Depuis la déclaration de Singapour sur l’intégrité scientifique en 2010, la communauté scientifique internationale se mobilise pour que les exigences méthodologiques et éthiques de la recherche soient plus clairement affirmées. En effet, le contexte de course à la nouveauté et l’introduction d’une logique concurrentielle renforcée, contraires à la démarche scientifique, multiplient les risques de dérive.

Les différents organismes de recherche en France ont multiplié les initiatives et leur convergence a conduit à la signature de la charte de déontologie des métiers de la recherche par la Conférence des Présidents d'Universités et les principaux organismes en janvier 2015. À la suite du rapport remis par le Pr. Pierre Corvol en 2016, "Bilan et propositions de mise en œuvre de la charte nationale d’intégrité scientifique", plusieurs décisions ont été prises, notamment :

  • les écoles doctorales doivent veiller à ce que les doctorants bénéficient d'une formation à l'éthique et à l'intégrité scientifique,
  • les établissements ont nommé un référent à l'intégrité scientifique,
  • un Office français de l'intégrité scientifique a été installé en 2017 auprès du HCERES.

Il existe des manquements à l'intégrité scientifique. Les fraudes telles que la fabrication de données ou la falsification de résultats, ou encore le plagiat, restent exceptionnelles. Ce qui pose aujourd'hui problème, ce sont les petits manquements tels que les méthodologies mal adaptées, les séries de résultats insuffisantes pour être probantes, les annonces excessives par rapport à ce qui est effectivement démontré, les extensions et extrapolations douteuses.

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