Pour certains, une situation d’urgence comme celle de la pandémie permettrait de s’affranchir des règles habituelles en médecine. La pandémie serait comme une opération de secourisme ou de combat, dans laquelle il faudrait improviser et agir vite. Pourtant, un urgentiste confirmé sait que c'est l’inverse : dans l’urgence, il faut appliquer calmement les protocoles pour éviter d’empirer la situation. La règle du primum non nocere vaut encore plus que dans toute autre situation.

Une série d'arguments  permettent de rejeter l’idée qu’il faille s’affranchir des règles en situation d’urgence pandémique.

1 - la méthodologie permet d’obtenir des données fiables dégagées des intérêts privés (intérêts de médiatisation personnelle ou de commercialisation pharmaceutique).

2 - les essais cliniques sérieux permettent de s’assurer qu’un nouveau traitement n’empire pas l’état des patients et cela évite une surmortalité, ce qui est quand même primordial.

3 - la métholodogie permet de dépasser la conviction individuelle (d’une personne ou d'une équipe) concernant l’efficacité de son traitement, qui n’est pas un indicateur fiable, surtout dans l'empressement.

4 - ne pas respecter les règles et préférer des essais rapides peu probants retardera la formation d'un consensus justifié et les mesures efficaces.

L'épistémologie d'une science appliquée comme la médecine nous apprend qu'elle est particulière. Elle est en butte à des biais cognitifs dus à son caractère humain, biais qu'il faut sans cesse combattre pour éviter que le charlatanisme ne s'en empare.

 

Voir l'article complet : L’urgence de la pandémie ne justifie pas de s’affranchir des règles en médecine

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