La psychanalyse pourrait-elle être scientifique ?

 

JUIGNET Patrick

 

La psychanalyse serait, par nature, hétérogène à la démarche scientifique. Pour les uns, c'est une tare rédhibitoire et pour les autres, un caractère distinctif hautement valorisé. Notre question sera la suivante : la psychanalyse pourrait-elle s’intégrer à la psychopathologie et devenir scientifique, bien que son histoire la tienne à la lisière des sciences ?

 

Pour citer cet article :

JUIGNET Patrick. La psychanalyse pourrait-elle être scientifique ? Philosophie, science et société [en ligne]. 2015. https://philosciences.com/Pss/philosophie-et-psychopathologie/psychopathologie-psychiatrie-psychanalyse/134-psychanalyse-scientifique 

 

Plan de l'article :


  1. La démarche de Freud
  2. Le champ empirique de la psychanalyse
  3. La nature du psychisme
  4. Les théorisations psychanalytiques
  5. L’enjeu de la scientificité

 

Texte intégral :

1. La démarche de Freud

Sigmund Freud avait espéré que la psychanalyse soit une science. La postérité n’en a pas décidé ainsi. Rappelons les étapes décisives de sa recherche afin de réfléchir sur les problèmes épistémologiques qui se sont posés et qui n’ont pas été résolus.

1.1 Les débuts 

Freud s’est appuyé sur la biologie de son temps (voir par exemple Sulloway F. J., Freud biologiste de l’esprit, Paris, Fayard, 1981). Au tout début de sa recherche, il a tenté une neuropsychologie explicative, l’Esquisse d’une psychologie scientifique, qui est restée sans suite. Se rendant compte de l’impossibilité de cette démarche, il l’a abandonnée, quoique sans renoncer à s’appuyer sur la biologie.

Vint alors un travail décisif pour son cheminement intellectuel. Freud a étudié l’hystérie et plus particulièrement les paralysies hystériques lors de son séjour dans le service de Jean-Martin Charcot, en 1886. Il lui est apparu que certaines paralysies ne pouvaient avoir une détermination neurophysiologique, car leurs caractères cliniques étaient incompatibles avec ce type de détermination. En effet, la distribution anatomique de la paralysie constatée ne correspondait pas à celle des trajets nerveux. Il fallait donc supposer un autre type détermination. Freud la trouva dans la finalité du geste.

Il pensa pouvoir théoriser ce genre de détermination en utilisant la notion de « représentation ». La détermination de la paralysie viendrait des représentations. Dans son article de 1893, Quelques considérations pour une étude comparative des paralysies motrices organiques et hystériques, il fait l’hypothèse d’une « altération fonctionnelle sans lésion organique concomitante », constituée par deux faces inséparables, « l’excitabilité physiologique » et « la représentation ou l’accessibilité associative ».

Au passage, il a pris une importante leçon sur ce que doit être la clinique. Comme il faisait remarquer au patron de la Salpêtrière que les symptômes décrits ne répondaient pas au dogme admis, Charcot lui répondit « ça ne les empêche pas d’exister ». Le sous-entendu épistémologique, c’est que les faits doivent primer sur la théorie et que le praticien doit se plier à eux (et non l’inverse). Freud l’ayant rapporté dans sa correspondance, cela donne à penser que le conseil n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd.

Nous avons là l’originalité profonde de la psychanalyse qui distingue deux champs, neurophysiologique et représentationnel, sans les cliver ni les opposer, avec, du point de vue de la méthode, l’affirmation de la primauté de la clinique sur la théorie. S'y ajoute le postulat d'un "déterminisme psychique". La ferme croyance au déterminisme est la condition de la recherche scientifique. Si les conduites humaines étaient parfaitement hasardeuses ou arbitraires, la possibilité de les connaître serait réduite à néant. La clinique montre que les enchaînements nécessaires supposés exister sont bien au rendez-vous. Freud ouvre la possibilité d'une recherche scientifique concernant les conduites, les symptômes pathologiques ou les productions mentales.

Freud n'a cessé d'espérer que la psychanalyse soit une science, évoquant d'abord un science de la nature (Naturwissenschaft) puis une science spécialisée (Specialwissenschaft) et son intégration aux sciences de l'esprit (Sigmund Freud présenté par lui-même, Paris, Gallimard, 1984, p. 83.). En I933, il réitère cette affirmation de scientificité dans la septième des Nouvelle conférences sur la psychanalyse : c'est une Specialwissenchaft.

1.2 La désignation d’un référent

À quoi s'intéresse la psychanalyse ? Son référent premier est complexe. Il s’est constitué sur plus de dix ans à partir de la réorientation des travaux de Sigmund Freud. Nous allons donner quelques indications pour le cerner.

Le champ d’investigation

Vers 1890, Freud, qui exerce en tant que médecin, étend son champ d’investigation médical vers des domaines qui sont traditionnellement dévolus à la littérature et à la philosophie (l’anthropologie et la psychologie). Il ne s’intéresse plus seulement aux symptômes corporels, mais aux perceptions, sensations, souvenirs, sentiments, idées, actes‚ fantasmes, rêves nocturnes, rêveries diurnes, etc. Ce sont là des productions mentales.

