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Actualité des idées

Blog philo

Raphaël Sandoz, (Unité d'histoire et philosophie des sciences Université de Genève), propose une nouvelle ressource numérique disponible en ligne : un étonnant et très utile "Atlas historique interactif des disciplines". On y trouvera les diverses descriptions et classifications de l'ensemble du savoir humain au fil des siècles.

Ce site vise à retracer l'évolution des diverses disciplines du savoir humain au cours des siècles — de Platon à Piaget — à travers des "cartes du savoir" classées chronologiquement ou par pays. La plupart des disciplines figurant dans ces figures schématiques sont assorties de définitions issues des sources historiques.

Des outils de recherche permettent d'interroger cette base de données permettant, par exemple, d'afficher les redéfinitions successives d'une même discipline au cours du temps. Ceci permet d'étudier la façon dont la "table des matières" des connaissances humaines a évolué et été sans cesse remaniée à travers l'histoire. En outre, ce projet est participatif : les usagers du site peuvent proposer de nouvelles définitions disciplinaires ou ajouter des références bibliographiques. Un outil très utile pour les chercheurs en épistémologie historique, philosophie de la connaissance, en histoire des idées et en histoire des sciences.

Arbre du savoir

 

Disponible à l'adresse : http://atlas-disciplines.unige.ch

Canetti EliasLe " fantasme despotique " évoqué par Elias Canetti est tellement saisissant de vérité que cela vaut le coup de le noter.

Le despote veut rester le seul et unique survivant, géant tout-puissant dressé au-dessus des corps de ses ennemis et de ses hommes morts.

« Il se voit, il se sent seul, et s’agissant de la puissance que lui confère cet instant, il ne faut jamais oublier qu’elle découle de son unicité et d’elle seule », écrit Canetti dans Masse et puissance (Masse et puissance, Gallimard, Paris, 2015, p. 241.).

Dans le chapitre intitulé « Le Survivant », l'auteur évoque l’imaginaire paranoïaque de cet « héroïque » maître. Que cherche-t-il ? « À se sentir invulnérable, immortel. Qui réussit à survivre souvent est un héros. Il est plus fort. Il possède davantage de vie. Les puissances supérieures lui sont propices » (Ibid p. 242).

C’est si plaisant pour le maître despotique de se sentir vivre plus fort que la guerre devient pour lui une « manie morbide, inguérissable » écrit Canetti, et qu’il court après la répétition et l'accumulation de sa « survie » dans la succession des combats.

La dimension psychopathologique ne peut être négligée dans les affaires politiques, tant en ce qui concerne les motivations des chefs que celles de leurs suiveurs.

 

Canetti E., Masse et puissance, Gallimard, Paris, 2015.

 

Une connaissance du contexte historique et philosophique confère une indépendance aux préjugés de sa génération, ce dont souffrent la plupart des scientifiques. Cette indépendance créée par la perspicacité philosophique est - à mon avis - la marque de distinction entre un simple artisan ou spécialiste et un véritable chercheur de vérité. (Albert Einstein, Lettre à Robert Thornton, 1944)

En raison du contexte, les scientifiques actuels perçoivent souvent la philosophie comme différente, voire opposée, de la science, alors que la philosophie peut avoir un impact important et productif sur la science.

La contribution de la philosophie prend au moins quatre formes : clarification des concepts scientifiques, évaluation critique d’hypothèses ou de méthodes scientifiques, formulation de nouveaux concepts et théories et promotion du dialogue entre différentes sciences, ainsi qu'entre science et société.

La philosophie et la science partagent les outils de la logique, de l'analyse conceptuelle et de l'argumentation rigoureuse. Cependant, les philosophes peuvent utiliser ces outils avec un degré de minutie, de liberté et d'abstraction théorique que les chercheurs en exercice ne peuvent souvent pas se permettre dans leurs activités quotidiennes.

Dans le contexte scientifique actuel, dominé par une spécialisation croissante et des demandes croissantes de financement et de résultats, seul un nombre très limité de chercheurs ont le temps et la possibilité d'être au courant du travail produit par les philosophes sur la science et encore moins de le lire. Il faudrait mettre en place une collaboration directe institutionnalisée.

L'idée est ancienne. Hermann Helmholtz est l’un des tout premiers à voir dans le criticisme kantien le modèle de ce que doit devenir l’activité philosophique : une activité moins spéculative et beaucoup plus attentive au développement des sciences, avec lesquelles elle doit étroitement collaborer. Il a publié divers articles en ce sens (traduits dans la revue Philosophia Scientiœ). Dans l'ensemble, le néo-kantisme de la fin du XIXe siècle était favorable à une interaction entre philosophie et science.

 

Why science needs philosophy