Réductionnisme - Physicalisme (définitions)

 

Le réductionnisme comporte deux aspects qui se rejoignent. Le premier concerne la manière de connaître (enjeu épistémologique) et le second ce qui existe dans le monde (enjeu ontologique).

Selon la doctrine réductionniste, la bonne manière de connaître est analytique. Il convient de décomposer le domaine de recherche en autant de parcelles que possible, jusqu'aux plus élémentaires. Cette décomposition permettra la meilleure explication. Il s’y associe un présupposé ontologique : le complexe peut se ramener au simple qui constitue vraiment le monde. Aller vers l’élémentaire, c’est aller vers le réel, vers ce qui existe vraiment et fondamentalement. Le réductionnisme s'appuie sur la métaphysique matérialiste pour laquelle, le monde est constitué d'une unique substance, la matière (dans sa variante atomiste, la matière est elle-même formée d'atomes éléments ultimes et insécables). Sur le plan de l’organisation des connaissances scientifiques, le projet réductionniste a l’ambition de ramener les sciences humaines à la biologie, la biologie à la chimie et la chimie à la physique.

Le réductionnisme aboutit au physicalisme. L'un et l'autre se sont imposés à partir du Discours de la Méthode de Descartes. Il a été repris par Newton qui estime que les « puissances actives, attraction et répulsion qui règlent le cours des astres et la chute des corps » sont valables pour la combustion, la fermentation, le magnétisme, etc.… Au milieu du XIXe siècle, on le retrouve en biologie. Helmholtz et Brücke, physiologistes de renom, veulent établir « qu’aucune autre force que les forces physico-chimiques courantes ne sont en action dans l’organisme ». Pour Einstein, les lois générales de la physique permettront de construire « la théorie de tous les phénomènes de la nature, y compris ceux de la vie ». Selon la thèse physicaliste, le monde est uniquement constitué par ce que décrit la physique qui est la science dernière.

L’inconvénient de la méthode analytique, utilisée sans mesure, c’est qu’elle ne permet pas de comprendre les ensembles organisés. Par cette méthode, le complexe est démembré et les phénomènes qui viennent des entités composites sont négligés. Les connaissances qui prétendraient rendre compte de ces entités et de leurs propriétés sont rejetées, car elles ne se conforment pas à la bonne manière de procéder. Elles ne sont acceptables qu'à titre provisoire. Quant au principe d’une réduction ontologique aboutissant au physicalisme, c'est un postulat posé a priori et indémontrable. L'évolution des sciences est en faveur d'une pluralité ontologique.

En résumé, on peut distinguer deux aspects du réductionnisme : 

- Un réductionnisme épistémologique qui est un principe de méthode. Il est parfaitement légitime et a montré sa fécondité. Il choisit le plus fort degré de simplicité pour résoudre un problème. Sa généralisation, par contre, est abusive. Elle suppose que l'on aura une explication complète du monde à partir de la physique. 

- Un réductionnisme ontologique, pour lequel tout niveau d'organisation supérieur est le résultat, sans aucun ajout ni différence, de la composition additive ou causale des éléments du niveau inférieur et ainsi de suite jusqu'au dernier, le plus élémentaire (celui des particules élémentaires). Ce dernier niveau constituerait véritablement le réel.

 


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