Ordre symbolique (définition)

 

Claude Lévi-Strauss a supposé un ordonnancement présent dans la plupart des productions sociales et culturelles. Cette dimension, inconsciente, organise la culture et dirige les conduites humaines. Le terme d’inconscient se justifie par le fait que cet ordre est indépendant des intentions du sujet et de la conscience qu’il en a. Cet ordre est lié à l'expérience collective de la condition humaine et structure la société, il est constitutif de la dimension sociale.

La mise en ordre sociale permettrait la survie des groupes sociaux. Il serait la structuration nécessaire à la vie sociale. L'ordonnancement symbolique permet une régulation qui rend la vie sociale possible et celle de chacun « humaine », si par humain on désigne le fait d'avoir une identité, une dignité et un échange serein au sein d'une société stable.

Ce qui est nommé "ordre symbolique" vient de la capacité d'ordonnancement propre à l'homme et prend en compte l'expérience de la vie humaine transmise au fil des générations. Il produit un ordre social indispensable à l'humanisation de l'homo sapiens.

On peut réinterpréter cette idée d'ordre symbolique en terme de "Loi commune", terme que l'on doit à Aristote, qui désigne le noyau central de lois retrouvées dans toutes les cités, une fois exclues les lois particulières à chacune. Dans cette perspective, la Loi commune n'est ni naturelle ni surnaturelle ou divine, elle a pour origine la capacité humaine à ordonner la réalité et à réguler sa conduite.

On peut supposer que par une activité non volontariste cet ordonnancement de base vient à se penser et se formuler en une Loi organisant le psychisme individuel et la vie des hommes en société. Régulation générale et réduite bien différente des lois judiciaires, Loi que l’on peut qualifier de constitutive par opposition à normative et de commune par opposition à particulière. Ce noyau, s’il existe, est lié à l'expérience collective de la condition humaine et tente d'empêcher ce qui aboutirait à la destruction sociale et à la folie individuelle en endiguant les passions narcissiques et pulsionnelles.

Comme l'a répété Pierre Bourdieu tout au long de son œuvre, les conduites humaines sont aussi orientées par des stratégies (et non des règles) visant à maximiser les profits. Ces conduites intéressées sont indifférentes à la Loi commune, si bien que, finalement, beaucoup des comportements finalisés humains résultent d'une association entre les deux. À quoi s'ajoutent les effets disruptifs du pulsionnel, qui ne répondent ni à la Loi, ni même à l'intérêt individuel bien compris.

 


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