Personne (définition)

 

On connaît l’origine latine du terme personne, persona, le masque utilisé par l’acteur pour jouer un personnage. Le terme a pris ensuite un sens juridique servant à désigner, en droit romain, celui qui a une existence civile et des droits. Puis, le stoïcisme a opposé le personnage de la vie publique à la personne qui a une intériorité et une vie « personnelle » lui permettant de pratiquer la sagesse stoïcienne, quel que soit son rôle social. Dans le vocabulaire moderne, le mot désigne l’individu humain conscient et raisonnable, responsable de ses actes.

Sur le plan philosophique, on peut utiliser le terme de personne pour lier et coordonner deux aspects de l’homme, le premier, donné par un abord empirique, sa personnalité, et le second, qui concerne la dimension éthique et morale dont il est capable.

Par personnalité, on désigne les traits propres à l'individu qui se manifestent avec constance et régularité (voir la définition de personnalité) amenant l’identité et les particularités de chacun. L’individu humain a, outre une personnalité, une capacité intellectuelle, cognitive et représentationnelle lui permettant de se reconnaître comme l’auteur de ses actes et de juger de leur pertinence eu égard à la loi commune et aux lois sociales. L'ensemble des deux le constitue en tant que personne.

La capacité à assumer ses actions autorise "l’imputabilité", notion à la fois juridique et philosophique. Il s’agit d’attribuer une action ou une conduite à quelqu’un et de l’en rendre responsable. L’imputabilité impose une permanence de l’identité, une auto-attribution des conduites, un jugement. Ces aspects peuvent faire défaut si la personnalité et les capacités intellectuelles de l’individu sont, momentanément ou définitivement, déficientes, par exemple en cas de démence.

L’homme en tant que personne, c’est-à-dire comme personnalité pourvue d’une éthique, invite au respect. Sa responsabilité le rend respectable par les autres, s’ils se reconnaissent eux-même comme personnes. En termes kantiens, on dira que le respect pour la personne vient du respect pour la loi dont elle est porteuse.

Mais, on peut ajouter que le respect qui se crée entre les personnes vient aussi de l’adhésion à une commune humanité. Ce qui élargit la personne vers l’humanité ou l’humanisation des individus, et conduit à l’idée humaniste d’une dignité de la personne humaine.

Ces deux aspects peuvent être trouvés dans la formule célèbre de Kant prescrivant de toujours considérer l’humanité comme une fin, pour soi-même comme pour autrui : « aussi bien dans ta personne que dans celle des autres » dit Kant dans les Fondements de la métaphysique des mœurs.

On peut faire de la « personne » le concept de la cohérence individuelle liant en chaque homme, identité, moralité et personnalité.

 


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