Le "Projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche pour les années 2021 à 2030" a pour objet de fixer les objectifs et le financement de la recherche en France. Le projet de loi sera présenté en Conseil des ministres le 8 juillet.


Nous nous contenterons d'un extrait de l'exposé des motifs.


"La science et la recherche publique ont contribué à la construction de notre pacte républicain et à l’affirmation de notre pays lors de chaque crise majeure, notamment au lendemain de la seconde guerre mondiale ou plus récemment face à l’épidémie de Covid-19."


Or, la France se singularise par un financement de la recherche inférieur aux autres pays de l'OCDE.


"Ce déficit chronique d’investissement fragilise l’ensemble de notre système de recherche et a des répercussions immédiates sur les chercheurs et les enseignants-chercheurs en France.


À l’heure où la société française est traversée par des courants d’irrationalité et de doutes sur les progrès et les connaissances, le Gouvernement fait le choix d’inverser résolument la tendance, de réarmer notre système public de recherche afin de lui donner les moyens de relever les défis scientifiques d’aujourd’hui et de demain et d’inciter nos étudiants à faire le choix de l’entrée dans la carrière scientifique.


Il prévoit, avant toutes choses, un réinvestissement massif dans la recherche publique, dont l’effet de levier doit permettre d’aller vers l’objectif d’un effort national de recherche atteignant 3 % du PIB. À cette fin, le présent projet de loi vient consolider les outils actuels de financement et de pilotage de la recherche avec un effort budgétaire supplémentaire de 25 milliards d’euros pendant les dix prochaines années..."

Il est intéressant de voir que le gouvernement se soit aperçu que la manière dont il traite les scientifiques (le crédit qu'il leur porte et les crédits qu'il leur accorde) a une influence sur le développement de courants d’irrationalité et de doute en la science dans la population. On notera que l'ambition d'atteindre 3% du PIB, pourcentage reconnu comme le minimum souhaitable, en dix ans, est très modeste.

Par ailleurs, la loi souhaite « le déploiement d’une […] culture du management et de l’évaluation » dont il n'est pas sûr qu'elle soit adaptée à la recherche ni à l’enseignement. Il est même probable qu'elle soit contre productive. Cette culture issu du monde industriel et commercial a déjà montré ses effets néfastes car elle se fie à des indicateurs superficiels, elle a des visées à court terme et elle provoque des compétitions absurdes pour avoir le meilleur indicateur au détriment du travail de recherche.