Mais en plus, il considère ce qui est véhiculé par l’entourage familial et par les conditions culturelles du patient et qui a un impact sur lui. Par exemple, ce qui concerne l’identité, les appartenances, les règles de conduite. Ce sont les apports familiaux verbalisés ou implicites ou les données symboliques appartenant à la culture.

Il aborde ces aspects mentaux et culturels de manière clinique. Faire de la clinique c’est, confronté à un humain, produire des faits pertinents et en donner une description objective (non déformée) qui soit transmissible à la communauté scientifique. Certes, dans le cas présent, c’est une réalité qui concerne pour une grande part la subjectivité des patients, mais elle n’est pas vue selon la subjectivité du praticien. La clinique ne consiste pas dans une compréhension intersubjective, mais dans l’objectivation du subjectif. Le matériau est subjectif, mais la méthode est objectivante. C’est là où Freud se différencie radicalement des psychologies en cours et ouvre une voie de recherche nouvelle. Il crée ainsi un champ factuel caractéristique.

La détermination des faits

Dans le même temps, Freud s’attaque à rechercher la détermination de ce qui se présente à lui, que ce soit les symptômes, les problèmes caractériels ou les bizarreries comportementales. Cette recherche le mène dans deux directions, d’une part du côté de l’histoire individuelle et d’autre part du côté d’une entité qui mémorise le passé et agit dans le présent.

Les premières recherches de Freud le portent vers les événements traumatisants qui ont marqué le passé des patients et qui semblent avoir déterminé leur névrose. Mais, dès les Etudes sur l’hystérie (1895), ce ne sont plus des événements ponctuels, mais les histoires complètes des patients qui sont relatées. Ces récits ont une allure littéraire. C’est, dit Freud, pour ne pas perdre la richesse de la moisson. Toutefois, ces récits de vies individuelles et familiales doivent avoir une tournure explicite et objectivante, car raconter une histoire n’est pas la finalité de l’exercice. Il ne s’agit pas d’écrire un roman, mais de constituer le matériau de l’étude. 

Dès le début, Freud remarque que ce sont les souvenirs qui jouent un rôle. Le souvenir n’est pas l’événement lui-même, mais la trace qu’il a laissé dans la mémoire (en particulier la trace émotionnelle). Il individualise une double trace sous forme de représentation et d’affect. Puis, viendra la notion d’après-coup. Concernant cette trace, ce sont les remaniements ultérieurs (principalement de l’adolescence) qui la rendent traumatisante, car elle se charge de significations et d’affects qu’elle n’avait pas à l’origine.

Le psychisme est cette entité intermédiaire entre le passé et le présent (une mémoire affective) qui agit au présent. Cette entité supposée doit être théorisée, car c’est grâce à cette théorie que les faits cliniquement constatés seront expliqués. C’est la référence au psychisme qui fait le propre de la psychanalyse.

Freud le note explicitement dans son livre sur l’interprétation des rêves. Sur un plan purement descriptif, il reprend ce qui a déjà été fait avant lui, mais sur le plan explicatif, il procède tout autrement : il procède par référence au psychisme. Les rêves sont explicables par les mécanismes psychiques. Cette attitude vaut pour l’ensemble des faits cliniques : ils sont considérés comme étant déterminés psychiquement.

La clinique psychanalytique s'attache à décrire tout ce qui témoigne de l'activité psychique : les productions subjectives les plus diverses (des rêves aux pensées rationnelles), les conduites (des minuscules actes manqués aux grandes actions) et tous les symptômes et syndromes de la clinique psychiatrique.

Le référent de la psychanalyse

Le référent de la psychanalyse associe les faits construits par une méthode clinique élargie aux aspects culturels, avec la mémorisation de l’histoire individuelle et familiale, le tout rapporté à une entité, le psychisme, par l’intermédiaire de laquelle passe la détermination des faits constatés. Ce référent s’est mis en place de 1886 à 1893 pour l’essentiel, puis a rebondi par la modélisation du psychisme proposée vers 1905 (théorie nommée la « métapsychologie »). À ce moment, on peut considérer qu’il est constitué.

La psychanalyse étudie les conduites des individus humains au sein du groupe social dans le domaine affectif et relationnel. Elle ne considère pas un homme isolé, mais un être humain pris dans l’interaction avec ses proches et la culture. Mais surtout, la psychanalyse étudie les conduites en tant qu’elles ont une détermination interne à l’individu. Plus précisément, cela signifie que les conduites humaines ne sont pas considérées comme existant par elles-mêmes de manière autonome, mais qu’elles sont produites par une entité interne à l’individu nommé le psychisme.

Le référent de la psychanalyse est triple, car il associe des phénomènes observables à une détermination individuelle actuelle, mais renvoyant au passé. On pourrait appeler ce référent « les conduites humaines et leur détermination individuelle au sein du collectif familial et culturel. Un tel référent peut-il se préciser en objet d’étude scientifique ? En arrière-plan, un gros problème épistémique menace, celui de la nature du psychisme.

