Le psychisme humain

 

JUIGNET Patrick

 

Le concept de psychisme, au sens moderne du terme, ne désigne ni l'âme ni l'esprit. Il vient de la psychanalyse freudienne qui a tenté de trouver une détermination aux conduites humaines relationnelles et en particulier à leurs aspects pathologiques. Le psychisme, tout en intégrant le fonctionnement cognitif, y associe des aspects neurobiologiques (pulsionnels) et des influences sociales. C'est donc une entité complexe qui n'est pas homogène et, de ce fait, difficile à cerner.

 

Pour citer cet article :

 JUIGNET Patrick. Le psychisme humain. Philosophie, science et société [en ligne]. 2015. https://philosciences.com/Pss/philosophie-et-psychopathologie/psychopathologie-psychiatrie-psychanalyse/148-psychisme

 

Plan de l'article :


  1. Comment aborder le psychisme ?
  2. Une définition du psychisme
  3. Présentation d'un modèle
  4. Le modèle et de son utilisation
  5. La personnalité humaine

 

Texte intégral :

1/ Comment aborder le psychisme  ?

Si la clinique en psychopathologie permet d’établir des faits, la théorie cherche à en donner une explication rationnelle. Cette explication, dans le champ de la psychopathologie et de la psychanalyse, se synthétise en un modèle que l’on appelle généralement la "structure psychique".

Ce modèle théorique, cette structure, correspondent-elles à quelque chose en l'homme ? Il y a deux réponses possibles à cette question. Soit l'on ne s'en préoccupe pas - et l’on prend alors une posture épistémologique dite "instrumentaliste". Soit on suppose qu'il y correspond quelque chose - et l’on prend une posture dite "réaliste". Il n’est pas facile de choisir entre les deux réponses. Voyons pourquoi.

La première réponse instrumentaliste est parfaitement acceptable sur le plan épistémologique. Le modèle du psychisme explique tant bien que mal les faits cliniques, et rien n'oblige à lui donner une existence réelle. Cependant, cette réponse est insatisfaisante. Elle laisse en suspens la question de savoir ce qui génère les conduites et symptômes, et il est difficile de soutenir que « rien » puisse produire des faits constatables. Quant à la deuxième réponse, réaliste, elle impose de définir la nature de l'entité supposée exister, et on tombe alors sur une difficulté majeure :elle est très difficile à définir.

Freud, avec sa "métapsychologie", est le premier a avoir donné un modèle du psychisme. Mais il est toujours resté flou sur la nature du psychisme et ce n'est pas sans raison. A posteriori, on peut dire que l'obstacle vient de ce que le psychisme n'est pas homogène ; c'est une entité mixte au sein de laquelle les aspects biologiques, cognitivo-représentationnels et sociaux-culturels sont intimement mêlés, si bien qu'on ne peut lui donner un statut ontologique unifié.

2/  Une définition du psychisme

Le psychisme est d’abord une entité théorique, un modèle construit à partir des comportements affectifs et relationnels des individus humains afin de les expliquer. Par modèle, on entend un système abstrait et simplifié qui permet des explications et des prévisions. En psychopathologie, la clinique permet d’établir des faits et la théorie cherche à en donner une explication rationnelle. Cette explication, dans le champ de la psychopathologie, se synthétise en un modèle du psychisme, souvent nommé la structure psychique, car ce modèle forme un ensemble structuré.

Y a-t-il en l’homme un référent à ce modèle ? Le plus probable, au vu des connaissances actuelles, est de considérer que cette entité est mixte et comporte des aspects neurobiologiques et cognitivo-représentationnels intimement mêlés. De plus, par le biais des composants cognitivo-représentationnels, le psychisme intègre les influences sociales et culturelles (normes sociales, loi commune, règles éducatives). C'est au sein du psychisme que l'énergie pulsionnelle d'origine biologique se transforme en processus qui généreront une partie de la pensée et des conduites humaines.

