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Actualité des idées

Blog philo

Même s'il existe des arguments scientifiques sérieux pour réfuter l'efficacité de l'hydroxychloroquine comme traitement de la COVID-19 (Fiolet et al. 2020), la polémique est toujours vivante. Mais le principal problème est ailleurs ! Cette affaire nous ramène au problème de la post-vérité.

Le cas Raoult a transformé un débat scientifique banal en une controverse publique où les médias, les commentateurs publics et même les supporters de club de football (l'Olympic de Marseille) sont intervenus, comme s'ils avaient des compétences égales à celles des scientifiques spécialisés. Tout un chacun s'est considéré légitime à prendre des positions dans un débat scientifique, sans argument scientifique.

Ils y ont été encouragé par Raoult lui-même qui s'est autorisé à faire des déclarations péremptoires fondées sur des études très insuffisantes. Cela décrédibilise l'autorité de la science déjà bien mal en point. Par chance, la communauté scientifique a résisté et des études sérieuses ou pu être menées.

La science a vocation à donner des informations les plus justes possibles, c'est-à-dire adéquates à la réalité. Pour ce faire, elle applique une méthode qui a des exigences fortes.

En matière de médecine, ces informations sont ensuite utilisées pour mettre en œuvre les politiques de santé publique qui ne sont pas du ressort des scientifiques, mais des autorités administratives et politiques. Elles aussi ont été délégitimées par des déclarations contradictoires, mais, elles aussi, ont résisté et, après des hésitations, finalement mené une politique adaptée, tout au moins en Europe.

Aux USA, le point culminant a probablement été atteint avec cette phrase de Donald Trump : "j'ai appris que la Covid était contagieuse". Autrement dit, avant de l'avoir lui-même contractée, il ne croyait pas à la contagiosité (unanimement reconnue). Comment le citoyen moyen pourrait-il croire les autorités sérieuses et compétentes, si leur président en doute ?

La contestation-déconstruction post-moderne a ouvert le porte à la post-vérité et au populisme, façon dictature des tribuns du café du commerce, qui règne grâce au web.

Webographie :

Fiolet, T., Guihyr, A., Rebeaud, M. Mulot,M., Peiffer-Smadja, N. and Mahamat-Saleh, Y. 2020. “Effect of hydroxychloroquine with or without azithromycin on the mortality of COVID-19 patients: a systematic review and meta-analysis”, Clinical Microbiology and Infection, https://doi.org/10.1016/j.cmi.2020.08.022.

JUIGNET Patrick. La post-vérité n'est elle qu'une banale poussée de propagande idéologique ? In : Philosophie, science et société. 2020. URL : https://philosciences.com/philosophie-generale/philosophie-ideologie-recit-mythe/251-post-verite-propagande

Le prix Nobel de chimie a été décerné en 2020 à Emmanuelle Charpentier et Jennifer A. Doudnaa « pour le développement d’une méthode d’édition du génome ».

Le procédé nommé CRISPR-Cas endommage un chromosome à un endroit précis. Pour ce faire, on utilise des enzymes, des nucléases, capables de cibler et de couper des sites précis dans le génome. En coupant à un endroit précis, la réparation de la cassure se fera en modifiant l’information contenue par le gène qui se situe à cet endroit. Cela pourra aboutir à ce que le caractère qu’il encode s’exprime de façon différente.

Dans le cadre de thérapies géniques ou d’applications en génie génétique, on espère que la réparation soit favorable. On mise sur les mécanismes de reconstruction de la cellule pour le réparer de façon identique au gène normal.

Lorsqu’il y a une compétition entre entités politiques, les plus faibles sont absorbées par les plus puissantes. C’est ce qui s’est produit tout au long de la féodalité où les comtés, duchés, royaumes se sont opposés jusqu’à la création des États-Nations qui les ont absorbés. Mais la compétition a ensuite repris au niveau des États sur le plan mondial.

Le problème qui se pose aujourd’hui est de savoir quelle est la taille nécessaire pour une survie politique ? Quelle est la taille minimale pour perdurer dans un monde hostile. Est-ce celle des États-Nations ou de l’Europe entière ? Ce ne sont pas les États-Nations européens qui posent problème, mais leur taille insuffisante et leur faiblesse politique face à la puissance des géants mondiaux aux dents longues.

La question de savoir s’il est possible de survivre sans être inféodé et perdre son indépendance nationale n’est pas évoquée par les anti-européens, car elle montrerait que le nationalisme est en vérité une façade qui cache un abandon de souveraineté (par incapacité à la maintenir). Face aux géants qui aspirent à dominer le monde, il faut avoir une taille suffisante pour résister. Le véritable enjeu de l’Union Européenne est d'avoir la puissance nécessaire pour exister politiquement et survivre à l'échelle de la globalisation en cours.

L'idée est simple : c'est celle de la taille et de la puissance nécessaires et suffisantes pour survivre dans le cadre géopolitique globalisé, sans être vassalisé.