Actualité des idées

Au fil de l'actualité philosophique, scientifique et sociétale.

 


La post-vérité : une banale poussée de propagande idéologique ?

« Post » signifie après, postérieur dans le temps. Son emploi, eu égard au discours politico-médiatique, voudrait dire que nous serions collectivement "après" un moment de relative vérité.

Mais, ce préfixe ne se réfère pas simplement à la temporalité, il signale aussi la disparition, la perte d’importance ou de pertinence. Ce qui avait de l’importance n’en aurait plus, ce serait dépassé. La vérité n’aurait plus d’importance. Est-ce bien le cas ? N'avons nous pas plutôt affaire à une offensive menée contre les savoirs solides pour y substituer des croyances idéologiques arrangeantes (pour certains) ?

La vérite est un vieille affaire, peut être même celle qui est à l'origine de la philosophie et de la science. Rappelons le combat initial contre les sophistes mené par Socrate, Platon et Aristote. Combat qui n'a jamais été complètement gagné.       

 

La post-vérité une banale poussée idéologique ?

 

Un collectif de scientifiques appelle à une marche le 22 avril 2017 à l’occasion de la Journée de la Terre et à la veille du premier tour de la présidentielle en France pour soutenir les sciences contre les obscurantismes.

Les scientifiques utilisent une méthode basée sur la collecte, la vérification et l’analyse des faits. Impossible pour eux de fabriquer et d’utiliser des pseudo-faits (« alternative facts ») sans que cela soit immédiatement décelé et dénoncé par la communauté.

Les thèses dites de la "post-vérité" et du "relativisme", en mettant tout dans le même panier, jettent un discrédit sur la validité des résultats scientifiques. Elles ramènent tout savoir à une opinion discutable à laquelle on peut opposer une autre opinion tout aussi valable. Ainsi, on pourrait accorder un crédit à des positions idéologiques favorisant les grands lobbys industriels ou aux thèses d'inspiration religieuses tout autant qu'aux savoirs issus d'une démarche scientifique.

Des sujets aussi divers que le changement climatique ou l'évolution de la vie sur Terre pourraient être affaire d'opinion. C'est un déni de l'effort fait depuis le XVIIe siècle pour donner une qualité d'universalité à la connaissance.

 

Le site : http://www.marchepourlessciences.fr/

La langue de bois est un discours pour ne rien dire. Ce "dire rien" s'oppose au "dire vrai", à la vérité en politique, ce que les grecs nommaient la parrêsia, qui concerne le discours publique, mais aussi le dialogue interindividuel.

Le discours véhicule généralement du sens et, lorsqu'on le vide de son sens, un sens implicite surgit : celui de platitude, de fausseté, de duperie, etc. La langue de bois est une souffrance pour ceux qui s'en rendent compte.

Ceci explique (en partie) le rejet de la politique observé actuellement, car cette pratique est utilisée en permanence. Cette manière de parler est irrespectueuse, car elle sous-entend un mépris pour ceux qu'elle prétend endormir. 

L'utilisations massive de la langue de bois est l'un des symptômes des difficultés que traverse la démocratie. On peut et on doit la critiquer, mais on peut aussi la tourner en dérision. Voyez le petit cours de langue de bois proposé par un expert de l'ENA.

 


Les "réseaux sociaux" comme systèmes de pouvoir et de profit

 

Le terme de réseau "social" est quelque peu trompeur. Il s’agit en vérité de systèmes informatiques mis en place par des entreprises à but lucratif, donnant la possibilité, à ceux qui s’y abonnent, de déposer ou voir des contenus et d'échanger des messages. Comme nous sommes sur Philosophie, science et société, nous parlerons d’abord du réseau nommé Academia.edu.

Ce réseau de diffusion par le web appartient à l'entreprise Academia dont le siège est à San Francisco. Le site a un nom de domaine en ".edu", alors qu'il n'est pas une institution éducative et a un intitulé "Academia" qui évoque l'Université alors qu'il y est étranger (il vise et utilise les universitaires). L’utilisateur, pour participer, doit accorder une licence mondiale, irrévocable et sans dédommagement à Academia pour utiliser, copier, adapter, vendre, diffuser, utiliser à des fins publicitaires tout ce qu’il met sur son profil et tout ce qui est recueilli par les traces de connexions.

 

Quelques mots sur Tzevtan Todorov

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Personne attachante par sa douceur et sa modération, Tzvetan Todorov vient de disparaître. Il avait d'abord vécu en Bulgarie avant de s’installer en France en 1963. Cet auteur a commencé par des études littéraires et a participé au structuralisme. Au début des années 1980, il a pris un tournant qui l'éloigna de la linguistique et de la théorie littéraire. Il a remis en cause le primat de la forme qui était le thème structuraliste dominant (Critique de la Critique, Paris, Seuil, 1984). Il est ensuite passé à l'anthropologie, à l'histoire des idées et à la philosophie morale.