Un certain nombre de présupposés empêchent de penser convenablement la relation entre les humains et leur environnement. En tout premier lieu l’idée de Nature et l’opposition traditionnelle entre nature et culture. L’affaire est bien plus complexe. L’homme s’est créé un néo-environnement technicisé et industrialisé au sein de sociétés géantes.  Ce néo-environnement entre en conflit avec l’environnement terrestre (dit naturel). L’aménagement de la sphère terrestre est inéluctable compte tenu des capacités d’invention et d’action de l’Homme. Si, au lieu d’être harmonieux, il est destructeur, c’est que des facteurs délétères interviennent.

Ce sont les passions humaines. Passion de l’accumulation qui conduit une économie dévorante. Surtout, passion de domination et de puissance, qui conduisent les États à entrer dans des guerres incessantes ! Ces affrontements demandent une puissance techno-industrielle toujours plus grande, et donc ils produisent une course productive sans fin. Pour stigmatiser cette dynamique mortifère le terme de « mégamachine » a été proposé par Fabian Scheidler. Il désigne ainsi le système technique, économique et politique qui a envahi la Terre. À l’origine de la mégamachine, l’auteur place la volonté de domination.

Il est inéluctable que l’Homme modifie son environnement terrestre, car c’est l'effet de son intelligence combinée à la formation de vastes sociétés. Ces aspects sont bien réels et irréductibles. La formation d'un environnement techno-social est inéluctable. Le problème n’est pas dans cet intermédiaire indispensable pour améliorer la vie quotidienne. Il vient des excès, dus aux passions humaines : volonté de puissance, avidité et démesure, rivalité agressive et mortifère. Les sociétés technicisées et industrialisées, en concurrence les unes avec les autres, sont entrées dans une course à la puissance. Un gigantisme industriel dévastateur a vu le jour et un fossé s’est creusé entre l’humanité et son environnement premier.

Voir : Un Homme en interaction avec ses environnements