Le procès de Galilée est ses enjeux idéologiques

 

JUIGNET Patrick

 

L'image ci-dessous montre Galilée (de son nom Galiléo, fils de Galiléi) se rétractant lors de son procès. Il est placé au centre, coincé entre l'homme-d'arme et l'homme-d'église, on peut aussi dire entre la violence et l'autorité religieuse. C'est une figure allégorique peinte par Joseph-Nicolas Robert-Fleury (XIXe siècle), basée sur le procès qui a eu lieu en 1633.

 

Procès Galilée 

 

 

Pour citer cet article :

JUIGNET Patrick. Le procès de Galilée et ses enjeux idéologiques. Philosophie, science et société [en ligne]. 2015. https://www.philosciences.com/Pss/philosophie-et-societe/ideologie-croyance-societe/145-galilee-proces

 

Plan de l'article :


  1. L’affaire Galilée
  2. La controverse philosophique
  3. Les deux points majeurs de friction idéologique
  4. Récit philosophique contre récit idéologique
  5. Conclusion : un grand récit non idéologique

 

Texte intégral :

1. L'affaire Galilée

Le procès de Galilée a eu lieu pendant la période troublée du début du XVIIe siècle. Les guerres de religion sévissent et diverses révoltes éclatent en Europe. Surtout, il intervient à un moment où le pape est contraint d'apporter son soutient à la Contre-Réforme qui, définie par le Concile de Trente, est mise en œuvre de façon de plus en plus rigoureuse. Le contexte est celui d'une lutte idéologique violente.

 

Galilée vit en Italie, protégé par le pape Urbain VIII et le grand-duc de Toscane. En 1632, il fait paraître à Florence ses Dialogues sur les deux grands systèmes du monde, dans lesquels il se prononce contre le géocentrisme de Ptolémée. Cet ouvrage est publié après "imprimatur", c'est-à-dire l'approbation de l'Église. Ce livre décrit les échanges entre Filoppo Salviati, un défenseur du système de Copernic, Simplicio le défenseur de Ptolémée et de la physique aristotélicienne. Sagrado, Vénitien éclairé, est en place d'arbitre. Non seulement Simplicio est traité avec ironie et la théorie ptolémaïque récusée, mais, de plus, Salviati prétend s'affranchir de l'autorité et du dogmatisme. Selon lui, la connaissance de la nature devrait s'appuyer sur l'observation, le raisonnement et les calculs mathématiques.

 

Avec le succès du livre, Galilée devient un personnage connu et l'Église se doit de réagir. Galilée est convoqué par le Saint-Office. Il se rend à Rome en 1633, où il y est interrogé et une menace de torture est évoquée, sur ordre du pape, pour l'effrayer ; Galilée cède. Le 22 juin 1633, au couvent dominicain de Santa-Maria, la sentence est rendue :

« Il est paru à Florence un livre intitulé Dialogue sur les deux systèmes du monde, ceux de Ptolémée et de Copernic dans lequel tu défends l'opinion de Copernic. Par sentence, nous déclarons que toi, Galilée, t'es rendu fort suspect d'hérésie, pour avoir tenu cette fausse doctrine du mouvement de la Terre et repos du Soleil. Conséquemment, avec un cœur sincère, il faut que tu abjures et maudisses devant nous ces erreurs et ces hérésies contraires à l’Église. Et afin que ta grande faute ne demeure impunie, nous ordonnons que ce Dialogue soit interdit par édit public, et que tu sois emprisonné dans les prisons du Saint-Office. »

Galilée, sous la contrainte, prononce la formule d'abjuration préparée pour lui :

« Moi, Galiléo, fils de feu Vincenzio Galilei de Florence, âgé de soixante dix ans, ici traduit pour y être jugé, agenouillé devant les très éminents et révérés cardinaux inquisiteurs généraux contre toute hérésie dans la chrétienté, ayant devant les yeux et touchant de ma main les Saints Évangiles, jure que j'ai toujours tenu pour vrai, et tiens encore pour vrai, et avec l'aide de Dieu tiendrai pour vrai dans le futur, tout ce que la Sainte Église catholique et apostolique affirme, présente et enseigne. Cependant, alors que j'avais été condamné par injonction du Saint-Office d'abandonner complètement la croyance fausse que le Soleil est au centre du monde et ne se déplace pas, et que la Terre n'est pas au centre du monde et se déplace, et de ne pas défendre ni enseigner cette doctrine erronée de quelque manière que ce soit, par oral ou par écrit; et après avoir été averti que cette doctrine n'est pas conforme à ce que disent les Saintes Écritures, j'ai écrit et publié un livre dans lequel je traite de cette doctrine condamnée et la présente par des arguments très pressants, sans la réfuter en aucune manière ; ce pour quoi j'ai été tenu pour hautement suspect d'hérésie, pour avoir professé et cru que le Soleil est le centre du monde, et est sans mouvement, et que la Terre n'est pas le centre, et se meut. J'abjure et maudis d'un cœur sincère et d'une foi non feinte mes erreurs. […] » (Texts from The Galileo Affair : A Documentary History, edited and translated by Maurice A. Finocchiaro (Berkeley : University of California Press, 1989)).

