Vocabulaire philosophique

Vocabulaire philosophique

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Ce Vocabulaire philosophique définit les termes selon une cohérence d'ensemble et propose des choix parmi les diverses acceptions possibles.


État-limite - Borderline (définition)

 

Dans les années 1950, la prévalence de la division de la psychopathologie entre névrose et psychose ne laissait pas de place pour situer un certain nombre de cas pourtant repérés cliniquement. On les a conçus comme des formes cliniques ou des états transitoires attendant de basculer vers l'un des deux types de pathologie ou de forme de personnalité (selon la manière de les considérer). D'où les termes d'états-limites, dit aussi "borderline" dans la littérature anglophone.

Pourtant, les personnes états-limites ne sont pas dans des états transitoires ou intermédiaires, mais ont bien des formes de personnalité stables. Les aspects cliniques demeurent les mêmes au fil du temps et, sur le plan psychique, on a affaire à un déficit narcissique constant qui n'évolue pas spontanément.

Si on se place dans le cadre d'une théorie de la personnalité, il vient à l'idée de proposer le terme "d"intermédiaire" pour ce type de personnalité (intermédiaire entre névrose et psychose). On peut les définir par la prépondérance de la problématique narcissique et de l'insuffisance des grandes fonctions stabilisatrices du psychisme. L’anamnèse montre une histoire irrégulière avec des carences affectives importantes dans l’enfance (même si elles sont masquées). Les moments dépressifs revêtent un caractère particulier dominé par un sentiment de solitude, d’abandon, de vide, de creux. Il s'agit d'un type de personnalité présentant de nombreuses variantes.

La terminologie n'est pas fermement, ni définitivement, fixée. Le terme est ambigu et dépend du contexte théorique dans lequel il est employé. Toutefois, si on admet d'un point de vue psychopathologique qu'il existe plusieurs types de personnalité, les qualificatifs de névrotique, psychotique et intermédiaire permettent de les distinguer (voir : Les formes de la personnalité en psychopathologie).


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Névrose (définition)

 

L'idée de névrose a beaucoup évolué du XVIIIe siècle à nos jours. Cette classe de maladies a été créée par William Cullen en 1769 pour désigner des maladies dépendant d'une affection générale du système nerveux. En Autriche, vers 1845, Ernst von Feuchtersleben oppose névrose et psychose. La psychose serait une maladie mentale par opposition à la névrose qui dépendrait d'une altération du système nerveux.

Mais, à la fin du XIXe siècle, dans son Traité des névroses, Alexandre Axenfeld donne la définition suivante des névroses : il s'agit d'états morbides qui présentent la double particularité de se produire en l'absence de toute lésion appréciable et ne pas entraîner par eux-mêmes de changements profonds et persistants dans le système nerveux.

Un tournant sera pris à la fin du XIXe siècle lorsque Sigmund Freud, s'interrogeant sur la "lésion dynamique" de Jean-Martin Charcot, montrera qu'elle est de l'ordre de la représentation et non à caractère neurologique. Recherchant l'origine de ce dysfonctionnement (son étiologie), il tombe sur des événements traumatiques dont il suppose qu'ils restent mémorisés sous forme de représentations et d'affects pathogènes.

Au XXe siècle, la mise en avant de la personnalité dans l'étude de la psychopathologie a permis de parler de personnalité névrotique, mais au cours de la décennie 1970, l'Association américaine de psychiatrie a supprimé le terme de névrose du Manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux (DSM version III - 1980). Les troubles correspondants sont considérés comme un symptôme ou un groupe de symptômes.

Le terme de névrose est ambigu et dépend du contexte théorique dans lequel il est employé. Toutefois, si on admet d'un point de vue psychopathologique qu'il existe plusieurs types de personnalité, les qualificatifs de névrotique, psychotique et intermédiaire, permettent de les distinguer (voir : Les formes de la personnalité en psychopathologie).

