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Actualité des idées


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Cette fin d'année 2017 sera l'occasion de fêter le tricentenaire de la naissance de Jean le Rond d'Alembert. De nombreuses manifestions auront lieu en France. Jean Le Rond d’Alembert est né le 16 novembre 1717 à Paris et il y est mort le 29 octobre 1783. Son oeuvre qui occupe la seconde moitié du XVIIIe siècle, concerne les mathématiques, la physique, l'astronomie, la philosophie, la morale. À partir de 1750, il s'occupa avec Diderot et Jaucourt de la publication en France de l'Encyclopédie (Encyclopédie, ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, par une société des gens de lettres qui a été publiée entre 1751 et 1772). Voici quelques extraits de l'Éloge de d'Alembert fait par Condorcet (Discours prononcé par M. de Condorcet, à la séance publique de l'Académie des sciences, le 12 novembre 1783, in Œuvres de Condorcet, Paris, Firmin-Didot, 1847, t. II, p. 51-110).

 

 

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Émile Durkheim, dans son livre De la division du travail social, interroge la solidarité. Il oppose deux types de solidarités : - une solidarité fondée sur l'empathie permise par la similitude des individus entre eux, ce qui existe principalement dans les sociétés anciennes (il la nomme solidarité mécanique) . - une solidarité fondée sur la complémentarité fonctionnelle au sein de la société qui existe surtout dans les sociétés modernes ( il la nomme solidarité organique). Durkheim pense que c'est principalement par l'organisation sociale du travail que les sociétés modernes peuvent se structurer et maintenir une solidarité. Il estime qu'il y a deux moyens d'organiser le travail - la réglementation juridique du contrat de travail - le fonctionnement du groupe professionnel.

Ce samedi 22 avril, les scientifiques du monde entier relaieront la grande manifestation initiée par leurs confrères américains en réponse aux prises de position anti-science du président Trump. Sa négation concernant le changement climatique, faite évidemment pour un motif politique, porte sur les faits concernant le réchauffement, mais elle jette aussi un discrédit sur la communauté scientifique et sur la valeur des résultats obtenus par la méthode scientifique. Ces questions nous renvoient à ce qui été qualifié de "post-vérité" et à celle du relativisme épistémologique, qui met le savoir obtenu par les sciences au même niveau de vérité que les autres( obtenu par la croyance à une idéologieou à une religion). La charge menée contre l'abord scientifique du monde, pour mieux y substituer des croyances diverses, trouve malheureusement un appui avec le relativisme épistémologique que certains auteurs comme Paul Feyerabend, Richard Rorty, Bruno Latour, ont imprudemment propagé.

 

La post-vérité : une banale poussée de propagande ?

Entre 1915 et 1925, le Mouvement pour la nouvelle culture a posé les jalons de la modernité chinoise et nourri la pensée des révolutionnaires communistes. Aujourd’hui, les autorités hésitent pourtant à revendiquer son héritage, conscientes de ses potentialités contestataires. À l'époque, des manifestations étudiantes revendiquent plus de « science » et de « démocratie », envisagées comme les piliers d’une modernité en construction, dans un pays qui vit une difficile transition politique, d’un empire autocentré vers un État-nation capable de s’intégrer dans le concert des nations modernes. Mais, "les Lumières chinoises sont le grand projet inabouti de la nation" (Jin Guantao et Liu Qingfeng, 2009). À l'occasion de ce rappel historique, David Bartel, dans son article" Qu'a-t-on fait des Lumières chinoises ? ", met en avant l'Universalisme des Lumières et son caractère profondément antidespotique.


Les débats à l'occasion des présidentielles françaises poussent à s'interroger sur l'économie politique.

La structure économique dans laquelle nous vivons, quoique bien présente et effective, est invisible. En effet, on ne peut percevoir spontanément les circuits de décision, les mécanismes financiers à l'œuvre, les masses monétaires mises en jeu, etc. Il faut les connaître et les comprendre, ce qui n'est pas très facile. L'ignorance du fonctionnement du système économique amène à des jugements très partiaux qui dépendent de l'idéologie ambiante et des avantages (ou inconvénients) que chacun y trouve au quotidien. On admettra que des raisonnements faits en méconnaissance de cause ne peuvent avoir de très bons résultats. De plus, c'est un domaine dans lequel des intérêts puissants sont en jeu, si bien qu'il est envahi par l'idéologie et que le savoir y est volontiers remplacé par des fictions arrangeantes.

En savoir plus : Capital et capitalisme : La réorientation du capitalisme contemporain

 

Les revues - il vaudrait mieux dire leurs éditeurs - jouent un rôle ambigu eu égard à la diffusion scientifique. Là où il suffirait de mettre un contenu sur un site ou un blog, pour qu’il soit accessible à tous gratuitement, les revues impriment les textes et les vendent, tout en restreignant leur diffusion. Si l’impression a pu être dans les siècles passés un excellent moyen de diffusion, aujourd’hui ce n’est plus le cas. Accéder à un texte imprimé est beaucoup plus compliqué et coûteux qu’accéder à un texte numérique. Même quand elles sont obligées de mettre leurs contenus en version numérique, elles essayent d’en limiter l’accessibilité avec toutes sortes de barrières – version payante, embargo, barrières mobiles ou fixes, etc. Bien sûr, il y a des exceptions, certaines revues permettent un libre accès à leurs contenus, mais l'édition scientifique est généralement une manière de faire des profits financiers.

