Le BLOG de Philosophie, science et société

 

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La compétition économique accroît la productivité ce qui est bénéficie aux hommes en donnant à la masse de la population plus de moyens pour vivre, mais, revers contradictoire, c'est un facteur défavorable à l’humain qui dégrade la sociabilité. La richesse globale augmente en Occident, mais sa répartition très inégale, si elle donne une vie meilleure à certains, en donne une très mauvaise à d’autres. Les inégalités créent des rivalités, un affrontement social permanent, peu favorables à l’humanisme. Le développement du marché, la permanence du vol (autorisé et interdit), imposent une relation de défiance généralisée dont on ne peut pas dire qu’elle soit très humaine. Tout ceci est à mettre en relation avec la "grande transformation" notée par Karl Polanyi qui correspond à un renversement de la prévalence entre économie et société : l’économie prend le dessus et elle est volontairement mise au dessus du lien social dans l'ordre des priorités, ce qui rend sa mise en œuvre indifférente à l’humain. C’est l’occasion de dédouaner l’économie d’une partie des responsabilités. Les effets de l'économie sur l’homme dépendent aussi de la politique économique qui est menée et il y en a potentiellement plusieurs possibles.

voir l'article : L'économie est-elle inhumaine par nature ?

Le pluralisme scientifique sera abordé lors de journées d'études (Paris, 24-26 mai 2018) intitulées : L’épistémologie historique et les désunités des sciences. L'argument, signé Andrew Arana, Hasok Chang, Stéphanie Ruphy, Léna Soler, est le suivant : À l’échelle internationale, la seconde moitié du XXe siècle a vu émerger différentes tentatives pour penser la « désunité » des sciences. Celles-ci se sont constituées en réponse au monisme méthodologique issu du Cercle de Vienne, stipulant l’unité de la science et donc la validité du projet d’une philosophie de « la » science. Ainsi, dès la fin des années 1960, la philosophie de la biologie a voulu affirmer la spécificité des sciences du vivant et donc l’obligation de se départir des canons de la philosophie de la physique. Au cours de la décennie suivante, on constate l’institutionnalisation de plusieurs philosophies « des sciences spéciales » : de la biologie, de la géographie, de la médecine, etc. Bien que ces différentes philosophies soient aussi pensées comme des sous-disciplines d’une philosophie générale de la science ou des sciences, cette spécialisation vient mettre à mal la longue tradition d’affirmation de l’unité de la science fondée sur un réductionnisme physico-chimique.

L'article "Quel rôle pour l'entreprise au XXIe siècle ?" a l'intérêt de rappeler les évolutions idéologiques concernant l'économie. Il passe sous silence le durcissement néolibéral qui a eu lieu à partir des années 1980. On peut se demander pourquoi. Considérer que "le but de l’entreprise est de créer des richesses et de contribuer au bien commun en renforçant le tissu social de manière durable et respectueuse de la dignité humaine et de la nature" est un idéal digne d'être poursuivi. Il y a une naïveté, et peut-être même une escroquerie involontaire, à relier cet idéal à la nouvelle technique de méditation à la mode, le "Mindfullness". Ce procédé, qui vient après de nombreuses autres "techniques de développement personnel", déporte l'attention vers l'attitude individuelle, au lieu de considérer en face la réalité socio-économique. Il existe malheureusement un conflit structurel causé par la répartition inéquitable des avantages selon la position occupée dans le système économique et une idéologie de rentabilisation du "capital humain" (sic) qui va avec.

Voir l'article : Quel rôle pour l'entreprise au XXIe siècle ?

 

Les chiffres qui viennent d'être donnés, en ce début d'année 2018 par l'Oxfam, montrent une accélération du processus de concentration du capital. En 2017, la fortune des milliardaires s’est accrue de 721 milliards de dollars. 82 % de la croissance mondiale créée l’an dernier a profité au 1 % des plus riches et le nombre de milliardaires a connu sa plus forte hausse de l’histoire. Ce qui pose un grave problème, n'est pas tant la richesse de quelques uns, que le pouvoir qu'ils détiennent. À partir d'une certaine somme, quelques millions d'Euros ou de Dollars, il ne s'agit plus d'une fortune personnelle, mais d'un capital qui est investi dans l'économie. Les enjeux ne sont pas du tout les mêmes. Le capital personnel sert à vivre, le capital productif se déplace dans les structures économiques à des fins de contrôle et de profit. Ces différences d'usages supposeraient des législations différentes et, pour le capital productif, une régulation politique, afin d'éviter que le pouvoir économique mondial ne se concentre dans les mains de quelques personnes, échappant ainsi aux États et à toute influence démocratique.

Voir l'article : Capital et capitalisme

ErreurDepuis quelques années, il est fait grand bruit autour de l'intelligence artificielle. Même nos gouvernants s'intéressent au problème. L’écho grandissant que reçoivent les masses de données (Big Data en anglais) et l’apprentissage qualifié bizarrement de "profond" (Deep Learning en anglais), masque leurs limitations. On les pare de vertus imaginaires, au point de laisser entendre qu’elles transformeront l’humanité pour la rendre plus juste et surtout plus parfaite, au point, peut-être, de l’aider à conquérir si ce n’est l’immortalité, tout au moins une plus grande longévité.