 


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Psychose (définition)

 

Le terme de psychose a beaucoup évolué et changé plusieurs fois de sens du milieu du XIXe siècle à nos jours. On en attribue la paternité à Ernst Feuchsterleben qui l'a utilisé vers 1845 pour qualifier les maladies mentales inconstantes et sans lésion décelable par opposition à névroses, maladies avec atteinte nerveuse. Au XXe siècle, le terme a pris une acception vaste et floue centrée sur la gravité qui impliquait une désadaptation importante, un aspect délirant, une méconnaissance de son état, des expériences hallucinatoires, des idées délirantes, une distorsion de la pensée. La notion était donc devenue une catégorie clinique qualifiant un état préoccupant qui pouvait être aigu, chronique ou périodique.

Le courant de psychopathologie dynamique (psychanalytique) a remis en avant l'opposition névrose-psychose, la référant aux deux structurations possibles du psychisme. "Dans la structure psychotique, un déni porte sur toute une partie de la réalité, c'est la libido narcissique qui domine, le processus primaire qui l'emporte avec son caractère impératif, immédiat, automatique ; l'objet est fortement désinvesti et il apparaît, selon les formes cliniques, tout un éventail de défenses archaïques coûteuses pour le Moi" (Bergeret J., Psychologie pathologique, p. 135.).

Cette approche est intéressante, mais insuffisante et contribue à une confusion en traçant les figures par trop englobantes "du psychotique" ou de "la psychose". Par exemple, P. Dubor nous parle "du psychotique " en général qui aurait telle ou telle caractéristique (Dubor P., Psychologie pathologique, p. 167-185.). Il inclut le paranoïaque, le schizophrène, l'autisme, qui sont très différents et ne peuvent pas être légitimement logés dans le même et unique cadre de "la psychose".

Le qualificatif "psychotique" s'applique tantôt aux personnalités présentant des distorsions des fonctions psychiques ayant trait à la réalité et à la relation aux autres, présentant un fonctionnement psychique archaïque, tantôt aux maladies telles que la schizophrénie ou les troubles bipolaires, les états confusionnels, les autismes. Le terme de psychose est donc ambigu et dépend du contexte théorique dans lequel il est employé. Toutefois, si on admet d'un point de vue psychopathologique qu'il existe plusieurs types de personnalité, les qualificatifs de névrotique, psychotique et intermédiaire, permettent de les distinguer (voir : Les formes de la personnalité en psychopathologie).

 


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Éthique - Morale (définitions)

 

Les sens de ces deux termes est si fluctuant et interchangeable qu’il est difficile de les départager. Quoi qu’il en soit, il est important de distinguer la réflexion sur le bien et le mal de celle portant sur les règles de conduite. Les enjeux sont très différents.

La désignation du bien et du mal propose les finalités à poursuivre qui sont jugées favorables ou défavorables pour les hommes. Les définitions du bien et du mal varient nettement même si elles jouissent d’une certaine évidence pour la plupart des hommes. Le domaine des règles de conduite est différent, puisqu’il s’agit d’édicter ce qu’il faut faire et ne pas faire. Les règles ont un aspect prescriptif et normatif. Il existe entre les deux domaines de réflexion des relations complexes.

Les règles de conduite sont considérées soit comme une conséquence de la vertu (Aristote), soit une application pratique du bien (épicurisme stoïcisme), soit comme un préalable (universalisme kantien appelé aussi déontologisme), soit comme relatives à leurs conséquences quant au bien et au mal (conséquentialisme dont la version la plus connue est l’utilitarisme).

En énonçant des règles morales, la philosophie est confrontée au problème de la relation de ces règles avec les lois juridiques, avec les règles religieuses, avec les normes sociales et éducatives préexistantes. Elle doit aussi considérer l’origine et la genèse de l’ordonnancement social, ou encore d’un ordre symbolique général, et des acquis civilisationnels, problèmes auxquels l’historien, l’anthropologue, le sociologue, le psychologue sont plus aptes à répondre que le philosophe. D’où l’idée de défendre un minimalisme moral en philosophie.

Si une réflexion philosophique sur le bien est sans conteste du domaine philosophique, il n’est pas sûr que la prescription de règles de conduite en fasse partie et qu’il ne faille pas plutôt se limiter à quelques principes prudents, dont celui de tenir compte des conséquences de ses conduites.

 


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