Prenons l'exemple d’un individu ayant des conduites relationnelles identiques et répétitives. Ceci doit nécessairement être inscrit et mémorisé chez cet individu pour expliquer la constance des conduites objectivement constatées, car il n'y a pas de génération spontanée des conduites humaines. Cette inscription, à laquelle on rapporte la détermination des conduites, peut être nommée un "schème relationnel". Cela étant, il faut préciser cette idée : comment ce schème persiste-t-il ? Deux hypothèses s’offrent : c’est soit sous une forme neurofonctionnelle, soit sous une forme cognitivo-représentationnelle. En l’état actuel du savoir, il est parfois impossible de se prononcer. Une solution consiste à ne pas se prononcer sur sa nature. Cela veut dire que l'on propose un modèle, une théorie, sans se prononcer sur la nature exacte de son référent. Mais on peut toutefois  supposer qu'il existe.

Suite à ce préambule, nous pouvons définir le psychisme de la manière suivante :

 - Il existe une entité complexe, repérable en chaque individu humain et elle génère les conduites, traits de caractère, types de relations, sentiments, symptômes, etc., décrits par la clinique.

- Cette entité évolue au fil de la vie inividuelle et acquiert des contenus qui dépendent de facteurs relationnels, éducatifs, sociaux, et de facteurs biologiques et neurophysiologiques.

- Il est possible de construire un modèle théorique rationnel et cohérent de cette entité à partir des faits cliniques. Ce modèle a d’abord une valeur opératoire, celle d’expliquer la clinique en intégrant les différentes influences qui agissent sur l’individu humain.

- L'entité comporte à la fois des aspects neurobiologiques et cognitivo-représentationnels qui ne sont pas toujours départageables. Elle intègre des influences relationnelles, culturelles et sociales, et enfin des facteurs biologiques individuels.

À partir de là, on comprend que le terme de « réalité psychique » est inadéquat. La réalité empirique est factuelle et le psychisme, qui est une entité supposée à partir des faits cliniques, ne se confond pas avec eux, même s’il s’agit de faits "mentaux". Le psychisme a une double nature à la fois neurobiologique et cognitivo-représentationnelle et il intègre la socio-culture. Il opère chez un individu la difficile synthèse entre tous ces aspects. 

3/ Présentation d'un modèle

L'appareil ou structure psychique

La constitution d’un modèle, c'est-à-dire la description dynamique qui a été métaphoriquement appelée "appareil psychique", correspond à une branche de la psychanalyse appelée métapsychologie par Freud (1915). La pensée structuraliste a substitué le terme de "structure" à celui d’appareil et évincé le terme de système. Ce dernier serait préférable, car le modèle proposé est constitué par un ensemble d’éléments interdépendants et hiérarchisés qui forment un tout, ce qui définit un système. Une structure qualifie quelque chose de fixe, alors que le modèle est dynamique et évolutif (voir après). Toutefois, le terme "structure psychique" étant couramment employé, il est difficile de revenir en arrière.

Ce modèle théorique est construit pour expliquer la clinique. Il présente des avantages et des inconvénients.

- Conçu dans un mouvement inductivo-déductif, il constitue un guide utilisable en pratique à titre explicatif et prédictif. C’est un énorme avantage, car la pratique n’est pas laissée à une pure empiricité sujette aux dérives de la psychologie populaire.

- L’inconvénient de ce modèle, c'est qu’il n’est pas susceptible d'une vérification expérimentale et qu’il n'est pas « falsifiable » (réfutable) au sens donné à ce terme par Karl Popper (1962), qui en fait un critère de scientificité. En effet, il ne permet pas des prédictions exactes, mais seulement des prévisions conjecturales un peu floues.

- Le modèle fonctionne comme un « simulateur », il reproduit de manière abstraite un fonctionnement global permettant certaines prévisions (par exemple, si on change telle condition, il se produira cela).

- Il est imparfait et les recherches à venir devront l'affiner, le complexifier, et s’efforcer d’augmenter sa cohérence et sa pertinence.

La forme générale du modèle

La théorie met en jeu un ensemble de fonctions, d’instances, d’imagos et de mécanismes complexes. L'image du cristal employée par Freud (1932) est intéressante pour situer l'idée de structure. Elle introduit l'idée d'une organisation géométrique stable. Cette analogie introduit cependant une idée critiquable : celle d'une rigidité anguleuse fixée dans des formes précises et distinctes, constituées en blocs homogènes. Cette seconde idée convient mal au psychisme humain et, selon nous, il vaut mieux introduire souplesse et flexibilité dans la modélisation.

