Le réductionnisme dogmatique

 

JUIGNET Patrick

 

Réduire, c'est ramener au plus petit, au plus élémentaire. La réduction dans les sciences comporte trois aspects complémentaires. Le premier concerne la manière de connaître (enjeu épistémologique), le second concerne ce qui existe dans le monde (enjeu ontologique) et le troisième la délimitation des domaines scientifiques. Le présent article porte sur l'utilisation désadaptée du principe réductionniste, non sur ses aspects positifs qui n'ont plus à être démontrés.

 

Pour citer cet article :

JUIGNET Patrick. Le réductionnisme dogmatique. Philosophie, science et société [en ligne]. 2015.https://philosciences.com/Pss/philosophie-et-science/methode-scientifique-paradigme-scientifique/116-le-reductionnisme-dogmatique

 

Plan de l'article :


  1. Présentation du réductionnisme
  2. La critique du réductionnisme
  3. Conclusion : pluralisme contre réductionnisme

 

Texte intégral :

1/ Présentation du réductionnisme

Le réductionnisme exige le simple. Cela se traduit par le fait de ramener le psychologique au biologique, puis le biologique au biochimique, puis au chimique, puis à des aspects physiques. Cette attitude est généralement liée à une métaphysique matérialiste et physicaliste, doctrine qui donne comme seul existant ontologique la matière et comme seule science légitime la physique. Nous allons voir le réductionnisme sur le plan de la connaissance et sur le plan ontologique.

La gnoséologie réductionniste

Dans notre modernité scientifique, on admet que la bonne manière de connaître est analytique. Il convient de décomposer l’objet de la recherche en autant de parcelles que possible, jusqu'aux plus élémentaires. Cette décomposition et la simplification qui en découle permettront de trouver les explications les plus appropriées. On en trouve l'origine chez Descartes. Décomposer en autant de parcelles qu’il se pourrait, dit Descartes, et construire de longues chaînes de raisons toutes simples.

La décomposition en éléments simples permettrait de se situer au niveau où joue le déterminisme. Si l’on ne trouve pas d’enchaînement causal, c’est parce que l’on n’a pas réduit suffisamment pour trouver les éléments appropriés de la réalité. Il faut donc poursuivre. Cet aspect analytique est souvent appelé réductionnisme méthodologique. Il faut décomposer et simplifier au maximum les faits pour pouvoir les expliquer.

Cette méthode analytique a eu des réussites spectaculaires. Elle présente certaines limites que nous verrons plus loin (lorsque, par excès, elle aboutit  à limiter ou détruire l'objet d'étude). Le réductionnisme dogmatique consiste à prétendre que cette méthode est sans limite et doit être appliquée systématiquement. Le réductionnisme qualifié de "faible" n’implique pas de dérivation de lois à partir d’autres. Ce réductionnisme est fondé sur une prépondérance de la méthode analytique qui ramène, autant que faire se peut, aux aspects simples.

L'ontologie réductionniste

Il s’associe souvent au principe épistémologique de réduction, la croyance selon laquelle plus l’analyse porte sur des éléments simples, plus elle s’approcherait du fondement du monde. Aller vers l’élémentaire serait aller vers le réel. Se prononcer sur le réel est un propos ontologique. Le réductionnisme ontologique peut être vu comme une démarche d’ontologisation de la méthode analytique. Le processus analytique de décomposition/simplification est transformé en affirmation sur l’existant. En une formule, on pourrait dire "Il n'y a d'être que du simple".

Il existe une relation étroite entre le matérialisme et le réductionnisme. La coexistence des deux n'est pas fortuite, car elle dure et s'intègre avec force dans l’épistémè moderne. Il y une parenté de raisonnement entre la méthode analytique de la science (réduire le complexe au simple) et l'ontologie matérialiste qui suppose des atomes insécables, c’est-à-dire des éléments simples et derniers. La matière, en tant que substance étendue, est décomposable en éléments plus petits et la réduction est possible jusqu'à l'élément ultime. C'est une opinion répandue et prégnante dans notre manière de penser moderne.

