Favorable à l’émancipation et à la démocratie, la philosophie des Lumières a subit au XIXe siècle les critiques des conservateurs nostalgiques de la monarchie ou d’un régime autoritaire.

Après 1945, les Lumières ont également été attaquées de diverses manières : comme principes illusoires masquant la réalité d’un Occident exploiteur et prédateur ; comme le triomphe d’une raison technicienne qui inverse le rapport des moyens et des fins (École de Francfort) ; comme le faux-semblant humaniste des techniques de domination (Foucault).

Cette critique des Lumières se qualifie elle-même d’anti-humaniste dans les années 1950-60. Elle conteste la possible humanisation de l’homme, l’homme universel étant une construction occidentale factice destinée à masquer des politiques d’exploitation.

Le lien entre les politiques dénoncées et les Lumières est fallacieux. On peut au contraire montrer qu’elles ont été un frein idéologique efficace, opposable aux volontés de domination et d’exploitation, efficacité visible en particulier avec les déclarations sur les droits de l’Homme et par leur utilisation par les courants se réclamant de l’émancipation collective et de la lutte contre les dominations de tous ordres (Les Lumières chinoises).

De nos jours, la référence aux Lumières s’efface devant le triomphe de l’idéologie politique cyniquement dominatrice et prédatrice et devant le retour du religieux et des normes ethniques qui avaient été momentanément contenues par le projet d’une émancipation rationnelle et universaliste.

Appel à communication Controverses sur les Lumières (1945-2019).

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