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L'incroyable tolérance/complaisance vis-à-vis des aspects rétrogrades et obscurantistes de l'Islam, est, en arrière-plan, lié au déni des différences entre les divers processus historiques et civilisationnels.

Les cultures et les sociétés évoluent dans le temps, mais pas de la même manière. Il y a d'évidence un déni, ou une ignorance, dans une partie de la population, des évolutions de la civilisation vers plus de liberté, d'humanisme et d'universalisme qui se sont produits en Europe à partir du XVIIIe siècle.

Des évolutions se sont produites aussi dans les pays musulmans, mais ce ne sont pas les mêmes et toutes les évolutions socio-culturelles ne se valent pas sur le plan de l'humanisme et de l'universalisme.

En Europe, il s’est passé deux phénomènes, étroitement liés, qui ont fabriqué la civilisation occidentale : la naissance de l’esprit scientifique et la philosophie des Lumières. Leurs effets ont mis des siècles pour se manifester. Préparées au XVIIe et XVIIIe siècles, elles n'ont abouti qu'au XXe siècle et encore avec difficulté.

En France, la Révolution française, puis les lois sur la laïcité (1880, 1902) ont permis d'empêcher la religion catholique d’imposer sa vérité idéologico-religieuse et son pouvoir politique. Elles ont imposé les lois de la République et, finalement, la religion est devenue une affaire privée. La laïcité s'est imposée dans la sphère publique.

En Occident, le désastre de la Seconde Guerre mondiale a aboutit à la Déclaration universelle des droits de l'Homme (adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 10 décembre 1948 à Paris).

Il s'est produit en Europe, et plus largement en Occident, un processus historique particulier qui a permis la connaissance scientifique, la tolérance religieuse, l'apparition de régimes politiques laïques et démocratiques, la reconnaissance des droits humains. C'est un progrès civilisationnel majeur. Le déni de ce progrès contribue au brouillage idéologique contemporain.

Voir aussi l'article :

PIERRE, Sylvie. La laïcité, un principe au fondement de l’école de la République