Monde (définition)

 

Après Kant, on peut considérer que le monde est une idée de la raison visant la totalité. Le monde ainsi défini dépasse les possibilités de la connaissance et il est difficile d’en donner une définition exacte et non contradictoire. C'est une idée régulatrice permettant de stabiliser la pensée, dont on ne peut se passer. Elle est nécessaire pour désigner tout ce qui existe lorsque qu'on ne peut, ou qu'on ne veut, préciser à quelle partie on s'adresse. Il faut conceptualiser la totalité, ne serait-ce que pour prendre de la distance avec les différentes manières de l'aborder, métaphysique, ontologique et empirique. Définir le monde comme totalité implique qu'il n'y ait pas autre chose comme un autre monde, car au-delà de tout, il n'y a rien. Si le monde est tout, il est unique. 

L'emploi du terme monde doit d'être aussi prudent que l'extension du concept est grande. De la totalité, nous ne pouvons pas dire grand chose, si ce n'est qu'il est logique d'en faire partie. Mais, le monde n'est pas que la totalité, sinon le concept de totalité suffirait, il est la totalité de ce que nous supposons exister. L'existence ne qualifie pas la totalité. Le groupe nominal « totalité de ce qui existe » désigne l'existence prise dans son ensemble. Il est facile de clarifier le débat et d'éviter les méprises en faisant intervenir d'autres concepts, ceux de réel et de réalité.  

Comment aborder cette totalité appelée le monde ? Si on ne tient pas fermement la distinction entre empirique et ontologique, on entre dans des problèmes sans intérêt et insolubles, car on applique des raisonnements à des catégories au sein desquelles ils ne s'appliquent pas. Le monde, si l'on nomme ainsi ce qui existe, peut se concevoir de deux manières : soit quant à son être, soit quant à notre réalité.

À coté du concept de monde, on peut utiliser le concept de réel pour désigner ce qui existe en soi. Le réel existe par lui-même et se définit tautologiquement par là, d’exister. Il s’agit d’un postulat, car ce n’est pas démontrable. Se prononcer sur l'être constitue un point de vue ontologique. La notion d'univers est également utile pour désigner la partie du monde connue grâce aux sciences.  

Du point de vue ontologique, on peut supposer que le réel n'est pas une illusion et que son existence est indépendante de l’homme. C'est le point du vue philosophique que l'on nomme "réaliste". L'ontologie doit être prudente, c'est-à-dire modérée et minimale dans ses affirmations. A côté du réel, il y a la réalité. L’expérience est la relation entre l’homme et les différents aspects du réel qu’il rencontre, par laquelle il construit la réalité. L’expérience évolue dans le temps individuel pour chaque homme et dans les temps historiques pour chaque culture. Ce que l’on appelle généralement la réalité naît de cette interaction entre nous et ce qui est (le réel), interaction constitutive de l’expérience.

Le monde est le concept indispensable pour comprendre ces deux aspects interdépendants que sont le réel et la réalité. 

 


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