Les arguments en faveur d'un modèle souple sont divers. D’abord, la clinique offre souvent des tableaux nuancés, si bien que les structures que l'on construit à partir des cas cliniques ne correspondent pas toujours à une forme bien précise. Ensuite, le psychisme s'édifie progressivement et donc le modèle qui prétend en rendre compte doit être évolutif. Lors de la psychogenèse, les éléments constitutifs du psychisme ne se développent pas à la même vitesse et de la même manière, si bien qu’au terme de l'évolution, on n'a pas un ensemble absolument homogène et cohérent. Enfin, la structure est composée de sous-structures articulées entre elles de façons diverses et il n'y a pas de raisons valables pour considérer que l’ensemble forme un bloc homogène.

Compte tenu qu'il n'y a pas un nombre limité a priori de combinaisons possibles entre éléments, plusieurs types de structures sont envisageables. Dans l'état actuel des connaissances, on décrit deux ou trois grands types d’organisation de la structure psychique. Pour notre part, nous admettons au moins trois types de structures : structure névrotique, structure psychotique, structure intermédiaire. Pour chacune, les éléments constituants présentent des particularités (ils sont présents ou absents, plus ou moins investis, plus ou moins efficaces), leurs relations sont différentes (agonistes, antagonistes, tempérées ou pas). Ces types constituent des formes stables. Il se peut qu'on ait besoin d'en inventer d'autres dans l'avenir.

En pratique, l'élaboration de la structure est subordonnée à la clinique, car elle concerne un individu particulier. Pour éviter de préjuger de cet individu, il faut commencer par évaluer ses particularités avant de penser en termes généraux, ce qui signifie que l'induction doit toujours prévaloir sur la déduction. Si l'on procède à l'inverse, le risque d'erreur est évident. Considérant d'emblée, ou trop vite, le type d’organisation, on risque de forcer la clinique pour la faire rentrer dans le moule, ce qui conduit à des erreurs. La clinique est première et la théorisation ne doit venir qu'après une prudente élaboration théorique, respectant les nuances individuelles.

Cette synthèse constitue ce que Freud appelait la « boussole métapsychologique ». Cette boussole doit être suffisamment simple et légère pour pouvoir être sortie à tout moment, afin de se repérer utilement. Dans la pratique, c’est un instrument pour penser qui doit être mis en œuvre régulièrement, afin de ne pas se perdre dans les méandres existentiels, ce qui ferait retomber dans la psychologie populaire.

4/ Le modèle et de son utilisation

Il est difficile de donner brièvement une idée du modèle utilisé, car il est assez complexe. Nous allons proposer dans ce paragraphe un bref résumé des notions généralement admises. (Pour plus de précision voir l'artlcle associé : Un modèle du psychisme)

Le psychisme comporte des "fonctions" qui sont des processus actifs donnant des capacités. Ce sont le contrôle émotionnel, la fonction réalitaire (qui permet de distinguer réalité et imagination), les grandes fonctions cognitives et représentationnelles. En effet, le fonctionnement cognitif participe pleinement au psychisme. Il s’intègre aux « processus » que nous verrons après.

Les "processus psychiques" sont de trois types : les processus archaïque, primaire et secondaire. On peut dire que ce sont des modes de fonctionnement de l’appareil psychique comme l’écrivent Laplanche et Pontalis (Laplanche J. et Pontalis J.-B., Vocabulaire de psychanalyse, Paris, PUF, 1978). Il s’agit du traitement des affects et des représentations concernant soi-même, l’environnement concret et social, et surtout la vie relationnelle, étroitement liés à l’investissement pulsionnel. Il y a donc une mixité des processus.

Les constituants de base sont des composants présentant une unité et une stabilité. On distingue "les imagos", "les structures fantasmatiques" et "l'objet" qui est une imago investie liée à une structure fantasmatique dont la mise en jeu entraîne une satisfaction d’ordre libidinale ou narcissique.

