Actualité des idées

Au fil de l'actualité philosophique, scientifique et sociétale.

 

Lorsqu’il y a une compétition entre entités politiques, les plus faibles sont absorbées par les plus puissantes. C’est ce qui s’est produit tout au long de la féodalité où les comtés, duchés, royaumes se sont opposés jusqu’à la création des États-Nations qui les ont absorbés. Mais la compétition a ensuite repris au niveau des États sur le plan mondial.

Le problème qui se pose aujourd’hui est de savoir quelle est la taille nécessaire pour une survie politique ? Quelle est la taille minimale pour perdurer dans un monde hostile. Est-ce celle des États-Nations ou de l’Europe entière ? Ce ne sont pas les États-Nations européens qui posent problème, mais leur taille insuffisante et leur faiblesse politique face à la puissance des géants mondiaux aux dents longues.

La question de savoir s’il est possible de survivre sans être inféodé et perdre son indépendance nationale n’est pas évoquée par les anti-européens, car elle montrerait que le nationalisme est en vérité une façade qui cache un abandon de souveraineté (par incapacité à la maintenir). Face aux géants qui aspirent à dominer le monde, il faut avoir une taille suffisante pour résister. Le véritable enjeu de l’Union Européenne est d'avoir la puissance nécessaire pour exister politiquement et survivre à l'échelle de la globalisation en cours.

L'idée est simple : c'est celle de la taille et de la puissance nécessaires et suffisantes pour survivre dans le cadre géopolitique globalisé, sans être vassalisé.

Drapeau EuropeEn Europe, un pas a été fait vers l'entraide plutôt que de poursuivre dans le voie de la concurrence et de l'indifférence. La Commission européenne s’est endettée au nom de tous les pays membres, pour 750 milliards d’Euros. 360 milliards seront prêtés aux États membres qui devront rembourser ces sommes et 390 milliards seront transférés sous forme de subventions qui, elles, seront remboursées collectivement par les Vingt-Sept.

La crise économique liée à la Covid-19 a révélé notre interdépendance. C'est la prise de conscience de cette interdépendance qui a permis de surmonter les égoïsmes nationaux et rendu possible un emprunt commun européen. C'est une évolution importante de l’Union. On s'est rendu compte que si une Nation plongeait dans une récession grave, cela allait rompre les chaînes d'approvisionnement et casser les marchés en ruinant la possibilité de consommer.

Si l’on compare avec la gestion de la crise grecque, survenue il y a quelques années, on est passé d’un jugement purement péjoratif et accusateur sur un état défaillant à l'idée d'une entraide profitable à tous. Faute d'une intention humaniste, c'est le pragmatisme qui a guidé les Pays Européens vers plus de coopération économique. En économie et en politique, dans l'état actuel de la civilisation, l'entraide ne vient que s'il y a un intérêt commun. Certains n'en comprennent toujours pas l'intérêt et attisent les égoïsmes nationaux au détriment de tous.


DésinformationUn nouvel enjeu est apparu dans nos sociétés connectées, la lutte contre la désinformation massive. Nous nous limiterons ici à la désinformation scientifique. Personnellement, je reçois sans cesse des mails visant à déstabiliser et décrédibiliser le savoir sérieux concernant le coronavirus, les vaccinations ou le réchauffement climatique.

Lutter contre la désinformation demande deux choses : 1/ comprendre la valeur de vérité de la science 2/ distinguer entre énoncés scientifiques et énoncés pseudoscientifiques (ou carrément mensongers et manipulateurs).

Comprendre ce qu'est la connaissance scientifique, comprendre pourquoi elle apporte des informations sérieuses et réalistes, déceler ce qui est scientifique, ou ne l'est pas, ou l'est faussement, exige une formation. Il faut avoir une réponse minimale à la question « Qu’est-ce que la science ? », et ensuite juger si les informations données y sont conformes. Or, ce second problème est très difficile, voire impossible à résoudre, même pour une personne avertie, si elle est étrangère au domaine concerné, sans l'aide des gens sérieux et compétents.

En effet, nul ne peut s'improviser spécialiste et vérifier par soi-même les données et les expériences. Il faut se fier à un réseau de personnes compétentes et voir si elles apportent un faisceau d'arguments concordants et vraisemblables. Ce qui implique d'avoir confiance dans le corps professionnel des scientifiques. Cette confiance, certains illuminés de la méfiance complotiste et quelques "usines à trolls", dotés de gros moyens, tentent de la saper. Je remarque, dans les mails aguicheurs et contradictoires que je reçois, qu'il s'agit moins d'affirmer une opinion, que de provoquer un doute et un affolement, pour discréditer le sérieux et la compétence.


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Le niveau physique de l'Univers est constitué de particules élémentaires. Les découvertes issues des accélérateurs de particules, ces « microscopes du monde quantique », ont révélé l’existence de 17 particules fondamentales, décrites par ce qui est communément appelé le modèle standard des particules.

Parmi ces particules, 12 sont des constituants de ce que les physiciens nomment "la matière" – ce sont les fermions, qui forment le niveau phsique de ce qui nous entroure. Les 5 particules restantes sont les bosons et servent à transmettre les forces physiques (par exemple le photon qui est la particule de lumière transmet la force électromagnétique). À chacune de ces 17 particules élémentaires correspond une antiparticule, une particule d’antimatière qui a la propriété de réagir avec sa particule associée, dès qu’elle la rencontre, pour dissoudre le couple en une autre forme d’énergie.

Les neutrinos et les antineutrinos sont des fermions. Ils n’ont été découverts qu’en 1930, car ils interagissent très faiblement avec les autres particules et traversent continuellement la Terre sans laisser de signal. Ils constituent encore aujourd’hui un des couples les plus mystérieux du modèle standard.

Le niveau physique perceptible et connu ne constitue que 5 % de l’Univers. Les 95 % restants sont composés d’une part de ce que l’on appelle la "matière noire", faite de particules aujourd’hui inconnues (25 %) et d’autre part de l’énergie noire, créant une force répulsive à l’origine de l’expansion de l’univers (70 %). Ces deux dernières n’émettent ou n’absorbent pas de lumière, elles sont donc invisibles.

Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a publié en début d’année son rapport 2020 sur la situation des inégalités femmes-hommes dans le monde.

Le bilan est loin d’être encourageant. En effet, si ces inégalités ont nettement diminué entre le milieu des années quatre-vingt-dix et le début des années 2010, le rapport souligne que le rythme de cette amélioration a franchement ralenti depuis.

On peut se demander quels sont les facteurs socio-culturels favorables au dénigrement des femmes ?

Le résultat de l'étude de Laurent Cordonier, Florian Cafiero, Gérald Bronner est le suivant : indépendamment de la religion majoritaire des pays, c’est l’existence d’un fort sentiment religieux au sein de la population qui est le plus étroitement associé à un haut niveau de stéréotypes sexistes dirigés contre les femmes. Sans surprise, un faible niveau de développement – et, donc, d’éducation – est lui aussi lié à une forte prévalence de tels stéréotypes.

L’islam, de son côté, est un facteur supplémentaire qui vient s’ajouter à la religiosité et au niveau de développement, lorsque l’on prend comme indicateur la part de la population qui fait preuve d’un sexisme très marqué (c’est-à-dire, qui entretient au moins deux stéréotypes de genre sur les sept testés).

Source : Laurent Cordonier, Florian Cafiero, Gérald Bronner, Is there a relation between religiosity and gender stereotypes in the world ?. 2020. Disponible à l'adresse : https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02903144v2/document

 

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