1.3 Le problème insoluble du psychisme

Concernant le psychisme, Freud, au début de son travail, a une approche empiriste. Les perceptions, sensations, souvenirs d’événements, sentiments, émotions, idées, actes‚ motions, fantasmes, rêves nocturnes, rêveries diurnes, sont les matériaux qui le constituent. Autrement dit, les aspects mentaux constatés par la clinique sont attribués au psychisme. Freud parle volontiers de phénomènes. On trouve des expressions comme « phénomènes psychiques » (Abrégé de psychanalyse, Paris, PUF, p. 22) ou « groupe de phénomènes » (Résultats. Idées. Problèmes, t. 2, Paris, PUF, p. 292). Pour Freud, le psychisme a, de prime abord, un aspect factuel, il est composé d'éléments qui apparaissent (ou sont susceptibles d'apparaître) dans l'expérience empirique. Cette expérience est principalement interindividuelle, puisque ces aspects sont communiqués dans la situation clinique.

Les éléments empiriques ne restent pas bruts. Ils sont schématisés par les concepts de représentation et d'affect issus de l'associationnisme. Freud donne ainsi forme à son expérience et la ramasse en éléments homogènes susceptibles de se composer entre eux. L’emploi de la psychologie associationniste pousse vers l’analyse, c'est-à-dire à théoriser en termes élémentaristes. Les représentations élémentaires d’ailleurs devront être rapidement regroupées en « complexes ». C’est là un mouvement synthétique, complémentaire de l’analyse.

Mais, il se trouve que certains « complexes de représentations » ne peuvent pas être saisis empiriquement, ce qui pose un problème très sérieux ! Ils sont dits « inconscients ». Freud parle de groupes de représentations isolés ne pouvant être perçus, ni communiqués. Il y a là une contradiction, puisqu’un fait est nécessairement perçu empiriquement. S’il ne l’est pas, ce n’est pas un fait. Quelque chose qui est postulé comme nécessaire, mais est inaccessible empiriquement n’est pas un fait, c’est une entité d’un autre genre.

Ce problème conduit vers l’idée du psychisme comme ordre de détermination, que l’on suppose, car constitué d’éléments non perceptibles. Il est aussi présumé à partir des représentations, des événements, et des symptômes qu’il est censé déterminer. Dans cette acception, le psychisme est une entité non empirique, un ordre, dont la nature est indéterminée. Il ne se confond pas avec le champ des phénomènes à partir duquel on en montre l'existence. Il y a pour Freud « la nécessité d’admettre une réalité psychique derrière la vie de l’âme » (Lettre à Mme Favez Boutonier, Bulletin de la société française de philosophie, n°1, 1955). L’âme s’entend ici au sens des faits mentaux. La définition empirique du psychisme est contrariée dès le début des recherches de Freud.

En ce qui concerne la théorisation du psychisme selon le modèle métapsychologique, Freud prend souvent une position non réaliste. L'appareil construit pour modéliser le psychisme, ce n’est qu’un schéma théorique opérationnel construit à partir des faits. Le terme de métapsychologique est là pour marquer la différence avec le psychologique, qui traditionnellement s’occupe des représentations mentalisées et donc conscientes. Il est devenu une entité posée comme nécessaire, dont on suppose l'existence. Le psychisme inconscient est une chose que « l'on ignore absolument, mais à laquelle cependant des arguments péremptoires nous obligent à conclure ». « L'analyste lui aussi se refuse à définir l'inconscient, mais il peut mettre en évidence le groupe de phénomènes dont l'observation lui fait postuler l'existence de cet inconscient » (Le Mot d'esprit dans ses rapports avec l'inconscient, Paris, Gallimard, p. 268). On voit l’embarras de Freud lorsqu’il indique qu’on ne peut définir le psychisme, mais que toutefois on peut affirmer son existence et en donner un modèle. Ce modèle est plus ou moins abstrait, plus ou moins imagé, plus ou moins complet, plus ou moins cohérent, comme le montre l'évolution des conceptions métapsychologiques.

Cette entité psychique ne se limite pas au représentationnel, car les représentations ont aussi une inscription cérébrale. Le psychisme est aussi de nature neurologique et plus généralement biologique, car le domaine hormonal est régulièrement évoqué. Pour dire ce rapport, Freud a utilisé une métaphore géologique : « pour le psychisme, la biologie joue le rôle du roc qui se trouve au-dessous de toutes les strates » a-t-il suggéré dans Analyse finie et analyse infinie (1937). La psychanalyse étudie « l’activité psychique de l’écorce cérébrale » écrit Freud en 1895. Il rappelle en 1920 (Dualisme des instincts) que, dans l’avenir, la biologie donnera des réponses qui pourront contredire l’édifice métapsychologique. C’est donc qu’il considère que le psychisme est lié au niveau biologique. Nous insistons sur ce point, car la vulgate psychanalytique prétend le contraire, si bien qu’on reproche à Freud un dualisme auquel il est foncièrement étranger.

