Occident, mais sa répartition très inégale, si elle donne une vie meilleure à certains, en donne une très mauvaise à d’autres. Les inégalités créent des rivalités, un affrontement social permanent, peu favorables à l’humanisme. Le développement du marché, la permanence du vol (autorisé et interdit), imposent une relation de défiance généralisée dont on ne peut pas dire qu’elle soit très humaine. Tout ceci est à mettre en relation avec la "grande transformation" notée par Karl Polanyi qui correspond à un renversement de la prévalence entre économie et société : l’économie prend le dessus et elle est volontairement mise au dessus du lien social dans l'ordre des priorités, ce qui rend sa mise en œuvre indifférente à l’humain. C’est l’occasion de dédouaner l’économie d’une partie des responsabilités. Les effets de l'économie sur l’homme dépendent aussi de la politique économique qui est menée et il y en a potentiellement plusieurs possibles.

voir l'article : L'économie est-elle inhumaine par nature ?

Le pluralisme scientifique sera abordé lors de journées d'études (Paris, 24-26 mai 2018) intitulées : L’épistémologie historique et les désunités des sciences. L'argument, signé Andrew Arana, Hasok Chang, Stéphanie Ruphy, Léna Soler, est le suivant : À l’échelle internationale, la seconde moitié du XXe siècle a vu émerger différentes tentatives pour penser la « désunité » des sciences. Celles-ci se sont constituées en réponse au monisme méthodologique issu du Cercle de Vienne, stipulant l’unité de la science et donc la validité du projet d’une philosophie de « la » science. Ainsi, dès la fin des années 1960, la philosophie de la biologie a voulu affirmer la spécificité des sciences du vivant et donc l’obligation de se départir des canons de la philosophie de la physique. Au cours de la décennie suivante, on constate l’institutionnalisation de plusieurs philosophies « des sciences spéciales » : de la biologie, de la géographie, de la médecine, etc. Bien que ces différentes philosophies soient aussi pensées comme des sous-disciplines d’une philosophie générale de la science ou des sciences, cette spécialisation vient mettre à mal la longue tradition d’affirmation de l’unité de la science fondée sur un réductionnisme physico-chimique.

L'article "Quel rôle pour l'entreprise au XXIe siècle ?" a l'intérêt de rappeler les évolutions idéologiques concernant l'économie. Il passe sous silence le durcissement néolibéral qui a eu lieu à partir des années 1980. On peut se demander pourquoi. Considérer que "le but de l’entreprise est de créer des richesses et de contribuer au bien commun en renforçant le tissu social de manière durable et respectueuse de la dignité humaine et de la nature" est un idéal digne d'être poursuivi. Il y a une naïveté, et peut-être même une escroquerie involontaire, à relier cet idéal à la nouvelle technique de méditation à la mode, le "Mindfullness". Ce procédé, qui vient après de nombreuses autres "techniques de développement personnel", déporte l'attention vers l'attitude individuelle, au lieu de considérer en face la réalité socio-économique. Il existe malheureusement un conflit structurel causé par la répartition inéquitable des avantages selon la position occupée dans le système économique et une idéologie de rentabilisation du "capital humain" (sic) qui va avec.

Voir l'article : Quel rôle pour l'entreprise au XXIe siècle ?

 

Les chiffres qui viennent d'être donnés, en ce début d'année 2018 par l'Oxfam, montrent une accélération du processus de concentration du capital. En 2017, la fortune des milliardaires s’est accrue de 721 milliards de dollars. 82 % de la croissance mondiale créée l’an dernier a profité au 1 % des plus riches et le nombre de milliardaires a connu sa plus forte hausse de l’histoire. Ce qui pose un grave problème, n'est pas tant la richesse de quelques uns, que le pouvoir qu'ils détiennent. À partir d'une certaine somme, quelques millions d'Euros ou de Dollars, il ne s'agit plus d'une fortune personnelle, mais d'un capital qui est investi dans l'économie. Les enjeux ne sont pas du tout les mêmes. Le capital personnel sert à vivre, le capital productif se déplace dans les structures économiques à des fins de contrôle et de profit. Ces différences d'usages supposeraient des législations différentes et, pour le capital productif, une régulation politique, afin d'éviter que le pouvoir économique mondial ne se concentre dans les mains de quelques personnes, échappant ainsi aux États et à toute influence démocratique.

Voir l'article : Capital et capitalisme

ErreurDepuis quelques années, il est fait grand bruit autour de l'intelligence artificielle. Même nos gouvernants s'intéressent au problème. L’écho grandissant que reçoivent les masses de données (Big Data en anglais) et l’apprentissage qualifié bizarrement de "profond" (Deep Learning en anglais), masque leurs limitations. On les pare de vertus imaginaires, au point de laisser entendre qu’elles transformeront l’humanité pour la rendre plus juste et surtout plus parfaite, au point, peut-être, de l’aider à conquérir si ce n’est l’immortalité, tout au moins une plus grande longévité.

Ces techniques reposent sur l’induction, c’est-à-dire sur le raisonnement qui va du particulier au général. En conséquence, elles sont soumises aux limitations logiques de toute induction. Elles permettent de détecter des corrélations qui ne correspondent pas toutes à des relations de causalité, et qui s’avèrent parfois trompeuses. Elles ont donc des limites assez précises annonce Jean-Gabriel Ganascia.

 

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