Connaissance - Savoir (définitions)

 

Le terme français "connaissance" vient du vieux français "conoistre" qui date du XIe siècle. Ce dernier dérive du latin cognescere et noscere qui veulent dire à la fois apprendre, connaître et savoir. Le terme notus renvoie, quant à lui, à une action accomplie ; il est à l'origine de "notion". Savoir dérive du latin sapere et sapio qui signifient avoir du goût, de l'intelligence, de la prudence. Dans le langage courant, connaissance et savoir sont plus ou moins synonymes.

Il est intéressant, en épistémologie et philosophie des sciences, de distinguer le processus actif de production, que nous nommerons la "connaissance", de son résultat que nous appellerons le "savoir". Il s'agit là de faire jouer la différence entre l'action de connaître et la possession d'un résultat, entre le processus d'acquisition et ce qui est acquis. Cette perspective différencie l'action de connaissance et son résultat, le savoir, ce qui revient à dire que la connaissance produit du savoir.

La connaissance désignerait alors un rapport actif au monde qui vise à s’en faire une représentation et à l’expliquer. Cette activité associe l’action et la réflexion. Toute connaissance demande du temps pour se constituer et l'emploi d'une stratégie appropriée. Il existe divers types de connaissances plus ou moins efficaces, fiables et réalistes.

Le savoir acquis serait le corpus des notions admises et transmises, l'ensemble organisé d'informations dans un domaine donné. Une partie du savoir acquis représente le monde d’une certaine manière et peut être utilisé à des fins pratiques. Il demande seulement à être appris et il se cumule au fil des générations, constituant ainsi la culture.

Il existe des savoirs de qualités bien différentes qui dépendent du processus de connaissance utilisé pour les produire. On peut distinguer le savoir issu de la réflexion philosophique, le savoir issu de la pratique scientifique, le savoir issu de la croyance religieuse, etc. La qualité des savoirs est variable et dépend du type de procédé (du type de connaissance) qui a été utilisé pour le constituer. La valeur du savoir dépend de la qualité épistémique du processus qui l'a engendré, ce que certains appellent une "épistémologie de la vertu".

Deux savoirs concurrents sur la même chose ne sont pas nécessairement départageables par un jugement. Par exemple, deux savoirs sur le monde, l'un affirmant que la Terre est au centre de l'Univers, et l'autre qu'elle tourne autour du Soleil, ne sont départageables que si l'on connaît le processus qui les a produit. Le géocentrisme est un savoir issu de l'observation ordinaire et de la tradition (religieuse) ; l'héliocentrisme demande des calculs mathématiques à partir d'observations astronomiques.

Le contenu du savoir comme sa qualité dépendent du mode de connaissance qui a servi à le produire. Les procédés théorico-empiriques valides produisent des savoirs vrais, ceux qui ne le sont pas des savoirs faux ou incertains. 

 


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