Nature (définition)

 

Les métaphysiques de la nature considèrent une entité globale, ayant une sorte d'existence ontologique propre. Ceci pose des problèmes. 

La relation entre le Monde (comme totalité) et la Nature est impensable sans contradiction. S'ils sont distincts, il y a dans le Monde un reste non naturel et mystérieux ; s'ils sont identiques, l'utilité d'appeler le Monde "Nature" est un parti pris discutable.

Par rapport à l'homme, la critique de l’idée de nature a été faite au XIXe siècle, par John-Stuart Mill. Soit elle inclut les humains et leurs activités, soit la nature est à part et ils en sont exclus. Dans le premier cas les hommes vivent spontanément de façon naturelle et la distinction des deux est sans objet et dans le second cas il est impossible pour les humains de vouloir suivre un ordre naturel dont ils sont par définition exclus. On voit la difficulté produite par la notion.

La terme "nature" renvoie à de multiples significations mais surtout à des oppositions dichotomisantes entre sauvagerie/civilisation, brut /transformé, choses/esprit, animal/humain, monde concret /monde surnaturel, etc. 

La naturalisation du Monde, par le naturalisme, tente de surmonter ces oppositions, mais gomme ou minimise des différences fondamentales : entre la socio-techno-culture humaine et l'environnement vivant (non modifié et en équilibre), et entre le vivant et l'inerte (géologique, astronomique).

Sur le plan empirique, distinguer ce qui est régit par un déterminisme écologique et ce qui est du ressort des règles socioculturelles a un intérêt. Il est utile du point de vue pratique de désigner, pour le caractériser, l’environnement vivant, non modifié par l’homme, dans lequel les écosystèmes évoluent spontanément.

Le vivant et l'inerte sont qualifiés de naturels, distinction essentielle. La biosphère (l'ensemble de la vie sur terre) se distingue de la sphère géologique et géophysique, car elles n'ont pas les mêmes dynamiques. La Terre peut exister comme astre mort, qui sera tout aussi naturel qu'un astre habité. D'un point de vue pratique, ce n'est pas la même chose.

L'idée de Nature engendre une série de controverses et de contradictions. L’exemple le plus frappant est celui des grandes épidémies parasitaires, bactériennes ou virales. Préserver la Nature ce serait les laisser se développer naturellement.

Si l’on se tient à un attitude rationnelle et pratique, il est préférable de penser en termes d'écosystèmes permettant la vie sur Terre. Il y a des écosystèmes qui sont favorables à la vie humaine et d’autres qui ne le sont pas. D'un point de vue pratique, il y a urgence à empêcher la dérégulation des écosystèmes favorables à la vie humaine par l'activité industrielle.

 


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