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Actualité des idées


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Les débats à l'occasion des présidentielles françaises poussent à s'interroger sur l'économie politique.

La structure économique dans laquelle nous vivons, quoique bien présente et effective, est invisible. En effet, on ne peut percevoir spontanément les circuits de décision, les mécanismes financiers à l'œuvre, les masses monétaires mises en jeu, etc. Il faut les connaître et les comprendre, ce qui n'est pas très facile. L'ignorance du fonctionnement du système économique amène à des jugements très partiaux qui dépendent de l'idéologie ambiante et des avantages (ou inconvénients) que chacun y trouve au quotidien. On admettra que des raisonnements faits en méconnaissance de cause ne peuvent avoir de très bons résultats. De plus, c'est un domaine dans lequel des intérêts puissants sont en jeu, si bien qu'il est envahi par l'idéologie et que le savoir y est volontiers remplacé par des fictions arrangeantes.

En savoir plus : Capital et capitalisme : La réorientation du capitalisme contemporain

 

Le capitalisme, grand absent des présidentielles

Pas un mot sur le capitalisme lors des débats pour l'élection présidentielle. C'est manifestement devenu un "gros mot". On parle de mondialisation, de libre-échange, de marché, d'Europe, sans préciser ce que cela recouvre. Or, tout ça concerne le capital et les marchandises ; certainement pas les personnes. Il n'y a jamais eu autant de frontières, de barrières, de murs, de contrôles concernant les personnes.

De plus, le capitalisme au sein duquel nous vivons a pris une forme particulière, celle que lui a donné le néolibéralisme. C'est une transformation, débutée dans le années 1970, dont nous ressentons pleinement les effets de nos jours.

Comment imaginer faire des réformes, sans réfléchir à l'usage des capitaux dans notre société, usage duquel découle tant de conséquences économiques et sociales ? Ce sont des transformations dans la manière de gérer les capitaux qui auraient véritablement des effets sociétaux et dont il faudrait parler lors d'une élection. On dirait bien que ce n'est pas à l'ordre du jour...  

 

Voir l'article : Capital et capitalisme 

  


La post-vérité : une banale poussée de propagande idéologique ?

« Post » signifie après, postérieur dans le temps. Son emploi, eu égard au discours politico-médiatique, voudrait dire que nous serions collectivement "après" un moment de relative vérité.

Mais, ce préfixe ne se réfère pas simplement à la temporalité, il signale aussi la disparition, la perte d’importance ou de pertinence. Ce qui avait de l’importance n’en aurait plus, ce serait dépassé. La vérité n’aurait plus d’importance. Est-ce bien le cas ? N'avons nous pas plutôt affaire à une offensive menée contre les savoirs solides pour y substituer des croyances idéologiques arrangeantes (pour certains) ?

La vérite est un vieille affaire, peut être même celle qui est à l'origine de la philosophie et de la science. Rappelons le combat initial contre les sophistes mené par Socrate, Platon et Aristote. Combat qui n'a jamais été complètement gagné.       

 

La post-vérité une banale poussée idéologique ?

 

Un collectif de scientifiques appelle à une marche le 22 avril 2017, à l’occasion de la Journée de la Terre, et à la veille du premier tour de la présidentielle en France, pour soutenir les sciences contre les obscurantismes.

Les scientifiques utilisent une méthode basée sur la collecte, la vérification et l’analyse des faits. Impossible pour eux de fabriquer et d’utiliser des pseudo-faits (« alternative facts ») sans que cela soit immédiatement décelé et dénoncé par la communauté.

Les thèses dites de la "post-vérité" et du "relativisme", en mettant tout dans le même panier, jettent un discrédit sur la validité des résultats scientifiques. Elles ramènent tout savoir à une opinion discutable à laquelle on peut opposer une autre opinion tout aussi valable. Ainsi on pourrait accorder un crédit à des positions idéologiques favorisant les grands lobbys industriels ou aux thèses d'inspiration religieuses, tout autant qu'aus savoirs issu d'une démarche scientifique.

Des sujets aussi divers que le changement climatique, ou l'évolution de la vie sur terre pourraient être affaire d'opinion. C'est un déni de l'effort fait depuis le XVIIe siècle pour donner une qualité d'universalité à la connaissance.  

 

Le site : http://www.marchepourlessciences.fr/


La langue de bois est une souffrance pour ceux qui la subissent.

Le langage véhicule du sens et lorsqu'il se vide de son sens, le discours génère tout de même un sens implicite, celui de vide, d'absurdité, de mensonge, de platitude, de fausseté, de duperie, etc.

La langue de bois, vide de sens, est une souffrance pour ceux qui la subissent et qui s'en rendent compte, car ils se sentent frustrés et dupés, ce qui explique (en partie) le rejet de la politique observé actuellement, car les politiciens l'utilisent en permanence. Cette manière de parler est irrespectueuse car elle sous-entend un mépris pour ceux qu'elle prétend endormir. 

L'utilisations massive de la langue de bois est l'un des symptômes des difficultés que traverse la démocratie. On peut et on doit la critiquer, mais on peut aussi la tourner en dérision. Voyez le petit cours de langue de bois, proposé par un expert de l'ENA.

 


Les "réseaux sociaux" comme systèmes de pouvoir et de profit

 

Le terme de réseau "social" est quelque peu trompeur. Il s’agit en vérité de systèmes informatiques mis en place par des entreprises à but lucratif, donnant la possibilité, à ceux qui s’y abonnent, de déposer ou voir des contenus et d'échanger des messages. Comme nous sommes sur Philosophie, science et société, nous parlerons d’abord du réseau nommé Academia.edu.

