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Actualité des idées


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Un collectif de scientifiques appelle à une marche le 22 avril 2017, à l’occasion de la Journée de la Terre, et à la veille du premier tour de la présidentielle en France, pour soutenir les sciences contre les obscurantismes.

Les scientifiques utilisent une méthode basée sur la collecte, la vérification et l’analyse des faits. Impossible pour eux de fabriquer et d’utiliser des pseudo-faits (« alternative facts ») sans que cela soit immédiatement décelé et dénoncé par la communauté. Les thèses dites de la post-vérité qui prétendent le contraire sont des mensonges. Elle jette un discrédit sur la validité des résultats scientifiques pour donner crédit à des positions idéologiques favorisant les grands lobbys industriels ou aux thèses d'inspiration religieuses, sur des sujets aussi divers que le changement climatique, la vaccination, l’économie, le port d’arme, l’interruption de grossesse, les mouvements migratoires ou les relations internationales.

 

Le site : http://www.marchepourlessciences.fr/


La langue de bois est une souffrance pour ceux qui la subissent.

Le langage véhicule du sens et lorsqu'il se vide de son sens, le discours génère alors un sens implicite, celui de vide, d'absurdité, de mensonge, de platitude, de fausseté, de duperie, etc. La langue de bois est une souffrance pour ceux qui la subissent et qui s'en rendent compte, car ils se sentent frustrés et dupés, ce qui explique (en partie) le rejet de la politique observé actuellement, car les politiciens l'utilisent en permanence. 

L'utilisations massive de la langue de bois est l'un des symptômes des difficultés que traverse la démocratie. On peut et on doit la critiquer, mais on peut aussi la tourner en dérision. Voyez le petit cours de langue de bois, proposé par un expert de l'ENA.

 

Profits sur les revues scientifiques

Le libre accès au savoir scientifique ou sa transformation en un système lucratif pose un problème éthique et pratique. C'est l'occasion de le poser avec cette vidéo présentant l'économie lucrative des revues scientifiques. Elle est suivie d'un entretien avec Marin Darcos.


https://www.youtube.com/watch?v=WnxqoP-c0ZE 

 

Un document à verser au dossier Web et libre accès , que nous mettons régulièrement à jour dans Philosophie, science et société.

 


Les "réseaux sociaux" comme systèmes de pouvoir et de profit

 

Le terme de réseau social est quelque peu trompeur. Il s’agit en vérité de systèmes informatiques mis en place par des entreprises à but lucratif, donnant la possibilité, à ceux qui s’y abonnent, de déposer ou voir des contenus et d'échanger des messages. Comme nous sommes sur Philosophie, science et société, nous parlerons d’abord de Academia.edu. Ce système appartient à l'entreprise Academia dont le siège est à San Francisco. Le site a un nom de domaine en ".edu", alors qu'il n'est pas une institution éducative. L’utilisateur, pour participer, doit accorder une licence mondiale, irrévocable et sans dédommagement à Academia pour utiliser, copier, adapter, vendre, diffuser, utiliser à des fins publicitaires, tout ce qu’il met sur son profil et tout ce qui est recueilli par les traces de connexions.

Esquisse de l'épistémè moderne

Dans la modernité, le monde est devenu naturel et explicable. Le naturalisme exclut de la réalité la possibilité de causes occultes, de providence ou d’interventions divines ; il considère que le fonctionnement de la nature est autonome. Cette manière de voir le monde, ce récit philosophique naturaliste, est né avec le XVIIe siècle et il a eu des développements divers. Ce naturalisme est rationnel, il considère que l’Univers est déterminé et exempt de surnaturel, si bien que la raison humaine est susceptible de l’expliquer entièrement. Cette épistémè a pour inconvénient de couper involontairement le monde en deux car l'Univers naturel est connu et expliqué par un sujet pensant, un esprit, qui n'en fait pas partie et le surplombe.

 

Voir : Une esquisse de l'épistémè moderne 

 

Quelques mots sur Tzevtan Todorov

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 Personne attachante par sa douceur et sa modération, Tzvetan Todorov vient de disparaître. Il avait d'abord vécu en Bulgarie avant de s’installer en France en 1963. Cet auteur a commencé par des études littéraires et a participé au structuralisme. Au début des années 1980, il a pris un tournant qui l'éloigna de la linguistique et de la théorie littéraire. Il a remis en cause le primat de la forme qui était le thème structuraliste dominant (Critique de la Critique, Paris, Seuil, 1984). Il est ensuite passé à l'anthropologie, à l'histoire des idées et à la philosophie morale.

De l'après ou pseudo démocratie ?