Les "instances" sont des systèmes plus complexes. On distingue le ça qui lie les pulsions à des schèmes relationnels. Le moi a une fonction de régulation et de contrôle. Son rôle principal est de gérer des exigences diverses et contradictoires : exigences pulsionnelles par rapport à celles de la réalité, rapports antagonistes des instances entre elles. À partir des identifications primaires, le soi se constitue. Il permet l’unification et l’individuation et finalement l'identité individuelle. En désignant le soi comme instance à part entière, nous nous séparons de la conception classique. Le surmoi mémorise les interdits et les éléments identificatoires issus des parents et de la socioculture. C’est le support de la loi commune lorsque celle-ci a été intégrée, adoptée par la personne. On peut rassembler dans une même notion, le moi idéal, le soi idéal et l’idéal du moi considérés comme formes voisines évolutives.

"La dynamique psychique" répond au jeu des forces en présence et aux antagonismes des instances entre elles. La dynamique correspond aux interactions des éléments que nous avons définis ci-dessus. Opposition, conflit, compromis sont les modalités de cette dynamique. "L’économique" correspond au flux et à la force des investissements. L’économique est indispensable, mais c’est une conceptualisation qui reste assez floue, car la notion « d’énergie psychique » demeure difficile à définir. C’est un concept quantitatif qui reste purement qualitatif, car aucune mesure n’en est possible.

En associant les divers types de fonctionnement, il est possible de retracer des mouvements psychodynamiques typiques. Par exemple, on dira que le refoulement survient comme moyen de défense contre l’angoisse lorsque tel événement, significatif pour le sujet, provoque une poussée pulsionnelle. Sur le plan dynamique, une même organisation psychique peut, selon le moment, avoir des modes de fonctionnement différents. Les circonstances de la vie peuvent rendre une instance efficace ou déficiente, ce qui provoque un dysfonctionnement d’ensemble du psychisme. On a ainsi une explication des conduites. Par exemple, si le moi est renforcé par un environnement cadrant, il peut endiguer certains schèmes relationnels du ça, si bien que les conduites prendront, dans ce cas, une tournure mature et adaptée. Inversement, si les circonstances le fragilisent (perte de repères), le moi perd de son efficacité et donc libère les autres instances. Autre exemple, si le soi subit un déficit massif (lors d’un échec considéré comme grave), il peut déstabiliser le moi et provoquer une régression. Ces déstabilisations sont appelées des « décompensations » lorsqu’elles sont aiguës, mais elles peuvent se chroniciser et provoquer des fonctionnements régressifs durables.

5/ La personnalité humaine

Psychisme et personnalité

Le modèle du psychisme est un système abstrait et simplifié qui a un effet heuristique considérable. Il permet d’expliquer très largement la clinique et de s’orienter dans la pratique thérapeutique. Le psychiatre et psychanalyste Jean Bergeret, à partir de 1970, a œuvré pour que l’on ratache la psychopathologie la personnalité explicité selon la structure psychique.

Comment juger des caractéristiques du psychisme individuel ? En évaluant chaque fonction et système à partir de la clinique. Les fonctions sont-elles efficaces, évoluées et coordonnées entre elles ? Les instances sont-elles archaïques ou bien élaborées ? Quel est l’équilibre pulsionnel au sein du ça ? Il faut aussi juger de la capacité régulatrice du moi, du caractère des structures fantasmatiques et de l’objet. La dynamique est-elle conflictuelle, y a t-il un déséquilibre d’investissement, les mécanismes de défense sont-ils archaïques ou élaborés ? Ainsi, différents types de modèles peuvent être distingués.

La forme stable de cette organisation psychique correspond à ce qui est parfois nommé la "personnalité" de l’individu, car on considère que les traits psychologiques sont des manières durables d’interagir avec l'environnement relationnel et social et qu'ils diffèrent selon les individus.

Le modèle traditionnel du psychisme met en jeu un ensemble de fonctions, d’instances, d’imagos et de mécanismes complexes. L’image du cristal employée par Freud (1932) est intéressante pour situer l’idée de structure. Elle sous-entend une organisation géométrique stable. Cette analogie introduit cependant un aspect critiquable : celle de formes fixes, rigides et bien individualisables, en nombre limité. Il existe des arguments sérieux en faveur d’une vision plus souple.