Ce réseau de diffusion par le web appartient à l'entreprise Academia dont le siège est à San Francisco. Le site a un nom de domaine en ".edu", alors qu'il n'est pas une institution éducative et a un intitulé "Academia" qui évoque l'Université alors qu'il y est étranger (il vise et utilise les universitaires). L’utilisateur, pour participer, doit accorder une licence mondiale, irrévocable et sans dédommagement à Academia pour utiliser, copier, adapter, vendre, diffuser, utiliser à des fins publicitaires, tout ce qu’il met sur son profil et tout ce qui est recueilli par les traces de connexions.

 

Quelques mots sur Tzevtan Todorov

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 Personne attachante par sa douceur et sa modération, Tzvetan Todorov vient de disparaître. Il avait d'abord vécu en Bulgarie avant de s’installer en France en 1963. Cet auteur a commencé par des études littéraires et a participé au structuralisme. Au début des années 1980, il a pris un tournant qui l'éloigna de la linguistique et de la théorie littéraire. Il a remis en cause le primat de la forme qui était le thème structuraliste dominant (Critique de la Critique, Paris, Seuil, 1984). Il est ensuite passé à l'anthropologie, à l'histoire des idées et à la philosophie morale.

Une société sans repère solide

Le philosophe et sociologue Zygmunt Bauman s'est éteint le 9 janvier 2017, à l'âge de 91 ans. Son concept de "modernité liquide" l'a rendu, à juste titre, célèbre (Liquid Modernity, Polity Press, 2000). "Contrairement aux corps solides, les liquides ne peuvent pas conserver leur forme lorsqu'ils sont pressés ou poussés par une force extérieure, aussi mineure soit-elle. Les liens entre leurs particules sont trop faibles pour résister... Et ceci est précisément le trait le plus frappant du type de cohabitation humaine caractéristique de la « modernité liquide ».

 

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Les termes de modèle et de modélisation sont, depuis quelques décennies, omniprésents dans la littérature scientifique et en particulier celle des sciences du langage, de l’homme et de la société. Quel sens donner à ce phénomène ? Même si, dans certains cas, c’est la définition « classique », telle que proposée par la philosophie des sciences qui est utilisée, à savoir le modèle comme instance intermédiaire de validation empirique d'une théorie, le terme de modèle se substitue souvent à ceux de théorie, système, schéma ou méthode et reçoit des acceptions variables visant à combler le fossé entre enquête empirique et réflexion théorique. La modélisation, quant à elle, tient souvent moins à la mathématisation des savoirs qu’à des modes distincts de mise en oeuvre tels que figurer, interpréter et simuler.

L'ouvrage  Modélisation et sciences humaines. Figurer, interpréter, simuler (Paris, L’Harmattan, 2016) se propose d’établir un état des lieux et des usages. Qu’appelle-t-on modèle ? Faut-il restreindre ce terme à un certain type de généralisation ? Les sciences humaines, ou certaines sciences humaines, ont-elles développé des types de modélisation spécifiques ? Comment les modèles sont-ils produits, empruntés, abandonnés ? Cette réflexion sur les modèles et la modélisation, menée sur les plans historique et épistémologique dans des domaines variés tels que la linguistique, l’histoire de la grammaire, la philosophie du langage, la géographie, la psychologie, l’économie, l’histoire de l’art, a permis d’ouvrir un espace commun pour ces disciplines.

Profits sur les revues scientifiques

Le libre accès au savoir scientifique par opposition à la restriction de sa diffusion et la transformation de cette diffusion en un système lucratif pose un problème éthique et pratique. Cette cette vidéo présentant l'économie lucrative des revues scientifiques pose le problème. Elle est suivie d'un entretien avec Marin Darcos. Marin Dacos est un auteur et informaticien français, ingénieur de recherche au CNRS, engagé dans la lutte pour l'open édition et le libre accès.

Cette vidéo est un document à verser au dossier du  Web et libre accès, dossier que nous mettons régulièrement à jour dans Philosophie, science et société. L'idée du libre accès par le web dérive de la culture de l'open source née dans le milieu informatique au début de sa diffusion dans le grand public. Les valeurs de l'open source sont : liberté, gratuité, partage et collaboration. Il serait heureux qu'elles s'étendent et concernent l'ensemble du savoir. 

https://www.youtube.com/watch?v=WnxqoP-c0ZE 

 

 

Esquisse de l'épistémè moderne

Dans la modernité, le monde est devenu naturel et explicable. Le naturalisme exclut de la réalité la possibilité de causes occultes, de providence ou d’interventions divines ; il considère que le fonctionnement de la nature est autonome.

Cette manière de voir le monde, ce récit philosophique naturaliste, est né avec le XVIIe siècle et il a eu des développements divers. Ce naturalisme est rationnel, il considère que l’Univers est déterminé et exempt de surnaturel, si bien que la raison humaine est susceptible de l’expliquer entièrement.

Cependant cette épistémè a pour inconvénient de couper involontairement le monde en deux, car l'Univers naturel est connu et expliqué par un sujet pensant, un esprit, qui n'en fait pas partie et le surplombe. La coupure du monde, qui impose une ontologie dualiste est un problème car, outre les objections philosophiques que l'on peut y faire, elle produit certains inconvénients pour la connaissance scientifique.

 

Voir : Une esquisse de l'épistémè moderne 

 

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