Pour la science moderne, devenue classique, les aspects complexes sont des qualités secondes illusoires qui doivent être ramenées aux qualités premières (les caractéristiques de la matière). Généralement, le réductionnisme est sous-tendu par l'affirmation d'une substance qui est posée comme l'unique constituant du monde. Tout ce qui existe au monde est constitué par la matière, elle-même formée de briques élémentaires. Les autres aspects s'y réduisent, quelle que soit leur complexité et quel que soit leur aspect. Le matérialisme implique un réductionnisme fort qui aboutit au physicalisme, car le niveau élémentaire est de nature "physique" et étudié par la science physique. Le monde est fait soit d'agrégats de "particules matérielles" (les atomes), soit "d'occurrences physiques", et de rien d'autre.

Conséquence : une seule science

Sur le plan de l’organisation des connaissances, le projet réductionnisme vise à ramener toutes les disciplines à la physique. Citons, par exemple, deux auteurs du milieu du XIXe siècle, Helmholtz et Brücke : « Brücke et moi avons prêté ce serment solennel d’établir partout cette vérité : aucune autre force que les forces physico-chimiques courantes ne sont en action dans l’organisme ». Il s’agit des « forces physico-chimiques inhérentes à la matière et réductibles à la force d’attraction et de répulsion » (1).

On retrouve dans ces mots le projet de Newton, celui qu’il a indiqué dans L’optique. Newton estime que « Dans tous les cas, la marche de la Nature est donc très simple et toujours conforme à elle-même : puisqu’elle produit tous les grands mouvements des corps célestes, par la gravitation ou l’attraction réciproque de ces corps ; et presque tous les petits mouvements des particules des corps, par d’autres forces attractives et répulsives, réciproques entre ces particules » (2). On retrouve cet objectif quasiment inchangé chez Einstein, pour qui les lois générales de la physique permettent de construire une image complète du monde, « c’est-à-dire la théorie de tous les phénomènes de la nature, y compris ceux de la vie » (3).

Les connaissances de type chimique, biologique (mais aussi psychologique et sociologique) doivent être réécrites et remplacées par la théorie physique élargie. Elles sont tolérées à titre provisoire, mais, à terme, elle devront être éliminées. Il est en effet possible de déduire toutes les théories scientifiques à partir des lois physiques fondamentales. Il y a, en arrière plan de cette assertion, l'idée d'aboutir à l'unité de la science, tout en lui donnant un caractère d'universalité et de complétude sans faille.

Le renouveau réductionnisme

Certains contemporains prônent un réductionnisme légèrement modifié à partir de l'idée de survenance. La "survenance" est un terme qui définit un rapport. Si l'on désigne par A et B des occurrences quelconques du monde, survenance signifie que si des A surviennent sur B, la distribution des B fixe et détermine les A. Nous allons prendre pour référence la doctrine telle qu'exposée par Michael Esfeld (4). Elle se formule de la manière suivante : tout ce qui existe est identique à des occurrences de propriétés physiques.

Dans cette doctrine, l'accent est mis sur l'identité, ce qui signifie : qui peut être ramené au physique. Inversement, les différents aspects du monde "surviennent" sur le niveau physique. Nous dirons que c'est la variante "survenantiste" du réductionnisme. Le point  radical de l'affirmation c'est qu'à toute chose, il correspond nécessairement quelque chose du type physique, et qu'il y a un parallélisme absolu entre les deux.

Dans ce matérialisme, la substance est remplacée par des événements et processus du monde, dits aussi ses "occurrences". Du coup, la démonstration d'identité passe par la survenance (voir après). La volonté d'élimination est moins marquée que dans le réductionnisme traditionnel. Les sciences spéciales en tant qu'elles traitent de "configuration d'occurrence" sont acceptables. Elles constituent des "niveaux de descriptions" qui sont admis.

Notons encore qu'accepter des "configurations" d'occurrence, des compositions ayant une existence, se rapproche de ce que nous défendons, à savoir le concept d'organisation. Le nouveau réductionnisme est plus subtil et plus acceptable que l'ancien. Toutefois la réduction reste l'idéal à viser, car toute science spécialisée peut (potentiellement) être déduite de théories et lois physiques. Tout fait, même complexe, peut finalement trouver une explication par la théorie physique.

