Une connaissance du contexte historique et philosophique confère une indépendance aux préjugés de sa génération, ce dont souffrent la plupart des scientifiques. Cette indépendance créée par la perspicacité philosophique est - à mon avis - la marque de distinction entre un simple artisan ou spécialiste et un véritable chercheur de vérité. (Albert Einstein, Lettre à Robert Thornton, 1944)

En raison du contexte, les scientifiques actuels perçoivent souvent la philosophie comme différente, voire opposée, de la science, alors que la philosophie peut avoir un impact important et productif sur la science.

La contribution de la philosophie prend au moins quatre formes : clarification des concepts scientifiques, évaluation critique d’hypothèses ou de méthodes scientifiques, formulation de nouveaux concepts et théories et promotion du dialogue entre différentes sciences, ainsi qu'entre science et société.

La philosophie et la science partagent les outils de la logique, de l'analyse conceptuelle et de l'argumentation rigoureuse. Cependant, les philosophes peuvent utiliser ces outils avec un degré de minutie, de liberté et d'abstraction théorique que les chercheurs en exercice ne peuvent souvent pas se permettre dans leurs activités quotidiennes.

Dans le contexte scientifique actuel, dominé par une spécialisation croissante et des demandes croissantes de financement et de résultats, seul un nombre très limité de chercheurs ont le temps et la possibilité d'être au courant du travail produit par les philosophes sur la science et encore moins de le lire. Il faudrait mettre en place une collaboration directe institutionnalisée.

 

Why science needs philosophy