Historicisme (définition)

 

L'historicisation de la pensée montre que la pensée est liée au contexte historique, ce qui conduit à privilégier l'étude des influences externes sur le développement des processus de connaissance, sur la transmission des savoirs et sur les modes de pensée ou des normes et valeurs sociales. Lorsque l'on veut critiquer cet abord historique, on parle d'historicisme. L'historicisme trouve ses principaux dénonciateurs du côté de philosophes comme Wilhelm Dilthey, Edmund Husserl, Martin Heidegger.

Historicisme n'est un terme neutre, il dénonce les doctrines considérant que la pensée puisse-t-être liée à une situation socio-historique contextuelle. Ses tenants, en privilégiant l'étude des conditions de possibilité de la pensée, rateraient la valeur propre de la pensée, son autonomie. Le terme historicisme contient le reproche d’un relativisme ou d'un septicisme sans demi-mesure - mais ce reproche vient généralement d’auteurs prônant un idéalisme critiquable, ou un rationalisme excessif ! Il doit donc être pris avec prudence.

Si le reproche est parfois justifié, le plus souvent, l’évocation des diverses conditions d'apparition des idées (épistémiques, sociologiques, économiques, politiques, etc.), n'implique ni scepticisme, ni relativisme. Rapporter la pensée à une époque et à sa culture, n’exclut pas de la juger intrinsèquement  et d'évaluer rationnellement son intérêt ou sa valeur.

Une idée dont on admet qu'elle est produite historiquement est certes relative à son époque, mais elle n’est pas, de ce fait, suspecte et remplaçable indifféremment par toute autre. La relativisation de la pensée aux conditions qui la permettent, n’impose pas un relativisme excluant le jugement. À un moment donné de l’évolution civilisationnelle et culturelle apparaissent des concepts et principes qui peuvent être jugés rationnellement et évalués pour eux-mêmes.

L'étude des facteurs externes sur le développement des processus de connaissances et de transmission des savoirs (facteurs sociaux, culturels, politiques) n’exclut pas la prise en compte de leur dynamique propre et de leur logique interne. C'est un équilibre qui est assez bien réalisé, par exemple, par Thomas Khun, grâce au concept de paradigme.

 


© 2018 PHILOSOPHIE, SCIENCE ET SOCIETE
Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la licence  Creative Commons - Attribution - Pas d'utilisation commerciale - Pas de modification.

Philosophie, science et société - ISSN 2778-9640 - Creative Commons BY-NC-ND

Submit to FacebookSubmit to TwitterSubmit to LinkedIn