Le principe central du réductionnisme

Le principe central du raisonnement réductionniste est le suivant. Si ce principe est vrai, le réductionnisme est justifié et s'il est faux le réductionnisme n'est pas justifié. On peut en exprimer le principe de plusieurs manières : tous les objets se sont constitués à partir d'objets physiques (proposition première)  et de strictement rien d'autre (proposition seconde). Les systèmes de complexité supérieure se sont développés à partir des systèmes physiques (proposition première)  et cela exclusivement sans que rien ne s'ajoute lors de cet assemblage (proposition seconde).

La conséquence est la suivante : objets ou systèmes du monde dépendent entièrement des objets ou systèmes physiques et donc il y a une "survenance globale". Tout survient sur le niveau physique et en dépend. Ce qui existe dans le monde est déterminé par les propriétés physiques fondamentales et rien d'autre.

Une illustration en est donnée par  l'allégorie du "monde simpliciter". Ce monde est un monde dupliqué à partir de la physique. Soit notre monde M et son niveau physique appelé Mp, ainsi que les autres chimique (Mc), biologique (Mb),  psychologique (Mps). Par hypothèse, on duplique Mp en Mp*. Le problème concerne les autres niveaux du monde M*, qui s'édifient sur Mp*. Seront-ils identiques à ceux du monde M ? La réponse est oui, car "nous savons que tous les objets qui existent dans le monde réel se sont développés à partir d'objets microphysiques et uniquement d'eux. Il ne peut donc pas y avoir d'objets qui existent dans M et qui manquent dans M*". Réciproquement, s'il manque des propriétés dans M*, il s'ensuit que Mp* ne peut être un double de Mp, car il ne peut y avoir de différence de propriétés complexes sans qu'il y ait une différence de propriétés microphysiques. (Jackson 1998, Chalmers 1996).

Pour Michael Esfeld, "Chaque monde possible qui est un double microphysique du monde réel est un double simpliciter du monde réel". (Introduction à la philosophie des sciences, p. 211). Le monde M* est identique au monde M. Evidemment, ce raisonnement ne vaut que si on suppose un monde de type Laplacien où tout est déterminé selon une causalité stricte : pas de hasard, pas de bifurcation de l'histoire, pas de possibilités équipotentes, pas d'équilibres instables, pas d'émergence, pas de nouveauté imprévisible.

2/ La critique du réductionnisme

L' excès dogmatique

Pour situer précisément le problème, notons bien que le réductionnisme ontologique n'est pas la doctrine prétendant que les niveaux chimique, biologique, psycho-représentationnel se créent à partir du niveau physique, ou encore que ce qui existe dans le monde a un répondant au niveau physique. Le réductionnisme pousse cette assertion à son maximum et prétend que le seul niveau existant est constitué par la substance matérielle ou les occurrences physiques. Les autres n'ont pas d'existence ontologique, mais seulement factuelle et sont ontologiquement réductibles au niveau physique-matériel.

Le réductionnisme affirme que les niveaux non physiques (non matériels) n'ont pas d'existence vraie et correspondent à des "épiphénomènes", des "qualités secondes". Ce qui aboutit à une unicité, une homogénéité du monde. Dans cette attitude radicale, on sent un refus de la pluralité, des différences. Le monde est un, la science est une et la seule méthode est analytique jusqu'au bout. Une telle tendance est excessive et n'a pas de justification rationnelle.

Un excès de méthode

Le réductionnisme dogmatique se caractérise par l'utilisation exclusive de la méthode analytique. L’inconvénient de la méthode analytique utilisée sans mesure, c’est qu’elle ne permet pas de comprendre les ensembles organisés. Par cette méthode, le complexe est démembré et les phénomènes qui viennent des entités composites sont négligés. Les qualités (secondes) qui viennent et les connaissances qui prétendraient rendre compte de ces entités et de leurs propriétés sont rejetées, car elles ne se conforment pas à la bonne manière de procéder. Le père du positivisme, Auguste Comte était ennemi du réductionnisme, mais il semble n’avoir été guère entendu sur ce point.

