Métaphysique (définition)

 

Le terme grec est bien parlant.  μ ε τ α τ α φ υ σ ι κ α ́ signifie «après les choses de la nature». On désigne par métaphysique les discours portant sur ce que serait l'être au-delà de la nature, sur l'être. Il est possible de distinguer trois types de métaphysiques, qui d'ailleurs se mélangent souvent, la métaphysique "fantastique", la "généralisante" et la métaphysique "subjectiviste".

La métaphysique fantastique est la forme traditionnelle et la plus répandue, car elle fait partie des dogmes religieux qui connaissent, depuis les origines de l’humanité, un succès jamais démenti. Ses thèmes sont le surnaturel, le divin, l’âme, les esprits, la vie après la mort, etc. Ces idées sont connues par révélation ou croyance et peuvent parfois faire l'objet de développements rationnels. Elles participent aux grands mythes explicatifs de chaque culture.

La métaphysique généralisante constitue une forme tout aussi ancienne qui concerne des thèmes vastes et généraux comme l’indéterminé, la forme, l’absolu, la matière, l’inconditionné, l’être en tant qu’être, l’infini, ou encore des thèmes nés de la juxtaposition des précédents comme l'ontologie de l'altérité, la dialectique du même et de l'autre. Il s’agit d'idées générales et abstraites qui sont attribuées au monde et connues a priori.

La métaphysique subjectiviste consiste, en partant de notions ordinaires, à les remanier par une méditation personnelle pour en faire des idées abstraites concernant soi, l’autre, le sujet, la liberté, la mort. Ces idées sont connues par une intuition intellectuelle qui les pose d’évidence pour être justes et effectives.

Le terme "métaphysique scientifique" est impropre, car la métaphysique se définit d'être au-delà de la physis et ses procédés ne sont pas scientifiques. Il faut utiliser les termes d'ontologie et de récit philosophique des sciences pour désigner les conceptions du monde générales issues de la science (voir les définitions).

Les critiques de la métaphysique ont été nombreuses à partir du XVIIIe siècle : Hume, Comte, Kant, le Cercle de Vienne. Le Cercle de Vienne la considère comme une connaissance dépourvue de sens, désignant par le terme de "sens" le lien à un référent existant dans le monde. L'argument principal de d'Emmanuel Kant, à ce jour non démenti, est la fausseté du jugement synthétique a priori concernant le monde en général. Selon la critique kantienne qui remanie l'approche dite "trancendantale", il est impossible d'inventer un savoir a priori sur le monde en soi, le réel, comme le prétend la métaphysique. 

On ne peut pas dire que la métaphysique soit insensée. Tout au contraire, la métaphysique fabrique du sens et c’est même ce qui motive son succès. Ce sens sert à enchanter le monde, à lutter contre l’angoisse devant l’absurdité et l’immensité (Blaise Pascal en donne un exemple), à se consoler des difficultés de la condition humaine (l’impuissance et l’ignorance, la souffrance et la mort). La métaphysique donne un sens illusoire, facteur d’ignorance et d’obscurcissement de la pensée. C'est une fiction qui présente l'inconvénient de ne pas se présenter comme telle.

Voir : Critique de la métaphysique

 


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