> Qu’est-ce qu’une revue scientifique ? 
> The obscene profits of commercial scholarly publishers

Le capitalisme, grand absent des présidentielles

Pas un mot sur le capitalisme lors des débats pour l'élection présidentielle. C'est manifestement devenu un "gros mot". On parle de mondialisation, de libre-échange, de marché, d'Europe, sans préciser ce que cela recouvre. Or, tout ça concerne le capital et les marchandises ; certainement pas les personnes. Il n'y a jamais eu autant de frontières, de barrières, de murs, de contrôles concernant les personnes. De plus, le capitalisme au sein duquel nous vivons a pris une forme particulière, celle que lui a donné le néolibéralisme, qui en est une exacerbation et n'a rien de nécessaire. Comment imaginer faire des réformes sans toucher au fondement capitalistique de notre société, duquel découle tant de conséquences économiques et sociales ? Ce sont des transformations dans l'usage des capitaux qui auraient véritablement des effets sociétaux et dont il faudrait parler lors d'une élection. On dirait bien que ce n'est pas à l'ordre du jour...  

 

Voir l'article : Capital et capitalisme 

  

Leszek Kolakowski

Brice Couturier a consacré trois chroniques sur France Culture à Leszek Kolakowski, remettant ainsi en lumière un philosophe mis de coté en France. Spécialiste du marxisme, Leszek Kołakowski est connu pour son Histoire du marxisme très documentée, en trois volumes, dont seuls les deux premiers ont été traduits en français.  Je vous recommande ces trois émissions de cinq minutes chacune qui dressent un portrait de l'homme et de l'œuvre. Elles interviennent après la publication par les éditions "Les Belles Lettres" d'un recueil d’articles parus en français dans la revue Commentaire sous le titre « Comment être socialiste, conservateur et libéral ».

Le nationalisme
L'histoire du XXe siècle
La critique du marxisme


La post-vérité : une banale poussée de propagande idéologique ?

« Post » signifie après, postérieur dans le temps. Son emploi, eu égard au discours politico-médiatique, voudrait dire que nous serions collectivement "après" un moment de relative vérité. Mais, ce préfixe ne se réfère pas simplement à la temporalité, il signale aussi la disparition, la perte d’importance ou de pertinence. Ce qui avait de l’importance n’en aurait plus. La vérité n’aurait plus d’importance. Est-ce bien le cas ? N'avons nous pas plutôt affaire à une offensive de discrédit mené contre les savoirs solides pour y substituer des croyances idéologiques arrangeantes (pour certains) ?  

La post-vérité une banale poussée de propagande ?

 

Samedi 29 avril, l’accès à l’encyclopédie en ligne Wikipédia a été coupé à 8 heures du matin, heure locale en Turquie. Selon l’Agence France-Presse, seule l’utilisation d’un accès VPN (réseau privé virtuel) permettait aux habitants d’Istanbul d’accéder au site samedi matin. L’Autorité des technologies de communication et d’information de l'administration Turque (BTK) a confirmé dans un communiqué la fermeture du site. L’organisme a cité à l’appui de sa décision d’interdiction une loi permettant de bloquer l’accès à des sites internet en vertu du maintien de l’ordre, de la sécurité nationale et du bien-être de la population. Cette encyclopédie en ligne présente comme grand danger de lutter contre l'ignorance et de donner largement accès au savoir. L'éducation est bien un danger pour les régimes autoritaires qui veulent imposer une idéologie unique. Commencée avec le procès Galilée, la lutte entre connaissance, diffusion du savoir et idéologie, en particulier religieuse, n'est d'évidence pas terminée.

 

Un collectif de scientifiques appelle à une marche le 22 avril 2017, à l’occasion de la Journée de la Terre, et à la veille du premier tour de la présidentielle en France, pour soutenir les sciences contre les obscurantismes.

Les scientifiques utilisent une méthode basée sur la collecte, la vérification et l’analyse des faits. Impossible pour eux de fabriquer et d’utiliser des pseudo-faits (« alternative facts ») sans que cela soit immédiatement décelé et dénoncé par la communauté. Les thèses dites de la post-vérité qui prétendent le contraire sont des mensonges. Elle jette un discrédit sur la validité des résultats scientifiques pour donner crédit à des positions idéologiques favorisant les grands lobbys industriels ou aux thèses d'inspiration religieuses, sur des sujets aussi divers que le changement climatique, la vaccination, l’économie, le port d’arme, l’interruption de grossesse, les mouvements migratoires ou les relations internationales.

 

Le site : http://www.marchepourlessciences.fr/
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