Les connaissances qui prétendraient rendre compte de ces entités et de leurs propriétés sont rejetées, car elles ne se conforment pas à la bonne manière de procéder. Dans les connaissances comme la biologie et les sciences de l’homme, l’analyse doit se limiter afin de trouver la bonne entité à considérer, qui peut être un ensemble complexe. Là encore, c'est un excès. Il n'y a pas de motif rationnel pour pousser l'analyse à l'infini, sans l'arrêter à un moment donné, jugé propice et intéressant.

Une métaphysique douteuse

La substance est une notion métaphysique qui présente des défauts importants. La substance est d’abord une notion empirique, quelque chose comme un matériau constitutif. Reprise et dépouillée de ses qualités sensibles, elle devient abstraite et désigne ce qui constitue le monde. La substance dérive du concret par une abstraction généralisante. Cette extension trop rapide de l’empirique vers l’ontologique n'est pas légitime. La matière comme substance est une extension métaphysique de l’empirisme spontané. Supposer une substance matérielle, éternelle, omniprésente, infinie, cause de toute chose et existant par elle-même est une hypothèse complexe et indémontrable.

Remplacer la substance par des "occurrences physiques" est moins critiquable, mais affirmer qu'elles sont le constituant fondamental et unique du monde est une affirmation indémontrable. La science actuelle n’a pas montré un tel constituant fondateur, mais seulement que le niveau physique est le plus simple et le plus basique. Que l'on puisse y retrouver certaines des caractéristiques des autres niveaux est certain, mais cela n'interdit pas aux autres d'exister.

Les diverses disciplines scientifiques décrivent différents champs de la réalité qui ne se ressemblent pas et possèdent, chacun,  une détermination propre. Il y a une complétude partielle par niveau de réalité. Par exemple, un phénomène biologique peut être complètement expliqué en utilisant uniquement des concepts et démonstrations de type biologique. Cette détermination par niveau donne lieu à des lois et modèles, dont on voit mal comment on pourrait s'en passer. De plus, l'histoire des sciences montre qu'aucune science spécialisée ne s'est résorbée dans une autre. L'évolution des sciences les pousse à investir des champs de plus en plus diversifiés. La diversité des sciences et des champs de la réalité auxquels elles s'intéressent laisse supposer une diversité du réel qui façonne ces champs. À partir de là, on peut supposer qu'il y a une pluralité du réel.

Une démonstration impossible

Il est impossible de démontrer l'identité entre les occurrences physiques et celles d'un autre niveau. La première raison est pratique, ce serait trop compliqué, le calcul serait trop complexe pour être effectué. Une occurrence biologique correspond à des milliards d'occurrences microphysiques. Comment passer de l'un à l'autre ? Actuellement, selon Étienne Klein (Discours sur l'origine de l'univers, Flammarion, 2010, p. 127), rien ne permet de dire si des lois  biologiques sont autonomes ou dérivées par rapport aux lois physiques.  On ne sait quel  lien de nécessité existe entre le monde physique et le monde biologique.

La seconde raison tient à la constitution du monde tel que la physique nous l'enseigne. Le niveau de la microphysique est aléatoire. Plusieurs configurations dans une situation sont possibles compte tenu des incertitudes. Du fait de la non réversibilité et donc de l'histoire du monde, d'un instant à l'autre, d'autres configurations se produisent. Laquelle choisir, laquelle serait le  double  physique de la propriété biologique ? Une telle entreprise confine à l'absurde.

Le principe central est erroné

Dans le principe central, la première proposition est probablement vraie (un soubassement physique), mais la seconde est fausse. Qu'à toute chose, il corresponde un aspect physique paraît démontré aujourd'hui, mais qu'il soit le seul existant et que tout puisse s'y ramener ne l'est pas. La seconde proposition qui affirme l'absence de toute autre possibilité est fausse.

La différence d'une chose quelconque par rapport à ses constituants élémentaires a d'abord été formulée dans les  termes traditionnels selon lesquels "le tout est plus que la somme des parties". De manière plus élaborée, on peut dire qu'une organisation acquiert des propriétés que ses éléments n'ont pas.