Le concept de pulsion note, qu’outre son rôle de support, le biologique intervient causalement dans le fonctionnement psychique lui-même. La pulsion nomme ce qui se joue à la limite entre les deux, et indique le passage des influences biologiques dans le psychique. Elle représente « dans le psychisme les exigences d’ordre somatique » (Abrégé de psychanalyse, 1938). La pulsion d’origine biologique génère les forces à l’œuvre dans le psychisme, elles sont la cause ultime de toute activité. Le ça est constitué par les pulsions organisées dans des formes structurées par les événements de la vie. Autrement dit, ce qui vient du biologique y prend une forme plus élaborée, psychique, dit Freud. Le psychisme freudien est une entité composite à la fois représentationnelle et biologique. Il n’est donc pas facile à situer.

La perplexité de Freud quant à ce qu’il découvre et nomme le psychisme se manifeste par l'utilisation de divers termes pour le qualifier comme « en soi », « réel », « état de choses réel », « réalité inconnaissable », « ce qui est derrière le sensible », etc. In sich est une locution assez fréquente en allemand qui signifie en soi-même. Ce terme fait aussi référence à la vision post-kantienne du monde, répandue dans les milieux scientifiques de l'époque. Dans cette conception, la réalité est connue grâce aux phénomènes, mais, en elle-même (in sich), ontologiquement, on ne sait pas ce qu'elle est. Le réel en soi est inconnaissable, mais peut se refléter dans notre expérience et notre pensée (Abrégé de psychanalyse, Paris, PUF, p. 70-71).

Le terme « en soi » (in sich) renvoie donc implicitement à Kant, mais la référence de Freud à Kant n'est ni fidèle, ni massive. Il s'agit plutôt d'une inspiration épistémologique qui vient du kantisme ambiant. Binswanger a pu écrire « de même que Kant postulait derrière le phénomène la chose en soi, de même (Freud) postulait derrière le conscient, qui est accessible à notre expérience, l'inconscient qui ne peut jamais être l'objet d'une expérience directe » (Binswanger L., Discours, Parcours, Freud. Paris, Gallimard, 1970, p. 275). Il exprime ainsi, en le rapportant à une problématique kantienne, ce que l'on a précédemment constaté chez Freud.

Pourquoi Freud tente-t-il d'assimiler psychisme inconscient et chose en soi ? Probablement cherchait-il un repère pour aborder le problème du rapport entre le factuel (phénoménal) et le non phénoménal, puisque le psychisme s’avère être les deux à la fois, ce qui est contradictoire. La question que se pose Freud est de savoir si les faits perceptibles cliniquement manifestent une chose en soi qui serait alors ce que lui appelle le psychisme inconscient. L’affaire n’a pas été résolue.

S’il en a fermement indiqué l’existence, Freud est toujours resté flou quant à la nature du psychisme. Après avoir montré que le psychisme n’est pas réductible au fonctionnement neurologique, il affirma que le psychisme est un ordre de l’existant possédant une force de détermination propre, à l’égal de tous les autres ordres (physique, chimique, biologique). En cela, Freud s’oppose au réductionnisme, tout en essayant d’inscrire la psychanalyse dans les sciences.

Se refusant le dualisme, il ne pouvait pas situer le psychisme du côté de l’esprit. Mais, le psychisme, bien que lié au biologique, se définissant de n’être pas neurologique (donc pas seulement biologique), Freud n’avait pas d’alternative ontologique valable. Finalement, il resta indécis sur la nature du psychisme, affirmant seulement la nécessité de postuler son existence. De temps à autre, il a utilisé pour se positionner le néokantisme situant le psychisme comme « chose en soi », que l’on peut supposer à partir des phénomènes.

Sigmund Freud en voulant créer une nouvelle science s’est heurté à une série de problèmes difficiles qu’il n’a pas tous résolus. Il a pris le parti d'en laisser certains en suspens pour préserver la poursuite de sa recherche. Aujourd'hui, comment poursuivre ? Si on se place dans la perspective freudienne de la consitution d'une connaissance scientifique spécialisée, on peut tenter de mieux en poser les conditions de possibilité. 

2. Le champ empirique de la psychanalyse

2.1 Des faits issus de la clinique

Aucune science ne s’occupe de phénomènes ordinaires issus directement de la perception spontanée du monde. Toute science construit ses faits selon une méthode qui demande un savoir-faire technique. Les faits dont s’occupe la psychanalyse d’orientation scientifique sont construits par l’activité clinique du praticien. Il s’agit d’une pratique empirique guidée par des concepts et encadrée par une technique. Cette activité clinique vise les conduites de l’individu et en particulier celles qui le mettent en relation avec ses semblables. Elle concerne aussi les traits de caractère, les productions mentales (souvenirs, sentiments, idées, actes‚ fantasmes, rêves nocturnes, rêveries diurnes), les symptômes (mentaux et corporels).

