La science est une activité de connaissance cherchant à s'adapter au réel du mieux possible et à en avoir une vision la plus large et la plus authentique possible. Ceci implique une autonomie des acteurs du champ scientifique, c'est-à-dire qu'ils aient la capacité de fixer eux-mêmes les méthodes et les objets propres à ce mode de connaissance. D'un autre côté, la pratique scientifique, en tant que pratique sociale, dépend du contexte politique et économique dont elle tire ses ressources. Or, ce contexte impose des objectifs qui tendent à mettre la communauté des chercheurs à son service. En ce qui concerne les sciences appliquées, les technosciences, la société veut avoir un contrôle sur les applications pour l'adapter à son idéologie et à son éthique. Contre cette attitude, une partie de la communauté scientifique défend l'autonomie scientifique comme une nécessité épistémique pour son développement.

Le contrôle et l'orientation de la recherche scientifique viennent de divers horizons : de son insertion grandissante dans l'économie de marché, de son utilisation comme facteur de puissance par les États et d'un besoin de contrôle social eu égard à l'éthique. Si bien qu'il se produit un relatif mouvement de recul de son autonomie. Se pose alors un problème épistémologique : comment faire pour que la science reste une authentique activité de connaissance du monde et ne devienne pas une activité technique visant seulement la modification de la réalité ? La question politique : "Quel type et quel degré d'autonomie faut-il accorder au champ scientifique d'une part, et aux chercheurs individuels d'autre part, pour optimiser la production des connaissances ?" (Bedessem B., Quelle autonomie pour la recherche ?, Thèse 2018) élude le problème qui est remplacé par celui d'une "optimisation de la production".

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