Prenons un exemple simple, à la limite du chimique et du biologique, celui de la formation d'une membrane à partir de molécules polarisées, dont on connaît parfaitement la composition atomique. La membrane se referme spontanément en une vésicule formant un isolat. Les propriétés de la vésicule sont-elles dues aux particules composant les atomes des molécules qui la constituent ? La propriété "former un isolat", c'est-à-dire constituer un intérieur protégé de l'extérieur ne vient pas des atomes constituants, mais de leur agencement, de leur organisation. Un autre agencement produira une autre propriété. Les atomes engagés dans la vésicule participent à de toutes autres compositions, lorsque celle-ci se désagrège. C'est l'organisation qui crée des propriétés et non les composants eux-mêmes. Il y a sans cesse des ajouts lors de l'organisation en niveaux de complexité successivement croissante (voir le secret de l'émergence).

La thèse selon laquelle les objets du monde se sont développés à partir d'objets microphysiques est acceptable, sauf si on ajoute qu'ils le sont uniquement et ne comportent aucune propriété nouvelle. Les sciences chimiques, biologiques et psycho-représentationnelles, montrent au contraire des objets qui sont bien plus que cela.  L'organisation ajoute des qualités qui se traduisent par des propriétés originales. L'organisation crée des propriétés qui n'existent que par l'agencement lui-même et non par celles des composants utilisés. Il y un "ajout". Un ensemble de briques mis en tas et le même ensemble mis en forme de maison n'aura pas les mêmes propriétés, bien que ce soit physiquement les mêmes briques (les mêmes atomes). Il n'y pas identité entre les deux. Si le réductionniste dogmatique était cohérent avec lui-même, il habiterait les tas de briques.

Si l'on porte la discussion sur le plan épistémologique de la constitution de l'objet d'une science, le point central de notre réfutation porte sur le fait qu'on ne peut admettre que les objets désignés par la physique soient exclusifs de tous les autres, qu'ils soient les seuls pertinents. Ils sont seulement les plus simples et les plus fondamentaux. On peut considérer que les différentes disciplines scientifiques s'occupent de niveaux d'organisation de complexité différente. Leurs objets d'étude ont autant d'existence que ceux de la physique. Les processus qui produisent les propriétés que l'on constate, les déterminations que l'on peut trouver dans les champs complexes, n'ont pas de moindre valeur que ceux de la physique. Les phénomènes des niveaux complexes sont des phénomènes comme les autres ; ce ne sont pas des "épiphénomènes".

Le principe d’une réduction ontologique aboutissant au physicalisme est indémontrable et nous soutenons que l'avancée des sciences demande au contraire d'admettre une pluralité ontologique, afin de respecter les différents niveaux de complexité existant dans le monde.

3/ Conclusion : pluralisme contre réductionnisme

La pertinence du réductionnisme dogmatique (systématique) est douteuse. Ses partisans y voient une condition de la science et de son unité. Historiquement, le réductionnisme de méthode a été effectivement une des conditions de la science moderne. Il est assez évident que ramener au plus simple les phénomènes étudiés a permis de trouver des explications et des lois vérifiables. Mais, l'évolution historique montre que progressivement les connaissances scientifiques se sont occupées avec pertinence de phénomènes de plus en plus complexes. Ainsi donc, le principe de réduction méthodologique (principe analytique), n'a pas été appliqué systématiquement et il a été complété par un principe de composition ou de synthèse. Il est raisonnable d'accorder une dignité ontologique aux niveaux d'existence complexes et une dignité épistémologique aux connaissances qui s'y attachent. Au réductionnisme, on peut opposer une attitude pluraliste.

 

Bibliographie et notes :

(1) En 1842. Lettre de Du Bois Raymond à Ludwig, tous deux biologistes, citée par Bernfeld  « Freud Earliest theories and the school of Helmoltz », Psychoanal Quart, 13, 1944.

(2)  Newton I., Optique de Newton, vol 2, Paris, Leroy, 1787, p. 267-268.

(3) Einstein A., Comment je vois le monde, Paris, Flammarion, 1958, p. 141.

(4) Michael Esfeld M., Introduction à la philosophie des sciences, Bruxelles, De Boeck, 2010.

 


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