Les conditions environnementales (familiales, culturelles et sociales) sont prises en compte par la psychanalyse qui ne considère pas un individu isolé, mais situé dans son contexte relationnel et historique. Le clinicien note les relations interpersonnelles qui s’instituent dans l’enfance et formeront les prototypes des relations ultérieures. Ce sont des schèmes relationnels qui sont ainsi reconstitués. On porte un intérêt particulier à leurs transformations, car l’histoire individuelle intervient au présent en tant qu’elle est mémorisée et a subi des remaniements au cours du développement individuel.

On peut regrouper ce qui vient d’être désigné ci-dessus en trois catégories. La première concerne les conduites observables affectant la réalité environnementale de l’homme. Il ne s’agit pas des comportements simples réactionnels (comme un réflexe ou un automatisme moteur ou langagier), mais des comportements complexes et finalisés que nous appelons des conduites ou des attitudes et en particulier des conduites interpersonnelles à forte valeur émotionnelle. Les régularités dans les attitudes attribuables à un individu constituent des constantes appelées les traits de caractère.

Deuxième catégorie, les phénomènes mentaux transmissibles comme les pensées, les souvenirs, les sentiments, les fantasmes, les rêves, les rêveries, les délires, etc. Il s’agit de phénomènes produits par l’individu, saisissables par le sens interne et transmis par un média quelconque (langage oral, écriture, dessin, jeu, modelage, etc.).

Les symptômes qui sont des aspects pathologiques bien délimités appartiennent aux deux catégories, car ils peuvent être comportementaux (comme des conduites d’échec, des actes répétitifs) ou mentaux (comme des obsessions ou un délire) ou mixtes comme les phobies (pensées et actes d’évitement).

La troisième catégorie a trait aux données culturelles transmises par l’entourage. Par exemple, concernant l’identité (le nom, le positionnement masculin ou féminin), les appartenances familiales claniques, les codes sociaux, les règles de conduite, les normes et rôles, etc. Ce sont là des aspects culturels imposés et qui, mémorisés précocement par l’enfant, influent sur la formation de sa personnalité.

Comme dans la clinique médicale, la saisie des faits se produit dans l’interaction entre le praticien et le patient. Elle donne lieu à une description qui doit être transmissible sans ambiguïté aux autres praticiens. Les descriptions à visée exhaustive portant sur un individu donnent une « étude de cas » et leur généralisation donne des « tableaux cliniques », tels ceux qui sont décrits dans les manuels de clinique (voir : Juignet P., Manuel de psychothérapie et psychopathologie clinique, Grenoble, PUG, 2016).

La psychanalyse porte un intérêt particulier à la signification (aspects symboliques, sémantiques ou cognitifs au sens large) des faits étudiés. Cette prise en compte de la signification demande une approche compréhensive/interprétative, puis de schématisation/abstraction pour constituer des faits précis et communicables. Ce type de clinique donne un matériel riche et complexe dont l'exposé prend parfois un aspect littéraire, afin d’en restituer la richesse.

2.2 Les problèmes épistémologiques rencontrés

La clinique est une pratique organisée par des concepts et encadrée par une procédure. Faire de la clinique consiste à appliquer une procédure pratique, puis en exposer les résultats de manière communicable pour la communauté. La méthode clinique a une validité, mais aussi des limites du point de vue de la reproductibilité et de la fiabilité.

Les conduites humaines sont facilement descriptibles tant dans leurs aspects pratiques qu’intentionnels. Les phénomènes mentaux aussi, car ils sont rapportés par les patients. Il suffit d’avoir les catégories nécessaires à leur saisie, qui se trouvent dans un certain nombre de manuels. 

Puis, il faut apprendre à les appliquer, ce qui demande de la pratique. Cette mise en œuvre clinique demande un apprentissage qui n'est pas simple et implique un compagnonage. La complexité et la richesse du champ considéré rend difficile la transmission de l’observé et l'évaluation de la qualité du résultat.

La reproductibilité n’est pas possible de manière contrôlée (par expérimentation). Une manière de contourner la difficulté est fournie par la répétition des mêmes observations au cours du temps et au fil des générations. Des régularités constamment retrouvées permettent de compenser les incertitudes.

La théorie comme la pratique portent sur le psychisme comme objet de connaissance ce qui pose un problème épistémologique majeur, car le psychanalyste a lui aussi un psychisme. Il y a donc une interférence entre l'agent de la connaissance et l'objet de la connaissance, car le premier participe du second. Cet aspect pourrait, selon certains, rendre l'objet inobjectivable : inaccessible à une objectivation scientifique.

Ce problème peut être traité par la réflexivité. L'enjeu de la psychanalyse préalable de tout praticien est de mettre en évidence son propre fonctionnement psychique et lui permettre de s'en distancier. La déformation des faits, due au praticien peut être limitée par sa capacité réflexive - mais elle n’est jamais éliminée -.

3. La nature du psychisme

3.1 Le psychisme

Si l’on veut être strict sur la définition, le psychisme se définit comme étant ce qui détermine les faits décrits par la clinique. Le psychisme est « quelque chose dont on ne sait pas ce qu’il est en réalité, mais qui est postulé par des conclusions contraignantes » (Freud S., Le mot d’esprit et ses rapports avec l’inconscient, Gallimard, 1974, p. 268) à partir des faits cliniques. Le postulat fondamental de la psychanalyse est celui d’une détermination des faits décrits, détermination qui est rapportée à une entité nommée le psychisme.