D’abord, la clinique offre souvent des tableaux nuancés, si bien que les structures que l’on construit à partir des cas cliniques ne correspondent pas toujours à une forme bien précise. Ensuite, le psychisme s’édifie progressivement et donc le modèle qui prétend en rendre compte doit être évolutif. Lors de la psychogenèse, les éléments constitutifs du psychisme ne se développent pas à la même vitesse ni de la même manière, si bien qu’au terme de l’évolution, on n’a pas un ensemble absolument homogène et cohérent. Enfin, la structure est composée de sous-structures articulées entre elles de façons diverses et il n’y a pas de raisons valables pour considérer que l’ensemble forme un bloc homogène.

Une évaluation du type de personnalité

Étant donné qu’il n’y a pas un nombre limité a priori de combinaisons possibles entre éléments, plusieurs types de structurations (organisations psychiques) sont envisageables. Dans l’état actuel des connaissances, on décrit trois grands types d’organisation de la structure psychique : structure névrotique, structure psychotique, structure intermédiaire (à dominante narcissique ou à dominante perverse). Pour chacune, les éléments constituants présentent des particularités (ils sont présents ou absents, plus ou moins investis, plus ou moins efficaces), leurs relations sont différentes (agonistes, antagonistes, tempérées ou pas). Ces types de structures constituent des formes stables et identifiables par l’approche clinique.

Comment juger des caractéristiques du psychisme individuel ? En évaluant chaque fonction et système à partir de la clinique. Les fonctions sont-elles efficaces, évoluées et coordonnées entre elles ? Les instances sont-elles archaïques ou bien élaborées ? Quel est l’équilibre pulsionnel au sein du ça ? Il faut aussi juger de la capacité régulatrice du moi, du caractère des structures fantasmatiques et de l’objet. La dynamique est-elle conflictuelle, y a-t-il un déséquilibre d’investissement, les mécanismes de défenses sont-ils simplistes ou adaptés ? Ainsi, différents types peuvent être distingués. Les aspects nettement pathologiques du caractère sont dus soit à une forme peu élaborée (archaïque) du fonctionnement psychique, soit à un déséquilibre pulsionnel. Quant aux crises bruyantes avec recrudescence symptomatique, elles s’expliquent par une déstabilisation brutale de l’équilibre psychique. L’équilibre qui permettait une adaptation des conduites se rompt et des symptômes évidents et gênants apparaissent.

Conclusion

Le modèle du psychisme donne une intelligibilité aux conduites humaines et permet de différencier divers types de personnalités.Si on prend une psoutre réaliste, et que l'on admet qu'à ce concept il correspond quelque chose en chaque homme, ce sera une entité composite, complexe, qui ne peut pas être située dans un seul champ du réel.

Le psychisme est une entité composite, à cheval sur le cognitif et le neurobiologique. C'est compréhensible dans une ontologie plurielle, qui ne reconnait pas l’opposition esprit-corps ou mental-physique.On peut alors concevoir que le cognitivo-représentationnel et neurobiologique sont en continuité et en interaction. Le psychisme est précisément la désignation de cette zone d’interaction en tant qu’elle peut expliquer les conduites relationnelles de l’être humain au sein d’une socio-culture.

Si l'on étend l'application du concept de psychisme au delà de l'aspect psychologique et que l'on entre dans des considérations philosophiques, on pourrait dire que du mélange incertain entre le biologique, le social et le cognitif, naissent les passions de toutes sortes, les motivations innombrables et les illusions des hommes.

Le psychisme est le concept de ce rassemblement d’influences hétérogènes, dont il faut reconnaître qu'il est chaotique et conflictuel. 

 

Bibliographie :

Bergeret J., La personnalité normale et pathologique, Bordas, Paris, 1974. 

Juignet P., Manuel de psychopathologie générale, Grenoble, PUG, 2015.

Juignet P., Manuel de psychothérapie et de psychopathologie clinique, Grenoble, PUG, 2016.

Laplanche J. et Pontalis J.-B., Vocabulaire de psychanalyse, Paris, PUF, 1978

 

 


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