2. La controverse philosophique

Certains arguments philosophiques ont été avancés contre Galilée par des auteurs contemporains et, plus précisément, contre son attitude. Celle-ci aurait été trop intransigeante, ce qui n'était pas fondé et il aurait pu sagement éviter le procès. Voyons quelques-uns de ces arguments vis-à-vis desquels nous proposerons une contre-argumentation.

 

Pierre Duhem justifie l'attitude du Cardinal Robert Bellarmin selon qui les théories cosmologiques ne peuvent prétendre qu'à énoncer des hypothèses fondées sur les apparences, sans prétendre à la réalité. Duhem écrit que "Les combinaisons de mouvements proposées par les astronomes [sont] de pures conceptions dénuées de toute réalité". (Sauver les apparences, p. 22). C'est la position dite "instrumentaliste" derrière laquelle s'est protégé Copernic.

 

Alexandre Koyré note que Galilée s'est appuyé sur des résultats d'observation douteux. Il sent l'homme animé par la passion et l'orgueil (Du monde clos à l'univers infini, p.116). Il arrive toutefois qu'une conception soit juste, même contredite par certains faits mal interprétés. Le rapport entre théorie et faits est un jeu subtil qui intervient dans l'évolution de la science. Toutefois, il est certain que Galilée s'est en partie trompé et que les observations de Kepler étaient meilleures que les siennes.

 

Paul Feyerabend reproche à Galilée son intransigeance, car défendant sa théorie comme vérité, il empiétait sur le domaine de la foi (la métaphysique), ce qui n'était pas nécessaire. Sur le plan épistémologique, les vérités en science sont relatives et sujettes à révision. Elles ne doivent pas être proposées comme des absolus, si bien que Galilée aurait dû rester prudent.

 

Ces arguments sont contestables, car Galilée n'attaque pas la foi chrétienne et ne cherche pas le conflit avec l'Église. Que s'est-il vraiment passé ?

3. Les deux points majeurs de friction idéologique

Galilée veut substituer à la conception aristotélicienne de l'univers, une vision plus réaliste qui reprend la thèse de Copernic concernant l'héliocentrisme. Cette conception d'un univers naturel continu, il la doit surtout à sa lunette astronomique qui permet une vision (au sens premier du terme) du ciel  différente de celle de la tradition chrétienne. Elle est tout simplement plus réaliste et moins imaginaire. Galilée se pose en observateur du ciel et s'adresse aux "observateurs de la nature" (Siderieus Nuncus, 1610). S'il empiète sur la métaphysique, c'est indirectement, en niant la perfection du monde supralunaire. Pour Salviato, "l’opinion qui prétend que la terre est de la même espèce que les autres corps célestes est plus vraisemblable que l’opinion contraire" (Dialogues, deuxième jour).

 

La cosmologie de Galilée s'oppose à l'idée d'un monde coupé en deux, issu de la cosmologie d'Aristote finalement adoptée (après débat) par la hiérarchie ecclésiastique. Au-dessus de la Terre, centre de la région sublunaire du changement et de la corruption, se déploieraient les sphères célestes parfaites. Le ciel, la Lune, la Terre, le Soleil, sont entièrement naturels participant, en continu, du même univers. Tout cela bouleverse la culture scolastique et plus précisément le récit scolastique sur le monde issu de la synthèse entre la physique d'Aristote et le dogme chrétien. Mettre le Soleil au centre, c'est mettre en péril un ensemble de mythes hiérarchisant le ciel et la Terre et donc les représentants de ce mythe.

 

Le second point qui fait problème sur le plan idéologique, est celui de la méthode de pensée. Comme le dit Sagrado au début des Dialogues, ce dont il est question c'est "de la faculté de compréhension humaine" que les hommes "ne possèdent pas tous au même degré". Galilée considère "l’intelligence comme la principale des qualités que possède l’homme créé par la nature" et affirme "que l’intellect humain comprend quelques vérités d’une façon aussi parfaite et avec une certitude aussi absolue que peut le faire la nature elle-même. Les connaissances purement mathématiques, en particulier la géométrie et l’arithmétique, appartiennent à cette catégorie" (Dialogues, Premier jour).

 

Ce livre, d'un abord facile, est destiné à un large public et ainsi il divulgue assez largement le savoir. Il est écrit en italien, ce qui, à l'époque, est très significatif. Le conflit entre les partisans de la tradition et ceux de la nouveauté se joue par rapport au choix de la langue : latin pour les premiers et langue vernaculaire pour les seconds. C'est directement reproché à Galilée lors du procès : il propage la doctrine copernicienne "en italien, qui est la langue la plus indiquée pour entraîner derrière lui le vulgaire et l'ignorant , sur lequel l'erreur a plus facilement prise".

