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Réformer l’état est-ce possible ?

Est-il possible de réformer pour aller vers un État plus démocratique et plus respectueux de la population

Pourquoi parler de réforme ?

Pourquoi parler de réforme ? Parce que l’État au sens d’une organisation hiérarchisée s’occupant de la police, de l’armée, de la justice et de l’administration est indispensable. On ne peut le supprimer. Dans une société complexe rien ne peut se faire sans cette vaste organisation qui est l’État. Il est impossible de renoncer à l’État, à moins de retourner à une micro-société locale et traditionnelle. Une Nation d’importance sans État serait vite dévorée par ses voisins ou détruite de l’intérieur par les rivalités ethniques.

Si l’idée d’une disparition de l’État est abandonnée, la question est de savoir s’il est possible d’avoir un État qui ne confisque pas le pouvoir pour le réserver à quelque uns. Il serait souhaitable de dire adieu, à la gestion opaque, centralisée, bureaucratique, hiérarchisée aveugle et sourde, des instances étatiques. En second lieu, il serait aussi souhaitable que l’État, ne soit pas inféodé à une classe sociale , mais dévoué à la nation toute entière.

Nous avons la chance de vivre en démocratie, mais c’est une démocratie représentative (dirigée par les élus) et non participative. De plus, elle est gangrenée par le lobbying,  les abus de pouvoir, quand ce n’est pas par la corruption. La bureaucratisation prend de plus en plus le pas sur une gestion  intelligente au service de la population (même si on proclame l’inverse). L’abstention croissante des électeurs est probablement une protestation sourde contre cette évolution.

Réformer l’état

Répartir le pouvoir  c’est-à-dire démocratiser (vraiment)

La première idée simple pour un bon fonctionnement de l’État serait que le pouvoir politique et administratif soit mieux réparti et surtout contrôlé par les citoyens lors de son exercice.  Une démocratisation réelle permettrait que les buts poursuivis par l’appareil de l’Etat soient contrôlés par la population.  Le contrôle permettrait d’éviter que les hommes politiques ou hauts fonctionnaires ne remplissent pas le mandat pour lequel ils ont été élus ou nommés. Il faut un contrôle démocratique permanent sans quoi les détournement et les copinages s’installent. Une tel contrôle demande des lois et des institutions adaptées qui permettent une éviction immédiate de ceux qui ne respecte pas leur mandat. On passerait d’une démocratie représentative illusoire, car sans obligation des élus, à une démocratie réelle, car astreignante (obligeant les élus à appliquer le programme prévu).

Sur le fond, la vrai réforme serait celle qui institue une osmose entre pouvoir politico-admnistratif et la société.  Une amélioration demanderait une diffusion des compétences politiques dans le corps social, à la fois par l’éducation et par la mise en responsabilité tout au long de la vie citoyenne. Si les charges étaient institutionnellement répartis dans la population compétente, et non réservées à une caste politique professionnelle, une vraie diffusion du savoir et du pouvoir s’opérerait. Cela amènerait à diminuer la différence de statut entre gouvernants et gouvernés et à la rendre la relation plus égalitaire, plus simple et plus humaine.  Dans le même temps se mettrait en place un fonctionnement non pyramidal, multicentrique et surtout s’organiserait une communication, une remontée d’information du bas vers le haut.

Imposer de norme de bonne conduite sociale

Il faudrait surtout qu’un accord moral se fasse, que l’on apprenne à tous les enfants le principe faisant valoir que la seule légitimité du pouvoir est celle du bien commun. Ce qui s’accompagnerait d’une condamnation sans équivoque de l’appétit de pouvoir pour lui-même. La principale règle morale serait que le seul pouvoir légitime soit celui démocratiquement octroyé à seule fin de servir la communauté.  Ces remèdes feraient passer à un État décentralisé et participatif, un État qui mettrait vraiment en oeuvre la démocratie. N’oublions pas que l’état peut être utilisé contre les citoyens, au profit de quelques uns, que ce soit sur la mode des dictatures totalitaire ou des fausses démocraties. N’oublions pas que des nations peuvent être prospères et puissantes, comme les USA, avec un État au service des très riches, laissant la majorité de la population sur le bord du chemin. Il faut une vigilance constantes pour éviter les dérives.

Une telle réforme est elle possible ?

Actuellement en Europe et de par le monde rien ne va en ce sens. Le fonctionnement administratif et politique se bureaucratise de plus en plus et la population tout en critiquant et protestant ne se mobilise pas (sauf par l’abstentionnisme aux élections, ce qui est un désaveu évident mais ne suffit pas). L’énormité et la puissance des machines institutionnelles  mises en place par les États, le poids des hiérarchies , la veulerie des carriéristes, le clientélisme, la formation d’administratifs  prétentieux déconnectés des réalités de terrain et se prenant pour l’élite,  rien ne va dans le sens d’une diffusion des compétences politiques et administratives dans le corps social.

Une évolution heureuse est donc pour l’instant, hélas, radicalement impossible.