Agent (définition)

 

Une définition de l'agent

En latin médiéval, l’agens est celui qui agit, qui s’occupe d’une tâche. Lorsqu’une personne se pourvoit en vecteur d'un projet, on peut parler d’agent. On signifie par là que la totalité de la personne n’est pas engagée, mais, a contrario, qu’à un moment donné, elle agit d’une façon précise selon un rôle particulier. Elle se met en position d’agent. C'est une manière de questionner l'origine effective "de" quelque chose : de l'action, de la pensée.

Parler d’agent a plusieurs avantages, car le mot met en évidence :

  • Le coté actif, l’effectuation, l'actant qui accomplit l'action (un agent agit).

  • Le lien avec la situation, l’agent agit en vue d’une finalité dans un cadre donné.

  • Le côté impersonnel, l’agent n’agit pas en tant que personne (voir la définition de personne) ; il met en œuvre certaines capacités en vue d’une action.

Le terme d'agent remplace utilement celui de sujet lorsque "sujet" désigne l’origine de la pensée ou de l'action, car le terme sujet sous-entend d’autres significations très complexes et variables (voir la définition de sujet) qui viennent noyer le propos et le rendent imprécis.

L'agent n'est pas un simple exécutant, car se positionner comme agent demande une activité complexe qui donne la disponibilité nécessaire à l'action appropriée. Cette disponibilité impose généralement un retrait, une retenue, une canalisation des capacités.

L'agent de la connaissance

Le modèle habituel de la connaissance suppose un objet et un sujet, ce dernier ayant extériorité par rapport à l'objet conçu sur un mode réaliste. Le concept d'agent permet de raffiner la théorie de la connaissance sur deux points :

  • On peut concevoir une interaction avec le domaine factuel étudié, ce qui est primordial dans les sciences humaines et sociales, pour rectifier les biais introduits.

  • On peut, en distinguant l'agent de l'individu, dire que ce dernier doit appliquer une méthode par laquelle il se dépouille de ses particularités, pour jouer au mieux son rôle d'agent de la connaissance.

Le scientifique dans sa pratique peut être considéré comme un agent. Il applique un paradigme (voir la définition de paradigme) qui ne lui est pas propre, car un paradigme est collectif, il appartient à la culture scientifique du moment. Dans son travail, le scientifique met en retrait ses goûts et préférences (il doit être impartial, ne pas choisir les résultats qui lui plaisent, il doit être axiologiquement neutre).

Le philosophe, s'il prétend produire une connaissance philosophique, adopte aussi une posture d'agent. Il doit se distancier de ses préjugés, s'imposer une rigueur dans le raisonnement, avoir une réflexivité sur ses propos, définir une problématique. Ainsi il se pourvoit comme agent de la philosophie, plutôt que d'être le porte parole de ses intérêts et de ses préjugés.

 


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