 

La tradition chrétienne n'est pas favorable à la divulgation du savoir. Saint Augustin a dénoncé les dangers de la curiosité scientifique : “Nous ne devons pas non plus avoir peur que les chrétiens soient plutôt ignorants concernant la puissance et le nombre des éléments, le mouvement, l'ordre et les éclipses des corps célestes la forme des cieux, les espèces et nature des animaux, des végétaux et des minéraux [...] Il suffit au chrétien de croire que la cause de toutes les créatures, qu'elles soient terrestres ou célestes, qu'elles soient visibles ou invisibles, n'est rien d'autre que la bonté du Créateur qui est le seul vrai Dieu”.  (Enchiridion III).

 

Rappelons que les universités, apparues à partir de l'an 1000, furent soumises au pouvoir spirituel de la papauté qui veut mettre l'enseignement au service de la tradition. Les savoirs profanes doivent être subordonnés à la doctrine sacrée. Les textes d'Aristote suscitent l'inquiétude de la hiérarchie ecclésiastique. La première censure intervient en 1210 avec une interdiction de la lecture et commentaires, tant en public qu'en privé, des livres naturels d'Aristote (Physique, Traité de l'âme, Métaphysique), sous peine d'excommunication. En 1215 et 1277, il y aura de nouvelles interdictions. Au delà du religieux, il y a une une action politique pour empêcher la divulgation du savoir.

 

L'affaire Galilée est devenue emblématique de l'opposition entre la connaissance scientifique et le dogme religieux. Mais, on peut en donner une interprétation plus large, celle du maintien d'une idéologie religieuse par le pouvoir politique, qui s'appuie sur elle pour se légitimer. Le procès de Galilée n'est pas simplement une controverse scientifique ni un débat théologique, car Galilée partage la même foi et les inquisiteurs le savent bien.

Ce procès est une manifestation sociale, provoquée par le pouvoir politique, à visée répressive. Il a été déclenché à partir du moment où le livre de Galilée commence à se répandre et avoir une audience. Pourquoi le pouvoir politico-religieux s'inquiète-t-il  à ce moment ? Parce que deux points sont idéologiquement inacceptables dans la philosophie qui se répand : d'une part la possibilité d'une nature séparée de Dieu et d'autre part la raison individuelle comme source de vérité. En effet, les deux touchent indirectement à l'autorité et au pouvoir de l'Église. Par contraste, on voir apparaître le rôle de l'idéologie : asseoir et légitimer l'autorité d'une partie du corps social sur la population et, plus largement, de constituer le ciment d'un ordre social donné.

4. Récit philosophique contre récit idéologique

Galilée propose, après Copernic et en même temps de Kepler, un récit philosophique différent du récit chrétien. Il décrit un univers naturel duquel est exclu le supralunaire, c'est-à-dire le lieu supposé du divin. Dans la mesure où l'ordre social prétend se calquer sur l'ordre du monde créé par Dieu, déranger le premier met en péril le second. Le rôle de l'idéologie est de maintenir l'ordre social et, involontairement, car son propos n'était assurément pas là, Galilée dérange le pouvoir en place. Essayons de voir plus précisément de quelle manière.

Pour comprendre cette affaire Galilée, à l'opposition traditionnelle entre science et religion,  il faut en ajouter une autre : celle entre récit philosophique et récit idéologique. Nous voulons parler des grands récits, ceux qui traversent la société et donnent sens à la vie de la plupart des contemporains. Par récit philosophique, nous désignons un récit rationnel appuyé sur les connaissances empiriques (par opposition à un récit irrationnel). Le récit philosophique, fondé sur une éthique, ne défend pas les intérêts d'un groupe social au détriment d'un autre. L'idéologie, par contre, est une pensée normative qui apporte des justifications à l'ordre social au travers de règles, de valeurs et de croyances. L'idéologie est un constituant essentiel de la société ; elle participe à ce qui fonde l'existence du social. Mais, si elle défend une vision orientée et univoque du monde et de la société, elle peut être défavorable à la vie sociale dans son ensemble.

Au début du XVIIe siècle, on est au début de ce que les historiens appellent les « temps modernes ». Cette période se caractérise par la sécularisation de la vie politique et la laïcisation de la pensée. L'idée de « nature » prend une signification nouvelle, celle d'une partie du monde à considérer indépendamment de la théologie, ce qui va l'encontre d'une vision globalement religieuse du monde. Nous sommes là dans un combat idéologique concernant le droit à considérer une partie du monde comme naturel et donc échappant au surnaturel. L'enjeu est aussi politique, car l'emprise de l'Église sur la pensée et l'ordre social est alors en droit contestable. La nature échappe à la juridiction religieuse. On comprend pourquoi il était important de condamner Galilée.