3.2 Les problèmes épistémologiques

– Une entité intermédiaire ?

Est-il légitime de poser une entité intermédiaire comme le psychisme eu égard à la détermination des faits cliniques ? Procéder ainsi, c’est s’appuyer sur un présupposé selon lequel les individus humains ont une autonomie et interagissent avec leur environnement. Il faut supposer que ce qui détermine les conduites humaines est porté par chaque individu. C’est à ce moment qu’intervient l’hypothèse du psychisme. C'est l’entité qui réalise ce support. Pour la psychanalyse, l'organisation psychique individuelle est l'intermédiaire en chaque homme qui explique ses conduites. 

– Option réaliste ou pas ?

Comment situer, sur le plan ontologique, l’entité psychique supposée être l'intermédiaire produisant les faits étudiés ? Première hypothèse, on peut adopter un point de vue instrumentaliste et dire que le modèle métapsychologique est une fiction commode qui ne correspond à rien d’existant. C’est une solution envisageable et correcte épistémologiquement.

Mais, il est aussi légitime de supposer que le psychisme a une forme d’existence. Si le psychisme n’avait pas d’existence, cela supposerait que les faits s’engendreraient par une causalité propre. Or, ce n’est pas le cas. Un comportement n’engendre pas par causalité directe un autre comportement, il faut un individu agissant pour produire un comportement. La question devient : admet-on une existence de ce qui, chez l’individu, produit une détermination des conduites ? Pour qui a une vision réaliste du monde, la réponse est positive.

– Une entité non homogène

Rappelons le dilemme fondateur. L’argument pour différencier le psychique du biologique est l’insuffisance déterminative du second. Le biologique n’est pas suffisant pour expliquer les faits décrits par la clinique psychanalytique. Il faut supposer des représentations. Mais, d’un autre côté, le psychisme est étroitement lié au biologique. Passé ce dilemme originaire, lorsque l’on modélise plus avant l’appareil psychique, on retrouve le même genre d’interrogation.

Si l’on considère les instances psychiques (ça, moi, surmoi), on ne peut dire si elles appartiennent au niveau cognitif et représentationnel ou au niveau biologique. La pulsion est une entité motrice née du biologique apportant une énergie et une orientation. Elle est organisée par des structures fantasmatiques et est modifiée par les instances régulatrices, comme le moi et le surmoi. Dans ces deux dernières instances, entre en jeu un ensemble de significations, définissant ce qui est permis et autorisé en fonction du degré de parenté, qui viennent réguler la pulsion. C’est à partir de cet ensemble qu’elle passe dans les conduites où elle est repérable cliniquement. Il est impossible de tracer une ligne de démarcation dans le psychisme entre les divers aspects concernés.

Les sous-systèmes psychiques ne sont pas organisés hiérarchiquement de manière régulièrement croissante en complexité, si bien que l’on pourrait dire, par exemple, que le « ça » serait à placer au niveau biologique et, qu’à partir du « moi », il faudrait supposer l’émergence d’une organisation de type informationnelle. Nous sommes dans une complexité qui demandera, pour être explicitée, de longs et très patients ajustements.

Examinons le processus d’après-coup par lequel les événements mémorisés font effet ultérieurement. L’après-coup, lorsqu’il concerne la sexualité, vient du développement tardif de la sexualité adulte qui est dû à la puberté. Or, la puberté est sous dépendance hormonale, c’est-à-dire biologique. Par ailleurs, les schémas relationnels qui gouvernent la sexualité, mis en place dans l’enfance et remaniés ultérieurement, ont une inscription massivement représentationnelle, car ils sont liés à une représentation des autres et des relations symboliques entre personnes. Il s’ensuit que les niveaux représentationnel et biologique sont nécessaires pour expliquer ce qui est d’abord une description clinique : certains événements ne font effet que plus tard.

Il s’ensuit que le psychisme est une entité complexe au sein de laquelle les aspects biologiques et cognitivo-représentationnels sont mêlés. Sur le plan ontologique, il est fondamentalement mixte. Certains considèrent le psychisme comme émergeant du biologique (Ansermet T., Magistretti P., « L’inconscient au crible des neurosciences », La Recherche, n° 397, Mai 2006, p. 36). L’idée d’émergence est excellente, mais pas pour le psychisme, qui n’est pas un niveau d’organisation homogène. Le cognitivo-représentationnel émerge du biologique, mais le psychisme est à cheval sur les deux.

4. Les théorisations psychanalytiques

4.1 Les différents types

La théorie psychanalytique a deux visages, d’une part elle donne une description et une schématisation des conduites et attitudes humaines et d’autre part elle produit un modèle du fonctionnement psychique.

