Archives pour la catégorie Art

Art et spéculation

Une nouvelle pièce au dossier du spécul-art.

L’art dépendent de la société dans laquelle il est produit. De nos jours il est en partie passé dans les mains des marchands et est devenu du spécul-art.  Etre artiste de nos jours, consiste pour certains à s’insérer habilement dans ce milieu spéculatif. plugvendome

Avec le plug anal géant de McCarthy exposé place Vendôme, le spécul-art, a atteint un sommet. De quelle manière la porno-provocation peut-elle se transformer art ? Par la magie d’une coterie de financiers, de critiques et de fonctionnaires de la Culture qui accaparent l’espace public pour décréter « œuvres » des objets ridicules. Objets qui serviront ensuite de placement financier et à la défiscalisation. L’art moderne sert de faire valoir au mercantilisme le plus cynique.

Un art qui est un art de la spéculation

Cet « art des traders » a été analysé par Jean Clair, historien de l’art et ancien directeur du Musée Picasso. Certains « ont pris conscience que des objets sans valeur étaient susceptibles non seulement d’être proposés à la vente, mais encore comme objets de négoce, propres à la circulation et à la spéculation financière la plus extravagante ». Le développement de cette forme de  spéculation confirme les pronostics de Jean Baudrillard, qui avait mis en évidence la capacité du marché à « faire valoir la nullité comme valeur ». Comme il n’est pas possible que ce soit aussi nul, ça doit cacher quelque chose, et donc l’art contemporain « spécule sur la culpabilité de ceux qui n’y comprennent rien, ou qui n’ont pas compris qu’il n’y avait rien à comprendre. Autrement dit, l’art est entré dans le marché du simulacre et de la valeur fictive.

La valorisation financière repose sur l’entente tacite entre collectionneurs privés, fondations (qui défiscalisent à hauteur de 60 %), musées d’Etat et journalistes qui permet de décider des valeurs à la hausse. Dans ce système, l’artiste est plus créé qu’il ne crée. « Les commissaires se sont substitués aux artistes pour définir l’art », résume Yves Michaud, philosophe et ancien directeur de l’Ecole des Beaux-Arts. L’important n’est pas ni l’artiste, ni l’oeuvre, mais le processus associant collectionneurs, fonctionnaires et critiques qui les désignent comme valeur montante.

Avec l’art, nous avons le cas d’école où la valeur ne répond ni à un besoin, ni au travail nécessaire pour produire l’objet, mais à la nécessité de placements financiers sur fond de mystification organisée, le tout porté et par la possibilité de spéculation. C’est beau l’art, une véritable magie alchimique : faire de l’or à partir de vent.

 

 

Burning Man festival

Un espace de liberté, de folie et de gratuité.

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Burning Man est né d’un rassemblement sur une plage de San Francisco, il y a plus de 25 ans. Il a muté au cours des ans en une ville éphémère dans le désert Black Rock du Nevada. Elle naît et brûle pour ne laisser à la fin que des cendres et le souvenir d’expériences inoubliables. Artistes peintres, sculpteurs, danseurs, acrobates, magiciens, musiciens, poètes de l’imaginaire, jusqu’aux aventuriers du sexe : c’est le rendez-vous de la création libre !

Une émission de France-culture à ce sujet

http://www.franceculture.fr/emission-sur-les-docks-%C2%AB-burning-man-la-diaspora-des-burners-%C2%BB-2013-12-30

Liens

D’autres photos ici :

http://www.ufunk.net/photos/burning-man-trey-ratcliff/

http://julianwalter.com/blog/burningman/

 

 

Dépublicitarisation

Nos villes sont envahies par les images publicitaires des grandes marques.  La plupart d’entre nous ne questionnent plus ces représentations étranges. En brossant aux dissolvants ces affiches, l’artiste de rue berlinois Vermibus détourne la signification que ces publicités. Les fantasmes de luxe de et de prestige suggérés par les affiches font place à des présences morbides. En s’attaquant à des produits de luxe l’artiste révèle l’idéologie véhiculée : celle de la distinction par l’argent. Les objets, une fois achetés manifestent ce que dit l’affiche : vous faites partie de la classe supérieure. Les dissolvants de Vermibus dissoudront-ils cette illusion et montreront-ils qu’en réalité, en achetant ces produits de luxe coûteux, vous enrichissez la classe supérieure, dont vous ne faites nullement partie ?  

 

Micro fiction sur France culture

A suivre avec attention :

Une fiction sur les mœurs  politico-économiques (le lobbying) que dénonçons dans ce blog

du lundi au vendredi de 11h50 à 11h58

Ecoutez l'émission7 minutes

Europe Connexion de Alexandra Badéa

Réalisation : Alexandre Plank et Alexandra Badea

Enregistré dans le cadre des Chantiers Nomades

 

« Tu es assistant parlementaire depuis deux ans, encore un et tu passes dans l’autre camp. Tu as toujours rêvé de devenir lobbyiste, tu étudiais à l’ENA et tu rêvais déjà. Tu as pris le chemin classique : un stage au Parlement, un stage à la Commission, assistant parlementaire auprès d’une députée : Commission Environnement santé publique et sécurité alimentaire. Ca ça cartonne. C’est un des plus gros lobbies du marché, c’est là où tu voudrais rentrer. Tu as déjà commencé à négocier ton changement de statut, si vous arrivez à bloquer la loi, tu commences dans un an à un salaire dix fois supérieur à tes revenus actuels. Ta femme est très contente. Tu joues le jack pot » A.B.

Auteur associée des Chantiers nomades 2013 dirigés par Alexandre Plank, Alexandra Badea a écrit ces 10 microfictions autour de la question européenne, une Europe aux multiples visages, où se mêlent les résonances intimes, les faillites, les espérances et les deuils des peuples, les ambitions et les trahisons des dirigeants, une Europe au bord de l’implosion ou de la renaissance.