L'idée d'une période post démocratique fait son chemin Quels son les arguments pour évoquer cette mutation politique ?  L'Union européenne est mal comprise, rejetée ou ignorée par les peuples, dominée par la technocratie et les lobbies économiques et financiers. Son rôle dans le maintien de la paix passe au second plan. Le personnel politique, pourtant élu a perdu en crédibilité et l'abstention atteint des sommets. Sommes-nous entrés dans l'ère de la « post-démocratie », fonctionnement politique vidé de sa substance, quand les véritables décisions sont prises en coulisses, à l'écart de la scène publique ?

Les régimes politiques occidentaux auraient eu leur apogée démocratique un peu avant la Deuxième guerre mondiale pour les Etats-Unis, et dans les décennies qui l'ont immédiatement suivie pour les autres. Puis, la situation se serait peu à peu dégradée, et nous serions entré dans l'ère de la post-démocratie : les institutions démocratiques demeurent, mais les décisions les plus importantes sont prises ailleurs, dans d'autres cadres : ceux des grandes firmes internationales, des agences de notation ou des organismes technocratiques comme la Banque mondiale. Bref, la mondialisation économique et le capitalisme financier auraient, pour une bonne part, vidé la démocratie de sa substance. Le terme "post" est flou et laisse une incertitude sur ce qu'il qualifie. Est-ce parce qu'on n'arrive pas à définir et donc à nommer ce qui se passe ? Le relativisme, la perte des repères, l'abandon des idéaux, le contournement des institutions, les rapides évolutions, rendent probablement ce qui se passe dans la société contemporaine difficile à qualifier.