Science (définition)

 

La science telle qu'elle s'est forgée à partir du XVIIe siècle et se poursuit de nos jours, est une connaissance. C'est une activité de connaissance authentique du monde. Cette première indication, départage la science d'autres activités qui ont d'autres finalités telles que légiférer, normer, enjoliver le monde, donner de l'espoir. Pour qu'il y ait science, il faut qu'il y ait une volonté individuelle et collective de connaître vraiment le monde tel qu'il est. 

Le qualificatif "scientifique" a trait à la qualité de la connaissance. Pour le mériter, une connaissance doit répondre à des critères de rigueur, d'objectivité, de véracité et d'universalité. La science vise à constituer une connaissance vraie et efficace et, pour atteindre ce but, elle se soumet à des contraintes spéciales et difficiles à mettre en oeuvre. Ces contraintes sont deux types : la validité interne (cohérence, rationalité) et la vérification empirique (l'établissement d'un rapport vérifié à la réalité). La manière de réaliser ces exigences varie d'une science à l'autre, mais au minimum la science accepte 1/ de raisonner clairement et rationnellement et 2/ de se confronter et se conformer à la réalité.

La confrontation via la réalité et à ce qui la détermine (le réel) spécifie la manière de connaître scientifiquement.

Une théorie scientifique est un ensemble d'énoncés cohérents. Le degré d'axiomatisation et de mathématisation est variable d'une science à l'autre, de même que la manière de se référer aux faits. Il y a toutefois deux critères indispensables : la conceptualisation doit être rationnelle et transmissible, la relation à la réalité doit être fiable pour permettre un jugement empirique.

Juger empiriquement la théorie impose une pratique. Il faut constituer expérimentalement ou par observation contrôlée des faits et y confronter la théorie. Ce rapport aux faits est vu de diverses manières selon les doctrines : vérification (conception classique), réfutation (conception de Popper), concordance (conception sémantique). 

On peut analyser la connaissance scientifique selon quatre concepts : référent, objet, manière de connaître (gnoséologie), méthode. Le référent est le point de départ d'une science, la partie du monde abordée grâce à une méthode nouvelle et pertinente. L'objet constitue le cœur de la recherche, il est construit et même reconstruit plusieurs fois au cours des évolutions scientifiques. Un même référent peut donner lieu à plusieurs objets de recherche. La gnoséologie inclut la manière de connaître et l'adoption d'un type de théorisation (les théories varient selon leurs formes et leur degré de formalisation). La méthode (la manière pratique de conduire l’expérience, les techniques employées) doit s’adapter au champ considéré afin de relier efficacement la théorie et les faits.

La connaissance scientifique aboutit à un savoir sur le monde. Ce savoir présente des garanties ; ce n'est pas un mythe, ni de la métaphysique, ni de l'idéologie. Le savoir de la science évolue sans cesse de manière discontinue (Thomas Kuhn parle d'une évolution discontinue, de « révolutions » scientifiques). Le savoir produit change avec l'avancée des recherches, il est toujours en évolution.

 


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