La psychanalyse décrit les conduites et attitudes de l’homme en relation au sein du cadre familial et sociétal. L’observation de ces conduites conduit à énoncer des régularités qui seront ensuite vérifiées au fil des cas particuliers. Nous sommes dans le cadre d’un procédé empirique inductif, avec ses limites. Les conduites décrites sont généralement retrouvées, mais pas toujours. On ne peut affirmer une constance absolue (d’où la bataille sur l’universalité du complexe d’Œdipe). L’ensemble constitue une anthropologie empirique, il donne une certaine vision de l’homme.

Les relations entre les individus et, en particulier, les relations familiales s’inscrivent chez l’individu et, ultérieurement, cette inscription et ses remaniements vont déterminer les conduites. Ces schèmes relationnels mémorisés sont déterminants. Cette théorie se complique lorsqu’il faut rendre compte de la manière dont les schèmes s’inscrivent, interfèrent avec d’autres et sont modifiés par intégration dans une structure complexe.

La psychanalyse théorise le psychime par des processus et mécanismes. L’investissement, également nommé l'affect, donne la force, l’énergie mobilisatrice qui renvoie au fonctionnement neurobiologique. Mais, les processus comportent des aspects cognitifs et représentationnels comprenant un savoir complexe sur l’autre, sur soi, sur le monde humain, sur l’autorisé et l’interdit, etc.

La théorisation aboutit à la « métapsychologie », qui fournit un modèle du psychisme à la fois structural et fonctionnel. Le procédé est inductif et déductif. Du côté inductif, il consiste à partir du matériel élaboré par la clinique pour lui faire subir une abstraction schématisante qui aboutit à décrire des processus représentationnels et les forces psychiques à l’œuvre. Du côté déductif, il s’agit de partir de concepts généraux concernant les traitements effectués (processus, mécanismes, jeu des instances) et de l’influence du biologique (pulsions).

Le modèle métapsychologique du psychisme permet de comprendre les différences entre les types de personnalité, de donner des explications sur les conduites et de faire des prévisions sur les manières de réagir. Il explicite un ensemble de conduites au travers de fonctions, processus, etc., que l’on attribue au psychisme. Il s’agit de proposer un ensemble fonctionnel cohérent dont le fonctionnement se fait selon des processus réguliers, toujours les mêmes (voir l’article : Un modèle du psychisme).

4.2 Problèmes et particularités

La psychanalyse n’est pas expérimentale, sa méthode est clinique. La clinique est faite par un clinicien dans des conditions méthodologiques qui doivent être respectées pour que les faits soient valides. Cette méthode clinique fonde le champ empirique. La conséquence est que la psychanalyse est applicable effectivement et concrètement, mais au prix d’une pragmatique moins fiable que l’expérimentalisme.

Des imperfections épistémologiques existent dans la théorisation, tout simplement parce que les connaissances sont encore embryonnaires. Les régularités concernant les relations interhumaines issues des données cliniques sont encore mal systématisées. Elles font l’objet d’un enseignement éclectique. Il y a un énorme travail de clarification et de systématisation à effectuer. Le modèle du psychisme est imprécis. Pour une instance donnée, sa fonction, ses effets, ses limites sont mal délimités. Des désaccords existent sur le nombre d’instances à considérer. Par exemple, faut-il dissocier l’instance identitaire (le soi) de l’instance régulatrice (le moi) ?

Dans le rapport entre théorie et clinique, c’est la clinique qui doit primer et commander les développements théoriques. Le modèle du psychisme est là pour expliquer la clinique, et non l'inverse comme on le voit parfois. Si ce rapport s’inverse, alors la psychanalyse devient dogmatique et déréalisante. C’est malheureusement assez souvent le cas.

La théorie métapsychologique ne donne pas une idée précise et adéquate du psychisme, car les développements sont actuellement insuffisants. Il faudrait mieux délimiter les structures et fonctions des instances. Il faudrait aussi confronter les acquis théoriques avec les connaissances voisines (neurobiologie, psychologie expérimentale, psycholinguistique, etc.) pour les améliorer.

5. L’enjeu de la scientificité

Pour l'instant, la psychanalyse fait partie de cette nébuleuse « psy » qui comprend d'innombrables écoles psychologiques concurrentes et de très nombreux procédés incertains qualifiés de « thérapies » (plusieurs centaines). Cette nébuleuse présente les caractéristiques épistémologiques de ce que Thomas Kuhn qualifie de « pré-science » : on y voit se développer une activité désordonnée occasionnée par un désaccord sur les fondamentaux. Thomas Kuhn note que les tenants d'une discipline sans paradigme se disputent, s’entre-déchirent, s’accusent mutuellement de biais idéologiques, ou coexistent dans l’indifférence des écoles s’autorisant des noms fondateurs. Effectivement, on parle de psychanalyse "freudienne", ou "adlérienne, ou "jungienne", ou "lacanienne".

Aller vers la science demande une volonté. Cette volonté n’est pas partagée par la communauté des psychanalystes et beaucoup préfèrent considérer la psychanalyse comme une pratique culturelle spéciale. Actuellement, ce choix domine et provoque la fuite de ceux qui adoptent la science comme mode de connaissance valide, ce qui engendre un cercle vicieux. Il existe toutefois un courant qui tente d’intégrer la psychanalyse à la psychopathologie et cherche à la rendre plus scientifique.

