Rationalité - Rationalisme (définitions)

 

La rationalité concerne la pensée lorsqu'elle utilise des concepts clairement définis et procède par enchaînement démonstratif dont l'aboutissement est nécessaire, car il suit des règles logiques (sans nécessairement avoir un formalisme logique strict).

Mais de plus, les postulats qui guident le raisonnement doivent être admis par la communauté savante (par exemple, concernant la Terre, sera considéré comme rationnel un raisonnement partant du postulat qu'elle est grossièrement sphérique et non pas plate). D'une époque à l'autre l'aspect formel (la cohérence logique) reste le même, mais les postulats admis ne sont pas identiques et la rationalité varie dans ses contenus.

La rationalité n'est pas spontanée, c'est une conquête laborieusement obtenue au cours de l'histoire humaine par un long effort de la pensée sur elle-même. La rationalité est en équilibre instable avec l'irrationnalité.

Le terme rationalités, au pluriel, ne signifie pas qu'il y aurait des variantes de la rationalité, ce qui conduirait à un relativisme contraire à la définition, mais qu'elle est mise en œuvre dans des champs du savoir différents. Elle prend, par conséquent, des formes et des cheminements différents qui varient selon les postulats de départ, les buts visés et les concepts employés. Les postulats et modes de raisonnement que l'on peut estimer rationnels ne sont pas les mêmes en biologie, en psychologie ou en économie et, dans chaque discipline, ils varient au cours de leurs évolutions. Le terme de rationalité, mis au pluriel, indique les diverses formes possibles de la rationalité selon les domaines et les époques. Il correspond aussi à un glissement de sens du terme qui est  employé pour désigner des formes de pensée particulières (comme le terme logiques). On parle de logique des sentiment, de rationalité comptable, etc). Dans ce cas il vaut mieux parler d’une forme de pensée selon un processus propre ou à des fins particulières, car elle ignorent le rationnel.

Le terme de "rationalisme" est employé, selon le contexte, dans des sens différents. Rationalisme désigne en premier lieu l’application de la rationalité en philosophie. Gaston Bachelard définit le rationalisme par une systématisation du propos, un idéal d’économie dans l’explication et par l'interdiction de recourir à des principes extérieurs au système que l'on veut expliquer (La Philosophie du non, Paris, Presses Universitaires de France, 1975, p. 59). On qualifie par exemple de philosophies rationalistes, le cartésianisme ou le kantisme.

En second lieu, le terme rationalisme qualifie unephilosophique selon laquelle la raison serait la seule (ou principale) source de connaissance. Dans ce cas le rationalisme s'oppose à l'empirisme. Ce terme sous entend parfois que l'Univers serait rationnel, qu'il y aurait des raisons à tout (ce qui est irrationnel). Il se synthétise en une doctrine rationnaliste (Pascal Engel). 

On parle aussi de rationalisme, de manière péjorative, pour les raisonnements partant d’un postulat étroit et conduits selon une logique rigide. Ce rationalisme aboutit à une pensée fermée, inaccessible aux contre-arguments, qui pousse la logique jusqu’au bout … de la fausseté. Le rationalisme au sens péjoratif se démarque de la rationalité, car cette dernière implique un équilibre dans le raisonnement. Le rationalisme est, dans ce cas, une caricature de la rationalité.

Voir aussi la définition de rationnel.

 


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