Actualité des idées

Au fil de l'actualité philosophique, scientifique et sociétale.

 

Entre 1915 et 1925, le Mouvement pour la nouvelle culture a posé les jalons de la modernité chinoise et a nourri la pensée des révolutionnaires communistes. Aujourd’hui, les autorités hésitent pourtant à revendiquer son héritage, conscientes de ses potentialités contestataires.

À l'époque, des manifestations étudiantes revendiquaient plus de « science » et de « démocratie », envisagées comme les piliers d’une modernité en construction dans un pays qui vivait une difficile transition politique, celle d’un empire autocentré vers un État-nation capable de s’intégrer dans le concert des nations modernes. Mais,

"les Lumières chinoises sont le grand projet inabouti de la nation" (Jin Guantao et Liu Qingfeng, 2009).

À l'occasion de ce rappel historique, David Bartel, dans son article" Qu'a-t-on fait des Lumières chinoises ? ", met en avant l'Universalisme des Lumières et son caractère profondément antidespotique. Cet Universalisme a une force critique importante par la promotion d'un idéal supérieur.

 

Leszek Kolakowski

Brice Couturier a consacré trois chroniques sur France Culture à Leszek Kolakowski, remettant ainsi en lumière un philosophe mis de coté en France. Spécialiste du marxisme, Leszek Kołakowski est connu pour son Histoire du marxisme très documentée, en trois volumes, dont seuls les deux premiers ont été traduits en français.  Je vous recommande ces trois émissions de cinq minutes chacune qui dressent un portrait de l'homme et de l'œuvre. Elles interviennent après la publication par les éditions "Les Belles Lettres" d'un recueil d’articles parus en français dans la revue Commentaire sous le titre « Comment être socialiste, conservateur et libéral ».

Le nationalisme
L'histoire du XXe siècle
La critique du marxisme

Samedi 29 avril, l’accès à l’encyclopédie en ligne Wikipédia a été coupé à 8 heures du matin, heure locale en Turquie. Selon l’Agence France-Presse, seule l’utilisation d’un accès VPN (réseau privé virtuel) permettait aux habitants d’Istanbul d’accéder au site samedi matin. L’Autorité des technologies de communication et d’information de l'administration Turque (BTK) a confirmé dans un communiqué la fermeture du site.

L’organisme a cité à l’appui de sa décision d’interdiction une loi permettant de bloquer l’accès à des sites internet en vertu du maintien de l’ordre, de la sécurité nationale et du bien-être de la population. Cette encyclopédie en ligne présente comme probable grand danger de lutter contre l'ignorance et de donner largement accès au savoir. L'éducation est bien un danger pour les régimes autoritaires qui veulent imposer une idéologie unique. La lutte pour la diffusion du savoir, face à l'idéologie politico-religieuse, n'est d'évidence pas terminée.

 

Ce samedi 22 avril, les scientifiques du monde entier relaieront la grande manifestation initiée par leurs confrères américains en réponse aux prises de position anti-science du président Trump. Sa négation concernant le changement climatique, faite évidemment pour un motif politique, porte sur les faits concernant le réchauffement, mais elle jette aussi un discrédit sur la communauté scientifique et sur la valeur des résultats obtenus par la méthode scientifique. Ces questions nous renvoient à ce qui été qualifié de "post-vérité" et à celle du relativisme épistémologique, qui met le savoir obtenu par les sciences au même niveau de vérité que les autres( obtenu par la croyance à une idéologieou à une religion). La charge menée contre l'abord scientifique du monde, pour mieux y substituer des croyances diverses, trouve malheureusement un appui avec le relativisme épistémologique que certains auteurs comme Paul Feyerabend, Richard Rorty, Bruno Latour, ont imprudemment propagé.

 

La post-vérité : une banale poussée idéologique ?


Les débats à l'occasion des présidentielles françaises poussent à s'interroger sur l'économie politique.

La structure économique dans laquelle nous vivons, quoique bien présente et effective, est invisible. En effet, on ne peut percevoir spontanément les circuits de décision, les mécanismes financiers à l'œuvre, les masses monétaires mises en jeu, etc. Il faut les connaître et les comprendre, ce qui n'est pas très facile. L'ignorance du fonctionnement du système économique amène à des jugements très partiaux qui dépendent de l'idéologie ambiante et des avantages (ou inconvénients) que chacun y trouve au quotidien. On admettra que des raisonnements faits en méconnaissance de cause ne peuvent avoir de très bons résultats. De plus, c'est un domaine dans lequel des intérêts puissants sont en jeu, si bien qu'il est envahi par l'idéologie et que le savoir y est volontiers remplacé par des fictions arrangeantes.

En savoir plus : Capital et capitalisme : La réorientation du capitalisme contemporain