Complexité et globalité

 

« La simplicité est la sophistication ultime. » (Leonardo da Vinci)
« Ce qui est simple est toujours faux. Ce qui ne l’est pas est inutilisable. » (Paul Valéry)
« Vous pouvez toujours reconnaître la vérité par sa beauté et sa simplicité. » (Richard Feynman)

L’appréhension des phénomènes complexes est un enjeu décisif pour le développement de la rationalité scientifique. Cependant, la science continue de fonctionner par application du principe de simplicité : sans simplification, point de science. Les progrès des sciences passent, en effet, presque toujours par une recherche de la plus grande simplicité explicative. A-t-on affaire ici à une opposition entre un monde complexe et des explications toujours trop simples, comme le suggère Valéry ? Cet antagonisme ne serait-il pas plutôt la conséquence du choix d'un paradigme insuffisamment évolué ?

 

 

Les rapports du simple et du complexe est présent dans les différents champs scientifiques, des sciences formelles aux sciences humaines en passant par les sciences de la matière et les sciences du vivant. A-t-on affaire à la même complexité lorsqu’il s’agit d’algorithmes, de physique, de chimie, de biologie ou d’organisations sociales ? Comment définir la complexité et les notions qui lui sont traditionnellement associées : information, système, émergence ? La complexité exprime-t-elle les relations entre le tout et les parties ? La maîtrise de la complexité dans la simplicité passerait-elle par la notion de globalité ? De nombreuses questions restent en suspens.

L’abord de nouveaux objets par les sciences demande un changement de paradigme. La science moderne est remarquablement efficace dans divers domaines, mais certains de ses principes sont inadaptés pour l'étude de la complexité organisationnelle, celle de la vie et, plus encore, l'étude de l’homme et de la société. Il faut une épistémologie pluraliste qui admette qu'à la diversité du monde réponde une diversité des méthodes scientifiques. Une connaissance, pour être scientifique, doit adapter ses moyens d'étude à l'objet d'étude. Simplicité et complexité peuvent coexister dans des paradigmes différents couvrant des domaines différents. Nous défendons l'idée d'un pluralisme épistémologique dans les sciences. 

 

Voir l'article : L'étude scientifique des champs complexes

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