Actualité des idées

Au fil de l'actualité philosophique, scientifique et sociétale.

 

La francophonie est enfin remise à l'honneur en France ! La francophonie est un merveilleux vecteur pour la culture, la science et la philosophie. Oui, vive la francophonie ! À titre d'exemple, Philosophie, science et société est lu, par ordre de fréquence, dans les pays francophones suivants : France, Canada, Maroc, Haïti, Belgique, Sénégal, Côte d’Ivoire, Algérie, Cameroun, Suisse, États-Unis, Congo, Madagascar, Gabon, Tunisie, Guinée, Burkina Faso.
Mais, si l'on veut que la langue française soit largement employée, il faudrait en rendre l'orthographe moins arbitraire, moins discriminante et un peu plus rationnelle. Le français écrit a été truffé de pièges. Connaître l'orthographe donne accès à l’écrit qui est indispensable pour tous, alors que sa difficulté est en même temps un instrument de distinction sociale. Mais, cet aspect de distinction et d'exclusion, on ne veut pas le reconnaître. Des académiciens aux amuseurs publics, en passant par les politiques, tout le monde est d'accord pour ne - surtout pas ! - améliorer les règles (il vaudrait mieux dire les non-règles en forme de chausse-trapes) d'écriture du français.

 

Lire l'article : L'ortografe, ça sert à koi ?

La compétition économique accroît la productivité ce qui est bénéficie aux hommes en donnant à la masse de la population plus de moyens pour vivre, mais, revers contradictoire, c'est un facteur défavorable à l’humain qui dégrade la sociabilité. La richesse globale augmente en Occident, mais sa répartition très inégale, si elle donne une vie meilleure à certains, en donne une très mauvaise à d’autres. Les inégalités créent des rivalités, un affrontement social permanent, peu favorables à l’humanisme. Le développement du marché, la permanence du vol (autorisé et interdit), imposent une relation de défiance généralisée dont on ne peut pas dire qu’elle soit très humaine. Tout ceci est à mettre en relation avec la "grande transformation" notée par Karl Polanyi qui correspond à un renversement de la prévalence entre économie et société : l’économie prend le dessus et elle est volontairement mise au dessus du lien social dans l'ordre des priorités, ce qui rend sa mise en œuvre indifférente à l’humain. C’est l’occasion de dédouaner l’économie d’une partie des responsabilités. Les effets de l'économie sur l’homme dépendent aussi de la politique économique qui est menée et il y en a potentiellement plusieurs possibles.

voir l'article : L'économie est-elle inhumaine par nature ?

Le pluralisme scientifique sera abordé lors de journées d'études (Paris, 24-26 mai 2018) intitulées : L’épistémologie historique et les désunités des sciences. L'argument, signé Andrew Arana, Hasok Chang, Stéphanie Ruphy, Léna Soler, est le suivant : À l’échelle internationale, la seconde moitié du XXe siècle a vu émerger différentes tentatives pour penser la « désunité » des sciences. Celles-ci se sont constituées en réponse au monisme méthodologique issu du Cercle de Vienne, stipulant l’unité de la science et donc la validité du projet d’une philosophie de « la » science. Ainsi, dès la fin des années 1960, la philosophie de la biologie a voulu affirmer la spécificité des sciences du vivant et donc l’obligation de se départir des canons de la philosophie de la physique. Au cours de la décennie suivante, on constate l’institutionnalisation de plusieurs philosophies « des sciences spéciales » : de la biologie, de la géographie, de la médecine, etc. Bien que ces différentes philosophies soient aussi pensées comme des sous-disciplines d’une philosophie générale de la science ou des sciences, cette spécialisation vient mettre à mal la longue tradition d’affirmation de l’unité de la science fondée sur un réductionnisme physico-chimique.

L'article "Quel rôle pour l'entreprise au XXIe siècle ?" a l'intérêt de rappeler les évolutions idéologiques concernant l'économie. Il passe sous silence le durcissement néolibéral qui a eu lieu à partir des années 1980. On peut se demander pourquoi. Considérer que "le but de l’entreprise est de créer des richesses et de contribuer au bien commun en renforçant le tissu social de manière durable et respectueuse de la dignité humaine et de la nature" est un idéal digne d'être poursuivi. Il y a une naïveté, et peut-être même une escroquerie involontaire, à relier cet idéal à la nouvelle technique de méditation à la mode, le "Mindfullness". Ce procédé, qui vient après de nombreuses autres "techniques de développement personnel", déporte l'attention vers l'attitude individuelle, au lieu de considérer en face la réalité socio-économique. Il existe malheureusement un conflit structurel causé par la répartition inéquitable des avantages selon la position occupée dans le système économique et une idéologie de rentabilisation du "capital humain" (sic) qui va avec.

Voir l'article : Quel rôle pour l'entreprise au XXIe siècle ?

 

Les chiffres qui viennent d'être donnés, en ce début d'année 2018 par l'Oxfam, montrent une accélération du processus de concentration du capital. En 2017, la fortune des milliardaires s’est accrue de 721 milliards de dollars. 82 % de la croissance mondiale créée l’an dernier a profité au 1 % des plus riches et le nombre de milliardaires a connu sa plus forte hausse de l’histoire. Ce qui pose un grave problème, n'est pas tant la richesse de quelques uns, que le pouvoir qu'ils détiennent. À partir d'une certaine somme, quelques millions d'Euros ou de Dollars, il ne s'agit plus d'une fortune personnelle, mais d'un capital qui est investi dans l'économie. Les enjeux ne sont pas du tout les mêmes. Le capital personnel sert à vivre, le capital productif se déplace dans les structures économiques à des fins de contrôle et de profit. Ces différences d'usages supposeraient des législations différentes et, pour le capital productif, une régulation politique, afin d'éviter que le pouvoir économique mondial ne se concentre dans les mains de quelques personnes, échappant ainsi aux États et à toute influence démocratique.

Voir l'article : Capital et capitalisme