Ces techniques reposent sur l’induction, c’est-à-dire sur le raisonnement qui va du particulier au général. En conséquence, elles sont soumises aux limitations logiques de toute induction. Elles permettent de détecter des corrélations qui ne correspondent pas toutes à des relations de causalité, et qui s’avèrent parfois trompeuses. Elles ont donc des limites assez précises annonce Jean-Gabriel Ganascia.

 

L’occasion d'évoquer l'humanisme dans la vie sociale a été donnée par le suicide d'un soignant au CHU de Grenoble. Le médiateur national missionné au lendemain du suicide d'un neurochirurgien a remis un rapport le 8 janvier 2018. Il pointe que :

« Le style de management qui maintient de manière permanente une certaine pression sur les équipes et qui priorise le résultat […] doit s'infléchir ».

 Son enquête fait écho aux très nombreux témoignages sur la souffrance au travail. Le manque d’humanisme coûte cher aux services de santé ! Le montant, évalué entre 10 000 et 30 000 euros de coûts cachés par an et par personne salariée, correspond à des coûts liés à l’absentéisme, aux accidents du travail, au turn-over du personnel, mais également à la sous-productivité et aux défauts de qualité. Cela a naturellement des conséquences sur la qualité de la prise en charge des patients. L'humanisme n'est pas un luxe de philosophe, c'est un important enjeu de société ! Il est de nos jours supplanté par l'obsession maladive de la rentabilité à court terme.

> Pour un management humaniste à l'hôpital et dans les services de santé

TroubleSelon certains, il y aurait une incompatibilité entre humanisme et psychopathologie. Je cite cette opinion formulée par un lecteur de Philosophie, science et société :

« il y a incompatibilité dans la mesure où l’humanisme fait référence à un principe idéologique et la psychopathologie à une démarche scientifique. Un scientifique peut être humaniste mais une science, par définition, est a-idéologique et se contente de décrire et tenter d’expliquer selon la méthode expérimentale les phénomènes qu’elle observe, et de prévoir à l’aide des statistiques les phénomènes observés et non encore observés qui découlent logiquement de sa théorie explicative ».

On peut être d’accord avec cet interlocuteur concernant la nécessité de bien distinguer science et idéologie. Mais, le problème de la relation entre humanisme et psychopathologie ne se réduit pas à cet aspect, car la psychopathologie concerne des humains, pas des choses inertes. Et de plus c'est une connaissance appliquée, ce qui modifie le problème 

La traduction en français de Science et relativisme de Larry Laudan (Éditions Matériologiques, Traduction : Michel Dufour, Préface : Pascal Engel) donne l'occasion d'une réflexion sur la persistance du relativisme épistémologique. Dans son introduction, Larry Laudan, note que, pour la plupart des non-spécialistes, " le positivisme fut détrôné au début des années 1960 et remplacé par ce qui a été unanimement appelé « la philosophie des sciences post-positivistes » qui rendrait problématiques des notions telles que progrès, objectivité et rationalité et même validerait un relativisme radical en matière de connaissance (relativisme épistémologique). Ce constat pose le problème des formes de pensées présentes à une époque donnée, de leur diffusion, de leur prévalence. Ainsi, le relativisme culturel et épistémologique a largement diffusé dans la "post-modernité", pour des causes diverses qui ne sont certainement pas de bonnes raisons. Face à cela, l'auteur propose une contre-argumentation.

Retour du religieux ? Le problème ne se pose que dans les sociétés occidentales au sein desquelles la foi a reculé et les institutions religieuses ont perdu en influence politique. Il ne se pose pas dans les autres sociétés où la religion a toujours été omniprésente et mêlée au politique.

Les derniers livres d'André Tosel (Du retour du religieux et Nous citoyens, laïques et fraternels ?), ainsi qu'un récent numéro de la revue ¿Interrogations? sur ce sujet, sont l'occasion de s'interroger. À ce sujet, Nous suivrons, de manière critique, l'article d'Édouard Delruelle : "De la laïcité comme dissensus communis". La laïcité a une double face, elle est à la fois civile et politique : civile, car une sorte de consensus s'est établi pour une neutralité publique, et politique par la séparation de l'État et du clergé. L’État garantit la liberté de conviction religieuse et le libre exercice des cultes et, corollairement, un consensus relègue les manifestations religieuses dans la sphère privée, afin d'éviter la réactivation d'une conflictualité permanente.

Le prix Nobel de physique 2017 a été attribué à Rainer Weiss, Kip Thorne et Barry Barish pour leurs travaux sur les ondes gravitationnelles qui ont abouti, en février 2016, à une confirmation expérimentale. C'est l'aboutissement d'un long processus de recherche initiée par l'hypothèse avancée par Albert Einstein en 1916. À la suite de Newton, la gravitation a été considérée comme une force d’attraction. Par contre, pour Albert Einstein, la gravitation est une déformation de l’espace-temps qui se produit autour des objets très massifs. Selon cette conception, la Terre est attirée par le Soleil parce que ce dernier courbe l’espace-temps autour de lui. En 1916, il s'interrogea sur les effets du mouvement accéléré d'un objet de très grande masse. Il en conclut que la déformation de l'espace-temps produite par cet objet se propagerait dans l’espace, en s’éloignant comme une onde circulant à la vitesse de la lumière, déformant l’espace sur son passage (elle l’étirerait selon un axe tandis qu’elle le contracterait selon un axe perpendiculaire au premier).

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