L'Europe est en crise, rejetée ou ignorée par les peuples, dominée par la technocratie et les lobbies économiques et financiers. Les politiques ont perdu en crédibilité, l'abstention atteint des sommets. Sommes-nous entrés dans l'ère de la « post-démocratie », fonctionnement politique vidé de sa substance, quand les véritables décisions sont prises en coulisses, à l'écart de la scène publique ? Les régimes politiques occidentaux auraient eu leur apogée démocratique un peu avant la Deuxième guerre mondiale pour les Etats-Unis, et dans les décennies qui l'ont immédiatement suivie pour les autres. Puis, la situation se serait peu à peu dégradée, et nous serions entré dans l'ère de la post-démocratie : les institutions démocratiques demeurent, mais les décisions les plus importantes sont prises ailleurs, dans d'autres cadres : ceux des grandes firmes internationales, des agences de notation ou des organismes technocratiques comme la Banque mondiale. Bref, la mondialisation économique et le capitalisme financier auraient, pour une bonne part, vidé la démocratie de sa substance. Le terme "post" est flou et laisse une incertitude sur ce qu'il qualifie. Est-ce parce qu'on n'arrive pas à définir et donc à nommer ce qui se passe ? Le relativisme, la perte des repères, l'abandon des idéaux, le contournement des institutions, les rapides évolutions, rendent probablement ce qui se passe dans la société contemporaine difficile à qualifier.

 

Une société sans repère


Le philosophe et sociologue Zygmunt Bauman s'est éteint le 9 janvier 2017, à l'âge de 91 ans. Son concept de "modernité liquide" l'a rendu, à juste titre, célèbre (Liquid Modernity, Polity Press, 2000).

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L'anomie ou la perte des repères sociaux

emileLa notion d'anomie, forgée par le sociologue Émile Durkheim, désigne la situation difficile des individus qui survient lorsque les règles sociales sont incompatibles entre elles ou qu'elles sont minées par les changements économiques et idéologiques.

Durkheim considère l'anomie comme une pathologie d'origine sociale (De la division du travail social  et le Suicide). Cette idée de pathologie sociale est importante ; elle contraste avec le relativisme que l'on a vu se développer ensuite en sociologie. Le terme de pathologie note quelque chose de défavorable, qui produit une souffrance individuelle.


Modéliser l'humain et le social
 

 

Les termes de modèle et de modélisation sont, depuis quelques décennies, omniprésents dans la littérature scientifique et en particulier celle des sciences du langage, de l’homme et de la société. Quel sens donner à ce phénomène ?


Secrètes cellules

 

Parution  : La face cachée des cellules (Quand le monde des ARN bouscule la biologie) De Frédérique Théry, 296 pages, 16,4 x 24 cm, Editions Matériologiques, Collection Science et Philosophie, 21 €, Préface de François Gros de l’Académie des Sciences.

 

Au début des années 2000, la conception des génomes comme des machines à produire des protéines a été rendue caduque par la découverte inattendue dans les cellules d’une myriade d’ARN non traduits en protéines : les ARN non codants. Les recherches sur ces ARN, qui assurent des fonctions régulatrices majeures au sein des cellules, ont profondément modifié la représentation que les biologistes se font des propriétés de l’ADN et des processus cellulaires. Cet ouvrage se propose de retracer l’histoire, tant fascinante que complexe, des travaux qui ont mis en lumière le rôle régulateur des ARN.

Au-delà de cette perspective historique, l’auteur poursuit un projet plus ambitieux : celui de montrer que l’étude des ARN non codants accompagne, voire catalyse, certaines transformations théoriques, conceptuelles et épistémologiques majeures affectant la biologie moléculaire contemporaine. Outre qu’elle a conduit à réviser et étendre les fondements théoriques sous-tendant de nombreux champs disciplinaires, l’existence de ces ARN invite à repenser la pertinence et l’importance du concept de gène, ainsi que celui d’information, dans les théories biologiques. Les recherches sur les ARN non codants apportent par ailleurs un éclairage original sur l’évolution des démarches d’investigation et des pratiques explicatives mises en œuvre dans la biologie post-génomique. Autant de questions abordées qui intéresseront tout lecteur désireux de porter un regard novateur sur la biologie moléculaire contemporaine.

  Préface de François Gros, de l'Académie des sciences

http://materiologiques.com/sciences-philosophie-2275-9948/228-la-face-cachee-des-cellules-quand-le-monde-des-arn-bouscule-la-biologie-9782373610628.html

 

Frédérique Théry a écrit dans Philosophie, science et société : Le concept de mécanisme en biologie

 

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