Dans cette perpective la psychanalyse associe une activité empirique (de type clinique et thérapeutique) qui produit des faits transmissibles et contrôlables. L’activité théorique schématise ces faits, puis donne du psychisme, en tant qu’il les détermine, un modèle structural et fonctionnel. À partir de ces considérations, on peut dire que la psychanalyse a un objet pertinent et qu’elle pourrait s’intégrer dans les sciences applicables à l’homme, même si sa méthode présente des incertitudes irréductibles quant à l'objectivation des faits.   

La conception de la psychanalyse proposée est une "version de la psychanalyse" parmi d'autres pour reprendre les termes de Claire Pagès. Une version qui l'intégrerait à la psychopathlogie, ce qui n'est pas contraire à l'ambition de Freud qui affirma lors d'une conférence en 1916 : La psychanalyse "veut donner à la psychiatrie la base psychologique qui lui manque" (Freud S., Introduction à la psychanalyse, Paris, Petite bibliothèque Paillot, 1981, p. 11). 

"Les versions de la psychanalyse les plus à même de la rapprocher des sciences humaines, voire de l'inscrire dans leur champ, sont également celles qui souvent proposent une lecture déflationniste de ses principes (inconscient, fantasme, sexualité, théorie des pulsions)". Elles auraient "pour coût le sacrifice de l'inconscient dans son hétérogénéité foncière" (Pagès C., "L'inconscient", in : Philosophie des sciences humaines, Paris, Vrin, 2017, p. 209).

Mais, si l'hétérogénéité radicale de l'inconsient était une mystification, il n'y aurait aucune perte.Tout donne à penser que le fonctionnement psychique est dans son ensemble inconscient et qu'il n'y a là aucun profond mystère, aucun puits insondable hétérogène au savoir. C'est une entité, dont on postule l'existence de manière légitime, qui se manifeste par les conduites et symptômes qu'elle génère et, sous certaines formes, dans la pensée consciente.

Vue sous cet angle, la psychanalyse a pour référent les conduites humaines déterminées par les schèmes mémorisés et remaniés par le psychisme. Si on détaille un peu, il suffit de trois propositions pour la cerner.

1/ La psychanalyse se définit d’abord par son champ factuel, c’est-à-dire ce qui est empiriquement saisi par la clinique et modifié par la thérapeutique, à savoir les symptômes, les conduites et les relations humaines.

2/ La psychanalyse ne vise pas l’un des niveaux d’organisation constitutif de l’homme, mais au moins deux, qu’elle ne peut dissocier : l’interaction des niveaux neurobiologique et cognitivo-représentationnel.

3/ Pour ces deux motifs, le psychisme se définit comme un concept opérationnel servant à expliquer la clinique et à guider la thérapeutique. Son statut ontologique est mixte, non homogène et il n’a rien à voir avec ce que la modernité nomme l’esprit (voir l'article : L'idée d'esprit).

La réponse à la question de départ est donc plutôt positive, la psychanalyse en évoluant pourrait prétendre s’intégrer dans les sciences, même si, pour l’instant, elle fait partie de la nébuleuse pré-scientifique du « psy ».

 

Bibliographie :

Ansermet T, Magistretti P., « L’inconscient au crible des neurosciences », La Recherche, n° 397, Mai 2006.

Assoun P.L., Introduction à l'épistémologie freudienne, Paris, Payot, 1981.

Binswanger L., (1947) Discours, Parcours, Freud, Paris, Gallimard, 1970.

Freud S., (1905) Le Mot d'esprit dans ses rapports avec l'inconscient, Paris, Gallimard,1930.
Freud S., (1938) Abrégé de psychanalyse, Paris, PUF. 1975.
Freud S., (1921-1938) Résultats, idées, problèmes, t. 2, Paris, PUF, 1985.
Freud S., (1916) Introduction à la psychanalyse, Paris, Petite Bibliothèque Paillot, 1981.
Freud S., (1925) Sigmund Freud présenté par lui-même, Paris, Gallimard, 1984.
Freud S., (1933) Nouvelels conférences dus al psychanalyse, Paris, Gallimard, 1975.
Freud S., "Lettre à Mme Favez Boutonier", Bulletin de la société française de philosophie, n°1, 1955.

Juignet P., La psychanalyse, Histoire des idées et bilan des pratiques, Grenoble, PUG, 2006.
Juignet P., Manuel de psychopathologie générale, Grenoble, P.U.G., 2015.
Juignet P., Manuel de psychothérapie et psychopatholige clinique, Grenoble, P.U.G., 2016.

Kuhn Th., La structure des révolutions scientifiques, Paris, Flammarion, 1983.

Pagès C., "L'inconscient", in: Philosophie des sciences humaines, Paris, Vrin, 2017.

Sulloway F. J., Freud biologiste de l’esprit, Paris, Fayard, 1981.

 


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