C'est aussi un récit concernant l'homme que propose Galilée. Il lui suppose une  autonomie de pensée. Sur le plan de la vérité, il y a une différence entre la science et la croyance. La première tente de promouvoir une connaissance rationnelle en s'appuyant sur des faits et l'autre un savoir certain en s'appuyant sur une révélation et un dogme. La validité potentielle de l'une et de l'autre ne sont pas identiques. Mais, sur le plan humain et social non plus. Dans le premier cas, l'individu devient source de vérité sur la nature sans avoir à se référer à la mythologie, aux "écritures", ni à l'autorité de ceux qui s'en déclarent les dépositaires. Prétendre que l'homme puisse penser et raisonner de manière autonome, c'est le libérer, au moins potentiellement, de la croyance et du dogme.

La scolastique opérait une liaison entre la philosophie naturelle (principalement celle d'Aristote) et la pensée métaphysico-théologique en un discours totalisant sur le monde et la société. La séparation des deux et la prétention à une autonomisation de la philosophie naturelle menacent l'ensemble. Supposer que la nouvelle philosophie naturelle fait des hypothèses fictives expliquant les apparences était une façon à ne pas empiéter sur la globalité du discours, c'est-à-dire sur le grand récit organisateur de l'époque à fondement théologique. Mais, Galilée ne s'en est pas tenu à cette position.

Avec le succès des Dialogues sur les deux grands systèmes du monde, c'est un nouveau grand récit à caractère philosophique qui se répand en Europe et il entre en opposition avec le récit idéologique à caractère religieux. Avec le terme de "grand récit", nous voulons parler des conceptions qui traversent une culture et donnent à la fois une vision du monde et un sens à la vie de la plupart des contemporains. Les grands récit peuvent être fondés de diverses manières et ce que l'on voit avec le procès de Galilée, c'est l'amorce d'un récit indépendant de la tradition chrétienne et la réaction de l'Église face à cette tentative.

5. Conclusion : un grand récit non idéologique

Galilée, avec la publication de ses Dialogues sur les deux grands systèmes du monde a fait une proposition philosophique innovante, et que c'est bien cela (plus que la controverse sur l'héliocentrisme et la critique de Ptolémée) qui a provoqué la colère de l'Église et son procès. Il a proposé un nouveau grand récit sur le monde différent du récit scolastique et il a proposé une diffusion du savoir qui ne le réserve plus aux clercs.

Le problème soulevé par un tel procès est aussi d’ordre éthique et c'est en cela qu'il retenti à notre époque. La question principale de l'éthique est celle du souverain bien, celui que l'on place au dessus des autres. Il en découle des principes indiquant ce que l'on doit faire ou ne pas faire. Si le souverain bien est la Vérité, ou le service de Dieu, ou la promotion de l'humanité, les conséquences seront différentes.

Les menaces contre Galilée sont contraires à l'éthique humaniste et laïque qui défend la liberté de penser et le respect de l'individu. Par contre, elles sont admissibles selon une éthique religieuse dans laquelle l'homme est fait pour servir et adorer Dieu (et son clergé) et répéter la Vérité révélée. Tout ce qui y contrevient doit être combattu.

On dira que ce conflit, qui date du XVIIe siècle, est apaisé et dépassé. Il le fut un moment en Occident, mais les menaces politico-religieuses réapparaissent en ce début de XXIe siècle. Le mélange, que nous qualifierons d'idéologique, entre religion et ordre social semble toujours se recomposer, car il constitue un puissant levier de pouvoir. L’opinion publique est constamment entraînée dans des mouvements idéologiques appuyées sur des dogmes religieux. L'un des rôles intéressants de la philosophie serait d'en montrer les dangers et de proposer des grands récits sur le monde plus réalistes et dont l'éthique est explicite .

 

Bibliographie :

Duhem P., Sauver les phénomènes  Sur la notion de théorie physique de Platon à Aristote, Paris, Vrin, 2004.

Koyré A., Du monde clos à l'univers infini, Paris, Gallimard, 1973.

Rossi P., Aux origines de la science moderne, Paris, Seuil, 1999.

Galilée, 
- Siderieus Nuncus,
 1610. Traduction Alexandre Koyré in Koyré A., Du monde clos à l'univers infini, Paris, Gallimard, 1973.

- Dialogues sur les deux grands systèmes du monde, 1632, Traduction Alexandre Koyré.

 

Webographie :

KLEIN Etienne. La physique moderne : de quoi Galilée est-il le nom ?" [en ligne]. Parenthèse culture. 2014. https://www.youtube.com/watch?v=hJygEJmk1Mc

 

 


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